Soviet Voice

Brève: du loli, dans la télévision française? Pas vraiment, non…

suite de la brève précèdente:

Je suis très déçus. Je m’attendais à une liste de profil-type dont un fan hardcore de loli auquel on aurait perquisitionné toute sa collection de magazine importé ou alors de la progression record de la pédophilie au Japon, en pointant du doigt la culture populaire décadente de ce pays.

A la place, on a eu une histoire de journaliste polonais qui s’infiltre chez un mec surnommé Babouin, ou Belette, ou je sais plus, puis la visite d’un client nommé Lolo, puis un autre nommé PervDad qui se croit dans une quête secondaire de Zelda à échanger sa fille enceinte de lui avec des gens qu’il connait pas (si vous avez gerbés, c’est de pas entièrement de ma faute).

Puis entre temps, il y eut un montage.

Alors que j’étais entre catalepsie et dégout, j’entends une phrase comme « les pédophiles fréquentent les sites pour enfants ». Et je vois apparaitre à haute vitesse un enchainement d’illustration de Sailor Moon, Magical DoReMi, Ah! My Goddess, Card Captor Sakura, Tenchi Muyo je crois et peut-être Love Hina. Cette séquence m’extirpa de ma torpeur, sautant à mes yeux au rythme d’une musique de film d’angoisse joué avec une machine à écrire.

Ils auraient pu mettre n’importe quel autre type d’image venant de cartoon ou de littérature jeunesse. Pourquoi que des mangas ? Pour piéger les gens, comme moi, qui croyaient qu’à un moment le loli passerait à la télé ? Un vieux montage pour un autre sujet, vieux ou annulé ? La manifestation d’un préjugé sur les pédophiles, ce qui rime avec dessin animé japonais débile? Une bourde ? Une manipulation mentale visant à nous endoctriner ou alors à réveiller le spectateur à demi-endormis ? Un truc pour justifier le contenu de la bande-annonce ?

Je sais pas. Il y eu ensuite un sujet sur des témoignages de mères de famille incestueuses incarcérées aux USA qui culpabilisent. Alors j’en ai eu marre et j’ai regardé l’Echelle de Jacob sur mon lecteur DVD/USB/carte SD puis Kannagi épisode 2 pour contrebalancer le tout et à la fin je suis parti dormir.

Donc, j’espère que vous aviez un bon film ou un chouette anime au cas où cette soirée serait un bide bien gerbant. Sinon, j’espère que vous avez bien dormi.


Failout 3 : suite et fin

 

« one of the most ambitious single-player role-playing games in recent years« 

The New York Times

« Fallout 3 is easily one of the best games ever made and one that deserves and needs to be played« 

360 magazine

« RPG gamers look no further because Fallout 3 delivers on everything your looking for« 

SFX 360

« This is easily one of the best RPGs ever created« 

RPG gamer

 

 

 

(La première partie de cet article est consultable ici)

 

 

Comme cette suite est un peu plus longue que l’introduction, quelques images aèrent un peu le texte. Bethesda n’aimant pas qu’on utilise des screens « maison » pour illustrer une critique de leur jeu, je me plie obligeamment à ce désir légitime et agrémente ce petit texte de wallpapers officiels du jeu en 800*600.

 

(suite…)


Brève: du loli, dans la télévision française?

Depuis l’avènement d’Internet, les pédophiles sévissent sans complexe sur la toile où les tchat sont devenus leur nouveau terrain de chasse. Certains parents se retrouvent impuissants face à ce nouveau phénomène. Aujourd’hui, ce fléau n’a plus de frontières et les réseaux pédophiles sont mondiaux. Comment protéger ses enfants ? Par quels moyens les pédophiles entre-t-ils en contact avec leur victime ? Y a-t-il un profil type ? W9 MAG a infiltré un de ces réseaux organisé.

Numéro remarquable pour nous autres, puisque durant le visionnage de la bande-annonce de cette émission, on pouvait voir défiler pendant un court instant des extraits d’illustrations de style manga, pleines pages et couleurs.

Il était 8h du matin, j’étais au téléphone et les choses allaient bien trop vite pour moi pour réaliser si c’était des images pertinentes, soft ou censurées. Mais j’ai cru voir un dessin un peu old-school.

Mais c’est pas ça le problème! Voilà où vous nous avez emmenés, avec vos polémiques sur Welcome to NHK, vos Louise, vos Popcan, vos moe, vos session irc, vos éditoriaux, vos 4chan, vos petites fraises, vos Sailor fuku, vos maillots de cyclistes, vos tsurupettan, vos jeux de cartes, vos musiques assourdissantes, et vos Sony Playstation, vos hula-hoops, vos piercing au scrotum, et vos…

Enfin bref, on a peut-être une bonne excuse de voir W9 ce soir, à 22h30. Même si je suis sûr qu’on va en parler que 5 minutes dans toute l’émission et voir deux ou trois screenshots censurés.

Mais avoir l’occasion de se faire traiter de pédophile par les média, c’est quelque chose qui n’est plus arrivé depuis…oh…les délicieux éditos de Télérama, à l’époque du Club-Dorothée.

Faut faire la fête, là! Non?

Note: J’inaugure par la même occasion une catégorie « brève ». Si il vous prend l’envie de marcher sur les plates-bandes de « Akanaide yo! » ou alors de rédiger un billet court sans qu’elle ne convienne à la catégorie « wtf », cette catégorie est parfaite. Comme ça, ceux qui veulent faire le tri entre les billets courts et les billets longs n’auront qu’à cliquer. C’est pourquoi j’invite les rédacteurs qui ont déjà fait des petits articles à les faire rentrer dans la catégorie « brève » si ils le veulent.


Rock Band 2

Les temps sont durs mes amis. Alors que l’on croyait que Chinese Democracy ne sortirait jamais, que la Bugatti Veyron ferait le meilleur temps sur le circuit de Top Gear ou que l’économie mondiale ne se casserait jamais la gueule, c’est la fabrique même de notre espace-temps qui est menacée. Ou tout du moins ce que nous pensions être vrai. Rassurez-vous, ce n’est pas pour autant que plus rien de ce que vous connaissez n’est réel, et je vais vous le prouver tout de suite en énonçant deux réalités intangibles.

Premièrement, je pense donc je suis.

Deuxièmement, Rock Band 2 est le meilleur jeu de rythme jamais sorti sur consoles de salon, et j’inclus la gamme Bemani dans cette description.

C’est de cette deuxième réalité dont je vais parler dans cet article, parce que je suppose que la pensée cartésienne vous gonfle autant que moi. Et pour continuer dans les citations, bien que tout cela n’aie aucun rapport avec la philosophie, je vous propose de nous remémorer ensemble la fin de ce classique intemporel de la musique qu’est Won’t Get Fooled Again des Who. « Meet the new boss. Same as the old boss. » Et vous allez voir que la citation est fort à propos, puisque comme nous l’avons établi plus haut, Rock Band 2 est le meilleur jeu de rythme jamais sorti sur consoles de salon.

Mais pour mieux comprendre ce qui fait de Rock Band 2 cette oeuvre d’art totale que visait Wagner à Bayreuth cet excellent jeu, il faut revenir à ce qui faisait de Rock Band premier du nom le meilleur jeu de rythme jamais sorti sur consoles de salons. LET’S DO THE TIME WARP !

Dans le premier Rock Band, on créait sa rockstar virtuelle ou son groupe de rockstars virtuelles et on les faisait voyager par monts et par vaux de ville en ville, les faisant jouer une sélection de morceaux de tous genres et toutes époques de bon goût, allant de Nirvana à Deep Purple en passant par Nine Inch Nails. Ce qui le différentiait de son concurrent de l’époque, à savoir Guitar Hero III, c’était d’abord l’ajout d’une batterie et d’un micro à la fête, mais surtout le talent de son développeur Harmonix à faire des partitions difficiles sans être impossibles, là où Neversoft avait décidé de se la jouer plus hardcore qu’Adolf Hitler au détriment du fun.

Mais donc, puisque Rock Band n’est plus le meilleur jeu de rythme jamais sorti sur consoles de salon, qu’est-ce qu’ajoute Rock Band 2 ? Votre question tombe à point nommé, basique effet de rhétorique, c’est justement ce dont j’allais parler. Ce que Rock Band 2 ajoute, c’est un paquet de petites améliorations qui au final en font un jeu encore plus indispensable que son prédécesseur. Et c’est justement l’objet de mon prochain paragraphe, comme quoi le hasard et le déroulement classique d’un raisonnement font bien les choses parfois.

En effet, la plupart des petits défauts qui pouvaient ennuyer sur le long terme les joueurs du premier Rock Band ont été corrigés. La navigation dans les menus devenait de plus en plus compliquée au fur et à mesure que le contenu téléchargeable s’entassait sur le disque dur ? La nouvelle interface, copiée sur celle de la boutique de téléchargement de contenu, offre un moyen beaucoup plus simple de s’y retrouver dans la myriade de chansons que le jeu propose ! La progression en solo était bien trop linéaire pour vraiment être intéressante ? La tournée mondiale est maintenant jouable seul, et les défis permettent de retrouver un challenge a difficulté progressive qui permet de débloquer toutes les chansons du jeu ! Le DLC était mal intégré dans la carrière solo ? Le jeu fait automatiquement les playlists, en réunissant les chansons non seulement par artiste, mais aussi par album, par genre, par difficulté ou même par année de sortie ! Une fois le jeu fini, vous n’aviez plus de raison d’y revenir ? Le mode Bataille des Groupes offre des défis hebdomadaires, avec des classements et tout ! Ajoutez à cela des features qui manquaient au jeu original, comme la possibilité de faire la carrière en ligne ou la possibilité de jouer de tous les instruments avec le même avatar, et vous avez là tout ce que vous pourriez souhaiter d’un bon jeu de rythme. Sauf évidemment la tracklist. Mais rassurez-vous, j’allais y venir. Parce que ho, je suis peut-être un petit con, mais je suis un professionnel avant tout. Et je vais même sauter une ligne pour en parler.

Hop. Rock Band 2 ne pourrait évidemment pas prétendre à la perfection sans une playlist à la hauteur. Et là aussi le jeu impressione. Regardez la tracklist par vous-même. Je suis prêt à vous parier que vous avez déja entendu au moins une dizaine de ces chansons au cours de votre vie, à moins que vous soyiez Natascha Kampusch ou Elizabeth Fritzl. Une fois encore, la tracklist joue à refaire l’histoire du rock, du génial Pinball Wizard des Who à l’inattendu Shackler’s Revenge des Guns en passant par Let There Be Rock d’AC/DC, Livin’ on a Prayer de Bon Jovi, Peace Sells de Megadeth, Testify de Rage Against The Machine et même Chop Suey! de System of a Down pour mes amis jeunes et cons qui pourraient me lire. Du très très bon en somme.

Avec tout cela en tête, passons sans plus tarder au verdict final, et tentons une bonne fois pour toutes de répondre à la question « Dois-je acheter Rock Band 2 ? ». Si vous êtes un propriétaire du premier et de ses accessoires, la question ne devrait même pas se poser, cet achat vous est indispensable. Si vous n’avez pas encore ni guitare ni batterie, je vous recommande de patienter jusqu’a début décembre et de vous procurer les nouveaux accessoires, de bien meilleure qualité que ceux de première génération. Et si vous êtes un ours, je vous recommande l’achat d’un saumon.


Rapport de mission: La Japan Touch.

Bonjour.

J’ecris cet article afin de vous parler d’une convention qui s’est passé le weekend du 22 et 23 Novembre sur Lyon/Villeurbanne.

La

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Karakuri Circus ne veut pas mourir: excuse et réédition.

La couverture que nous n'aurez jamais...

M’étant rendu compte de l’indigence grammaticale et orthographique de mon précédent texte (je remercie QCTX/Assoupay pour m’en avoir fait la remarque, sauf qu’il a été plus diplomatique) et aussi d’une partie du contenu qui prête à confusion sans précision, j’aimerais présenter mes plus plates excuses à Soviet Voice et ses lecteurs pour avoir preuve d’une telle négligence.

Vous pourrez donc, dès à présent, profiter d’un texte plus agréable à lire, corrigé, mieux structuré et incluant des notes du rédacteur et italique et entre-crochet. Je compte mettre un point d’honneur à mieux soigner à l’avenir mes contributions pour Soviet Voice et de ne plus être source de déception pour les autres membres ainsi qu’à moi-même (je vais pas dire « même si je doute qu’on attendre quelque chose de moi » parce que là, ça fait emo. Rions un peu!).

Merci beaucoup.

PS: j’enlève les commentaires pour cet article. Mais c’est pour mieux vous inviter à réagir au billet précèdent.


Karakuri Circus ne veut pas mourir ou Lettre adressée à un traducteur en japonais

edit du 24/11/08: suite à une autre réaction alarmante, alors que j’avais pourtant présenté des excuses, je vous dois des explications. On est sur un blog, on se la raconte, ça va être la fête.

Je suis un étudiant de 1ere année de licence qui prend le train entre La Rochelle et Bordeaux deux fois par semaine pour les études et dont les parents vivent de l’autre côté de la Méditerrané.  J’entretiens à La Rochelle un bâtiment entier dans la semaine et je m’assure qu’aucun squatteur cherche à en pénétrer les enceintes tandis que sur Bordeaux, je suis trop occupé à bouffer sur mes genoux dans un appartement non-meublé après mes cours et mes devoirs. Je n’ai pas eu le temps de beaucoup dormir ces derniers temps et j’ai me suis consacré deux jours de déprime. C’est donc dans un cyber-café à la va vite que j’ai rédigé mon article, puis dans un autre cyber-café que j’ai effectué des corrections.

Maintenant je dors bien, j’ai barricadé toutes les portes condamnés, je supporte à nouveau très bien ma simili-solitude (je la supportais bien au début, mais bizarrement, ça m’est tombé dessus, comme ça), mais je constate avec horreur que j’écris comme un gougnafier dans ces moments là et que j’ai le même niveau de vigilance qu’un foie de veau.

Couplé au fait qu’à la base, il me faut pas mal d’effort pour me relire (comme je l’ai dis dans le commentaire en réponse à QCTX), voilà le résultat. Pourquoi autant de justification? Je ne cherche pas du tout à ce que l’on s’apitoie sur ma situation; ce serait ridicule. Vous savez juste pourquoi j’ai fait un article aussi mal écrit: par fatigue flobale! Je suis quand même surpris par la réaction de Robert Patrick, qui a été scandalisé au point de crier dans son texte avec des majuscules, comme si j’avais déliberement offensé quelqu’un ou sa personne.

Mais surtout, si je fais ça, c’est parce que j’attache beaucoup d’importance à cet article et je tiens réellement à faire bonne promotion de Karakuri Circus, que j’apprécie beaucoup. Et je ne veux pas que l’on rejette cet article par le manque de crédibilité de son auteur.  Maintenant, si il reste encore des fautes, ce que je n’ai pas le savoir nécessaire pour les repérer.

J’espère vous avoir convaincus de la sincérité de ma démarche et je vous souhaite bonne lecture.

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Ce qui va suivre est une lettre.

Cette lettre a déjà été envoyée dans diverses directions différentes, dans l’attente d’une réponse favorable. On a pas toujours l’occasion de vraiment soutenir et défendre une série dans son territoire, et mieux encore, une série qui a déjà été diffusée mais qui fut ensuite retirée pour insuccès.

Très chers lecteurs, je vais parler de scantrad. Calmez vous, s’il vous plait.

Chacun sait que techniquement, le scantrad est une activité illégale, mais tolérée du fait qu’il s’agit de traduire des productions inédites sans représentants légaux sur un territoire et qu’elle (l’activité) participe à la promotion de ces mêmes productions. Beaucoup de série ont vus leurs réputations bien entretenues grâce à la scantrad. Il faut juste se plier ensuite aux décisions de l’éditeur ayant acquis la licence de la dite production et ne pas diffuser les chapitres déjà publiés en librairie.

Tout le monde sait déjà ça, c’est juste à titre de rappel et me donner bonne conscience. Et ça marche très bien, d’ailleurs.

Nous allons donc parler d’une série en arrêt de diffusion en France, celle qui m’a valu une invitation par des connaissances à continuer sa diffusion par scantrad, afin que ses fans puissent continuer l’aventure et même en convertir d’autres. Pourrons-nous apporter la renommée que j’estime  méritée? Qui sait! Les choses vont peut-être changer.

Ce qui va suivre est une lettre pour promouvoir Karakuri Circus et trouver parmi vous un traducteur en japonais qui partagera mon opinion et voudra bien se joindre à la cause. Je vous la restitue quasiment telle quelle. A savoir qu’elle a été conçue pour être envoyée à des teams de scantrad, un individus en particulier ou même pour être publiée sur des forums.

(suite…)


La seconde emotion de Fl4v1en.

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Et pendant ce temps-là…

…Le Grand Tournoi des Tsundere de notre voisin maidophile continue. Loin de moi l’idée de vouloir vous ressasser un gimmick que je trouve particulièrement foireux, mais je vais faire appel à votre PASSION. Les affiches de cette semaine opposent d’un côté Chidori Kaname à Louise Françoise Sorbetière Astronaute Verre-Mesureur Gélatine Radiateur Tasse-à-thé Brumisateur Le Blanc De La Vallière, où vous devez continuer à voter pour Kaname même si elle a déjà l’air d’avoir gagné, et de l’autre Nagi face à Haruhi. La problématique ici est très simple : Haruhi DOIT être éliminée pour la grande justice. (Et aussi pour garantir à Asuka sa place en finale. Mais surtout pour la grande justice.)

…Left 4 Dead est sorti. Les gentils Rafaux nous ont filé trois instances pour éclater au fusil à pompe la menace putride, et croyez bien qu’on va se faire plaisir. Entrez dans la communauté de l’Edito, et faisons-nous vomir dessus dans la joie et la bonne humeur. Youpi.

…Quand Soleil veut publier des lolis tout le monde en fait des caisses, mais quand Deep Silver fait sa pub avec du toddlercon IT’SSS AWWRIGHTTT!!! Monde de merde tiens.


L’animation japonaise, quand Art rencontre Philosophie

Rosario+Vampire, salué unanimement par la critique comme le meilleur animé de la saison dernière, revient pour une deuxième saison, au grand bonheur des hordes de fan écumant sur la blogopshère. Après cinq épisodes visionnés, le soulagement est réel : on repart sur les bases qui ont fait de Rosario+Vampire, réalisé par l’excellent studio Gonzo, connu pour ses chefs d’oeuvres (Gantz), le pinnacle actuel de l’animation japonaise, de part un subtil mélange entre des thématiques universelles, une approche fine et intelligente de la société nippone, une animation à couper le soufle et une narration ridiculisant les gaijins.

Le seul titre mérite de s’y attarder. Le rosario est la forme latine du rosaire, sorte de chapelet utilisé par les catholiques pour egrener différentes prières, pater, ave, credo, forme de spiritualité oratoire et contemplative. L’une des thématique centrale de l’anime est ainsi subtilement amenée : la contemplation d’une société via son avenir (les lycéens), via une approche cyclique, chaque épisode étant construit selon un même schéma global, s’achevant sur un combat remporté par l’héroïne. La prière du Rosaire se termine quant à elle sur un Salve Regina, l’identification mariale est clairement voulue.

Seconde composante du titre, le Vampire, lié au Rosaire par le connecteur faisant sens « + », campe l’héroîne mariale comme créature mythologique, issue de croyances fondatrices retrouvées dans chaque religion et popularisée en occident par Bram Stoker. Le sang recueilli par le Vampire est semblable à celui du Christ, lavant le peché (la mort amenant le jugement et le pardon). Détail particulièrement révelateur, le pieux seul peut vaincre le Vampire, métaphore de la pénétration, qui oterait ainsi à l’héroïne son identification à la Sainte Vierge Marie qui, comme le veut la croyance populaire, conçu le christ vierge (même si, de fait, l’immaculée conception renvoit à une naissance sans la tâche du peché originel, et non à des considérations d’hymen; les japonais n’étant pas de confession catholique, ce mélange est pardonnable). C’est alors que le + prend tout son sens : ils ‘agit en fait d’une croix, au pied de laquelle le sang du christ fut recueillit dans le graal, et seule la typographie contrariante le transforme en vulgaire +.

Sans même voir une minute de l’anime, les enjeux apparaissent grâce à ce titre très bien pensé. Ce n’est qu’un début dans le tourbillon de réflexions profondes que peut susciter la vision de l’animé chez le téléspectateur otake averti. Le scénario, malin, renverse la perspective de la normalité en placant un lycéen totalement banal et sans asperités dans un établissement peuplé de monstres. Le mot même de monstre prend ici tout son sens : l’étymologie est claire, le monstre est l’individu, la personne que l’on montre du doigt, le stigmatisant, le séparant du corp social constitué par l’ordinaire. Ici, le monstre est le lycéen humain, seul dans une société inversant la logique démographique. L’évocation de Sartre est forte, on pense en particulier à sa célèbre phrase sur les enfants « monstres éduqués de nos regets ». 

Afin de renforcer l’alienation du personnage principal, son humanité le rend particulièrement faible face à ses camarades, dotés de pouvoirs. L’exclu est toujours faible, le héros se retrouvent dans la situation d’un étranger ou, plus profondément, d’un pauvre dans une société capitaliste, le pouvoir brute évoquant le pouvoir d’achat manquant tant aux opprimés. Le lycée est ainsi un reflet du capitalisme : tous les monstres ne sont pas égaux, les plus puissants correspondant aux riches, la masse, anonyme, à la classe moyenne. La notation de la puissance, de D à A, peut être idendifiées au système de classement américain, d’où une belle leçon pour le jeune téléspectateur : les bases de la richesse sont dans le travail. Gonzo contrebalance immédiatement ce moralisme par un avertissement pessimiste quant à la société libérale. Les plus forts sont d’un rang S, hors de portée si ce n’est pas la naissance, l’hérédité. Les vraies puissances du monde naissent ainsi, il est possible de s’élever, mais pas au sommet. A partir de ce constat social, véritable attaque frontale contre Jean Jacques Rousseau, l’anime développe une double idée sur le rôle du riche dans la ploutocratie mondiale et plus spécifiquement japonaise : humilité, la Vampire de rang S se faisant passer pour un monstre normal, sans prérogatives supérieures, et responsabilité, en cas d’abus, elle revendique son pouvoir pour rétablir l’ordre et assurer la cohésion du corps que constitue le lycée, tout en protegeant le faible, l’exclu, l’incompris, à savoir notre anti-héros humain. Le premier message de l’anime, c’est cette problématique d’intégration et de respect de celui qui n’a rien si ce n’est son sang, sa force vitale, c’est à dire son travail, qui doit aider le riche et puissant à contrôler la société pour le bien commun. Nous ne sommes pas loin du Banquet de Platon! Si l’on reprend la reflexion sur les aspects religieux du titre, on entrevoit la double nécessité du temporel et du spirituel pour assurer la bonne marche de tous vers le bonheur.

L’anime ne se contente pas d’une reflexion globale sur les problématiques nées de la mondialisation. Toujours à la page, suivant les idées actuelles du « think global be local », il propose aussi une subtile étude de moeurs et campe des personnages justes, archétypaux mais jamais caricaturaux. Le héros est déchiré entre quatre lycéennes, chacune représentant une qualité fondamentale chez une compagne : puissance/richesse pour la Vampire, beauté/fertilité chez la Succube, jeunesse/intelligence chez la Magical Girl, libre pensée et recul pour la Ice Queen. La poitrine, symbole d’opulance, est ici proportionnelle à la matérialité de la femme, les qualités les plus intellectuels amenant un petit bonnet. Le héros symbolise le pauvre, l’exclu. Vous allez me pointer une contradiction entre ce statut et l’attirance suscitée chez ces demoiselles. Pas du tout, et là est tout l’art de Gonzo! Etant unique, lui seul peut permettre la regeneration de la société immobile, amener sang neuf, gènes neufs, et autoriser de par là une réelle progression de chacun.

Hélas, bien souvent, l’otaku paresseux regarde d’un oeil les animés et manque toute l’essence d’une oeuvre. Gonzo ne voulait pas, avec Rosario+Vampire, parler dans le désert et voir tout un travail de défrichement perdu faute d’audience. Après tout, les grands auteurs ont toujours su concillier spectaculaire et intelligence. Rosario+Vampire propose donc, pour supporter les idées développées, un habile mélange entre romance et bataille, métaphore de l’adolescence, parsemées de faux fanservice. Le médiocre s’arrêtant à peu pourrait y avoir du racolage actif. Non! Les panties des différentes héroïnes ont le rôle du masque dans le carnaval vénitien ou la tragédie grecque, exprimant en quelques pixels les traits fondamentaux des personnages. Par exemple, la succube porte du jaune, couleur du Soleil, du dieu grec Appolon, connu pour sa beauté, faisant croitre les plantes, nous renvoyant donc à la symbolique beauté/fertilité associée au personnage. Rosario+Vampire réussit ainsi à integrer parfaitement le fanservice dans un message plus global, et, pour bien signifier la vacuité des apparances, brise régulièrement le quatrième mur, ce qui renvoit encore et toujours à Platon, ici la Caverne.

Pour conclure, cet anime m’a complètement bouleversé, bousculant toutes mes conceptions du monde et de la société, m’instruisant plus que n’importe quel documentaire sur le Japon, et explique vraiment la PASSION qui nous pousse tous à décrypter, analyser, disséquer l’animation japonaise.


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