Soviet Voice

L’heure de kusoge , chapitre 1: E.T. (Atari)

Oui, ça sonne comme « L’heure de Vérité » . Live and let die , hein.

Une suggestion de bouse vidéo-ludique a me faire tester ? setsunael@_dtclebot_hotmail.fr (enlevez le _dtclebot_) , ou bien parlez-en dans les commentaires !

Donc, afin de commencer notre exploration vidéo-ludique des pires infamies du jeu vidéo , nous allons parler de celui qui est considéré comme le pire de tous par de nombreuses personnes : E.T.

Reprenons les faits :

1982, Spielberg sort E.T. au cinéma, immense carton , prés de 800 millions de dollars de recettes au final.

Une année auparavant, Atari sort sa version de Pac-Man, sur Atari 2600 . Un résultat quelque peu douteux, et un énorme échec pour la firme, se retrouvant avec cinq MILLIONS de cartouches invendues (Atari ayant eu l’incroyable intelligence de fabriquer 12 millions de cartouches … alors que seulement 10 millions de 2600 avaient été vendues , pensant que le jeu lui-même suffirait a augmenter le parc de consoles . Peine perdue.)

Donc, la situation d’Atari n’est pas flamboyante en cette année 1982. Voyant le succès du film de Spielberg, Steve Ross, PDG de Warner , maison-mère d’Atari , entre en négociations pour obtenir les droits du film.

Problème : la négociation prend beaucoup de temps, énormément de temps. Un accord est conclu fin juillet 1982 , pour la rondelette somme de 22 millions de brouzoufs dollars. (Ce qui, après un savant calcul d’ajustation à l’inflation , nous donne prés de 50 millions de roupies dollars d’aujourd’hui ; ça fait tout de même assez cher de la licence, tout ça)

Et comme le jeu doit être sur les étals à Noël , pour que les pig…euh, clients aillent l’acheter en masse , le jeu doit être terminé d’ici le 1er Septembre 1982 . Vous savez compter : ça laisse au mieux cinq semaines pour créer un jeu de toutes pièces (le développement n’ayant bien évidemment pas commencé auparavant !)… alors qu’un bon jeu prenait en moyenne six mois à être réalisé. Le boulot est tombé sur la tête de Howard Scott Warshaw , qui avait auparavant réalisé une adaptation réussie d’Indiana Jones et les aventuriers de l’arche perdue sur 2600; Spielberg demanda donc tout naturellement de faire le travail pour E.T. Pour la peine, il se vit offrir par Atari 200000$ ainsi qu’un voyage tout frais payés à Hawaï en compensation du travail qu’il aurait a fournir.

Aprés cinq semaines de rush intense (dont seulement deux jours furent pris pour créer le concept), le jeu est enfin terminé..et on en voit bien rapidement le résultat.

images prises a l’aide de Stella

Le but du jeu est de tomber dans des…trous , afin de trouver les pièces d’un téléphone qui permettront à Déboulon de rentrer sur Véra à E.T. de retrouver sa maison , sans se faire choper par un Agent du FBI qui veut lui taxer son materiel , ni par un scientifique qui veut l’étudier. Woo-hoo , zubeeer scénario.

oui, les trous sont en vert foncé.

A gauche : bureau du F.B.I.  Tout du moins, c’est sensé l’être.

Le jeu, comme vous pouvez le deviner, devient donc très rapidement ennuyeux a mourir, on crise sur la maniabilité et la façon de sortir des trous plus que douteuses , et le tout part rapidement a la poubelle … ou bien six pieds sous terre.

Cette deuxième option fut adoptée par Atari, qui, une fois encore ayant vu bien trop large sur les ventes, se retrouva avec 2,5 millions de cartouches invendues contre seulement 1.5 millions bien vendues. Ils décidèrent donc de déverser des camions entiers de diverses cartouches et consoles invendues dans une décharge du Nouveau-Mexique , en oubliant pas de bétonner le tout afin qu’aucun pillard vienne se servir.

L’année suivante , Atari déclara une perte record de 310 millions de dollars , et s’en suivit la crise du jeu vidéo de 1983 – mais ça , AHL pourrait en parler bien mieux que moi. Tu l’crois, ça ?

Donc, en conclusion, même si E.T. est un jeu important dans l’histoire du jeu vidéo, il n’en reste pas moins l’infamie ludique sur laquelle tout le monde se mettra d’accord . Oubliez-le. Vite.

Bonus : Pendant ce temps , l’Atari se vend toujours bien.


4 commantaires to “L’heure de kusoge , chapitre 1: E.T. (Atari)”

  1. AvatarKaïl
    1

    Je ne connaissais pas l’histoire de cet bouse ultime du jeu vidéo donc merci par avance de combler mon vide culturel.
    Cinq semaines de développement en tout et pour tout ? Le staff de Atari ne devait pas avoir les idées en place pour prendre pareille décision. On programmait peut-être sur Atari 2600 mais faut pas pousser, c’était la catastrophe assurée au vu des dépenses engagées auparavant.
    D’un autre côté, leur situation financière causée par l’échec de Pac-Man explique leur empressement. Et puis, la période de Noël fait tellement saliver les éditeurs qu’un jeu bâclé n’est pas un problème, pourvu qu’il soit sur les étals à temps.
    Quant au jeu en lui-même, no comment à part qu’un jeu à licence, aussi pourri soit-il, réussit généralement à s’écouler (2.5 millions d’exemplaires vendus quand même.).

  2. AvatarSetsunael
    2
    Author Comment

    Le fait que Atari aire poussé le vice a vouloir développer le jeu en seulement cinq semaines est surtout du fait qu’ils ne voulaient absolument ne pas louper la sortie du jeu pour Noël — une sortie plus tardive aurait été encore plus catastrophique pour la santé d’Atari et de Warner .

    Puis il y a eu le facteur de la concurrence : L’Intellvision de Mattel était déjà présente sur le marché depuis 1980 , plus performante que la 2600 , ses ventes grimpèrent en flèche en 1982 ; et aussi le Colecovision sorti aussi en 1982 , qui connu un grand succès du fait entre autres de la présence de Donkey Kong.

    Atari ayant encore une fois la brillante idée de faire commander une année à l’avance ses fournisseurs , ils virent arriver de nombreuses décommandes du fait du succés croissant de ses principaux concurrents.

    Enfin, tu as mal compris : ils n’ont pas vendu 2.5 millions de cartouches , mais ils ont eu 2.5 millions d’invendus sur le dos ! (et donc 4 -2.5 = 1.5 millions de cartouches vendues au total) . Je vais modifier la phrase pour que l’on comprenne mieux.

  3. AvatarRaton-Laveur
    3

    Mais comment on sort des trous ?

  4. AvatarNataka
    4

    Tu veux tester un kusoge ?
    Je ne sais pas si c’en est vraiment un, mais je crois qu’il est bien parti pour remporter le trophée de bouse de l’année.
    Son nom: Tengen Toppa Gurren Lagann, sorti récemment sur DS.

    Petites mises en bouche:
    - pas d’écran titre avec New Game, Load Game, etc. (faut le faire quand même)
    - aucun passage de l’anime, mais uniquement des images (de mauvaise qualité d’ailleurs) qui sont maladroitement juxtaposées (même Kingdom Hearts sur GBA avaient des cinématiques)
    - des « phases d’exploration » en 2D sans aucun intérêt où les seuls boutons mis à contribution sont Droite, Gauche et Haut (entrer dans une salle/parler)
    - des « combats » en « 3D » où l’on se demande vraiment ce qu’on est en train de faire: une arêne, le Gurren qui avance tout seul, un ou plusieurs Ganmen, on joue au chat et à la souris, et on attaque en rayant son écran pour faire des cercles comme dans Elite Beat Agents. Les combats de Pokémon sont 10 fois plus stimulants, c’est dire.
    - Seul point fort: la musique bien stylée de l’anime est reprise dans l’intro. Uniquement dans l’intro.

    Bref, TTGL sur DS est aussi pourri que l’anime est bon.

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