Soviet Voice

La chronique à poshu: Orson Scott Card, mon héros.

Je reposais le livre rouge sur ma table de nuit, le regard dans le vague. Je sortais tout juste du Burland.

Je vous ai déjà parlé de Orson Scott Card? Si vous faites partie des gens que je vois plus d’une fois par an, c’est probable et vous pouvez sauter ce texte; Sinon, en voilà un peu sur ce monsieur: Orson Scott Card est un mormon, ces gens qui ne boivent pas d’alcool, mais qui prennent plusieurs femmes.
C’est un auteur prolifique, dont l’œuvre la plus connue est la saga de Science Fiction Ender et ses extraterrestres, les doryphores, qui ont donné (entre autre) naissance aux Zergs de Starcraft. Maintenant, même les plus geeks sont intéressés.

Orson Scott Card charme son lecteur d’une manière assez simple: ses intrigues paraissent complexes, mais sont pourtant très simples à comprendre. On en tire donc un sentiment d’intelligence assez agréable. Rien à voir avec une daube comme le Da Vinci Code où le scénario pourrait tenir sur une serviette de table et les énigmes être déchiffrées par un gamin de 6 ans, hein! Orson Scott Card est cultivé, mais il ne l’étale pas: il le distille dans une écriture agréable, que ce soit en VO ou pour sa traduction française, si bien qu’on ne voit pas passer les pages et que la fin, souvent abrupte et ouverte.
Les scénario d’Orson Scott Card tournent souvent autour d’adolescents (les lolicons et les shotacons, ne sont pas bienvenus), qui grâce à leurs dons se retrouvent seul espoir de la société. La nouvelle génération est le seul espoir; comme dans un manga en fait, mais avec un scénario.

Hors donc, Orson Scott Card écrit très bien de la SF, mais s’en sort bien dans la fantasy (après tout « la science fiction, c’est de la fantasy avec des boulons”), l’uchronie, la dystopie… Et c’est en cherchant dans la bibliothèque de mon père que je suis tombé sur Espoir-du-Cerf, un de ses premiers romans.

On y rencontre un jeune homme, monté en héraut des dieux et du peuple, face à un roi despotique qu’il finira par renverser pour prendre sa place. Tout aurait pu bien se finir si la princesse, violée pendant la révolution n’avait pas mis en marche une vengeance qui s’étalera sur 3 siècles, durant lesquels les dieux, la magie et l’adultère seront les personnages principaux.
Soyons franc: j’ai grave pris mon pied, malgré cette traduction vieillotte et une aisance dans l’écriture moins présente que d’habitude, l’histoire à la fois âpre, douce, poétique et cruelle m’a enchantée.

Alors voilà, posez votre manga, et allez chez le petit libraire du coin. Demandez lui un bouquin d’Orson Scott Card, La Stratégie Ender par exemple, et faites vous plaisir le temps d’un bon bouquin, pour voir qu’après tout, y’a pas que les japoniaiseries dans la vie.