World of Goo
Frappez-vous la tête avec un objet contondant. Faites-le. Maintenant. Tous autant que vous êtes. Allez-y. Je vais rester là sans rien faire jusqu’a ce que vous le fassiez, alors faites-le.
C’est bon ? Ok.
Pourquoi je vous ai fait faire ce petit exercice d’auto-mutilation ? J’explique.
Voyez-vous, j’ai appris hier que le taux de piratage de World of Goo était de 90 %. Je vais le répéter parce que ça transperce l’anus au Giga Drill Breaker : Quatre-vingt dix pourcents des joueurs de World of Goo ont piraté le jeu. Et laissez-moi vous dire que tout cela me désespère.
Piratez Naruto comme ça vous chante, téléchargez autant d’albums de Metallica que possible, récupérez Bienvenue chez les Ch’tis sur Mininova et vous mériterez toute mon indifférence. Ces trucs ont limite « Piratez-moi » écrit dessus en très gros avec des paillettes dorées. Vu l’argent qu’ils brassent, c’est pas un exemplaire de plus ou de moins qui va les faire chier. Et puis si vous aimez (Ce qui est votre droit hein, allez pas croire que je dis que vous avez des goûts de chiotte. Encore que.) vous avez certainement déja acheté, donc on est en face d’un non-problème.
Par contre pour World of Goo, laissez-moi vous dire que y’a un problème. Un putain de problème même. Pourquoi ? Tout simplement parce que World of Goo est un putain d’excellent jeu indé. Et il coûte juste 20 dollars. Si je me suis retenu d’en parler jusque là, c’est tout simplement parce que c’est selon moi le jeu indé de l’année, et que je voulais vous en tenir deux mots lors des Soviet Awards et pas avant. Mais puisque vous avez décidé de faire les cons, laissez-moi vous dire qu’a crétin crétin et demi.
Donc. Si vous suivez la hype tel le requin et son poisson-pilote, vous avez certainement déja entendu parler du Experimental Gameplay Project. Tout plein de jeux tous plus créatifs les uns que les autres rempli de bonnes idées et de talent. Parmi eux, il y avait Tower of Goo (et sa suite Tower of Goo Unlimited). Signé Kyle Gabler, il s’agissait d’un petit jeu de construction à base de petites boulettes dans lequel le but était de faire la plus grande tour possible.
Et bah devinez quoi, World of Goo prend ce concept de base, et le pousse encore plus loin. En gros, on a toujours des petites boulettes, et toujours de la construction. Mais cette fois-ci, tout cela a un but autre que d’entasser des boulettes pour le plaisir de les entasser. En effet, chaque niveau des 5 chapitres que propose le jeu va vous demander de construire une structure pour pouvoir amener vos boulettes dans un grand tuyau dans le ciel. Et oui, ça veut dire qu’il va falloir optimiser comme un gros porc chacune de ses constructions pour obtenir le meilleur résultat possible. Ce qui est vachement cool.
Evidemment, le jeu pourrait s’arrêter là. Mais non. En effet, si la partie technique est déja très réussie, la partie artistique est encore meilleure. Les graphismes offrent une 2D plus que sympathique, bien qu’on puisse regretter que la résolution soie bloquée à 800 par 600. Les musiques sont quand à elles fort gouleyantes, tapant dans tous les genres, de la symphonie au rock industriel, et rapelle par moments les créations de Danny Elfman, puisque tout le monde s’accorde à le dire. Mais la vraie grosse réussite du jeu, c’est son écriture. C’est drôle, c’est même très drôle avec quelques références geek de bon goût, et on suit avec plaisir les aventures de nos petites boules de Goo, de leurs aventures dans leurs plaines natales à leur passage dans la superautoroute de l’information. Et si vous êtes boulets comme l’un de nos rédacteurs dont je ne citerai pas le nom pour protéger son anonymat, vous pourrez même passer les niveaux les plus retors pour en profiter.
Bref, c’est bon. C’est même TRES bon. Alors maintenant vous allez fermer cet onglet et vous allez l’acheter sur le site officiel des créateurs du jeu. Faites-le. MAINTENANT.


