Rock Band 2
Les temps sont durs mes amis. Alors que l’on croyait que Chinese Democracy ne sortirait jamais, que la Bugatti Veyron ferait le meilleur temps sur le circuit de Top Gear ou que l’économie mondiale ne se casserait jamais la gueule, c’est la fabrique même de notre espace-temps qui est menacée. Ou tout du moins ce que nous pensions être vrai. Rassurez-vous, ce n’est pas pour autant que plus rien de ce que vous connaissez n’est réel, et je vais vous le prouver tout de suite en énonçant deux réalités intangibles.
Premièrement, je pense donc je suis.
Deuxièmement, Rock Band 2 est le meilleur jeu de rythme jamais sorti sur consoles de salon, et j’inclus la gamme Bemani dans cette description.
C’est de cette deuxième réalité dont je vais parler dans cet article, parce que je suppose que la pensée cartésienne vous gonfle autant que moi. Et pour continuer dans les citations, bien que tout cela n’aie aucun rapport avec la philosophie, je vous propose de nous remémorer ensemble la fin de ce classique intemporel de la musique qu’est Won’t Get Fooled Again des Who. « Meet the new boss. Same as the old boss. » Et vous allez voir que la citation est fort à propos, puisque comme nous l’avons établi plus haut, Rock Band 2 est le meilleur jeu de rythme jamais sorti sur consoles de salon.
Mais pour mieux comprendre ce qui fait de Rock Band 2 cette oeuvre d’art totale que visait Wagner à Bayreuth cet excellent jeu, il faut revenir à ce qui faisait de Rock Band premier du nom le meilleur jeu de rythme jamais sorti sur consoles de salons. LET’S DO THE TIME WARP !
Dans le premier Rock Band, on créait sa rockstar virtuelle ou son groupe de rockstars virtuelles et on les faisait voyager par monts et par vaux de ville en ville, les faisant jouer une sélection de morceaux de tous genres et toutes époques de bon goût, allant de Nirvana à Deep Purple en passant par Nine Inch Nails. Ce qui le différentiait de son concurrent de l’époque, à savoir Guitar Hero III, c’était d’abord l’ajout d’une batterie et d’un micro à la fête, mais surtout le talent de son développeur Harmonix à faire des partitions difficiles sans être impossibles, là où Neversoft avait décidé de se la jouer plus hardcore qu’Adolf Hitler au détriment du fun.
Mais donc, puisque Rock Band n’est plus le meilleur jeu de rythme jamais sorti sur consoles de salon, qu’est-ce qu’ajoute Rock Band 2 ? Votre question tombe à point nommé, basique effet de rhétorique, c’est justement ce dont j’allais parler. Ce que Rock Band 2 ajoute, c’est un paquet de petites améliorations qui au final en font un jeu encore plus indispensable que son prédécesseur. Et c’est justement l’objet de mon prochain paragraphe, comme quoi le hasard et le déroulement classique d’un raisonnement font bien les choses parfois.
En effet, la plupart des petits défauts qui pouvaient ennuyer sur le long terme les joueurs du premier Rock Band ont été corrigés. La navigation dans les menus devenait de plus en plus compliquée au fur et à mesure que le contenu téléchargeable s’entassait sur le disque dur ? La nouvelle interface, copiée sur celle de la boutique de téléchargement de contenu, offre un moyen beaucoup plus simple de s’y retrouver dans la myriade de chansons que le jeu propose ! La progression en solo était bien trop linéaire pour vraiment être intéressante ? La tournée mondiale est maintenant jouable seul, et les défis permettent de retrouver un challenge a difficulté progressive qui permet de débloquer toutes les chansons du jeu ! Le DLC était mal intégré dans la carrière solo ? Le jeu fait automatiquement les playlists, en réunissant les chansons non seulement par artiste, mais aussi par album, par genre, par difficulté ou même par année de sortie ! Une fois le jeu fini, vous n’aviez plus de raison d’y revenir ? Le mode Bataille des Groupes offre des défis hebdomadaires, avec des classements et tout ! Ajoutez à cela des features qui manquaient au jeu original, comme la possibilité de faire la carrière en ligne ou la possibilité de jouer de tous les instruments avec le même avatar, et vous avez là tout ce que vous pourriez souhaiter d’un bon jeu de rythme. Sauf évidemment la tracklist. Mais rassurez-vous, j’allais y venir. Parce que ho, je suis peut-être un petit con, mais je suis un professionnel avant tout. Et je vais même sauter une ligne pour en parler.
Hop. Rock Band 2 ne pourrait évidemment pas prétendre à la perfection sans une playlist à la hauteur. Et là aussi le jeu impressione. Regardez la tracklist par vous-même. Je suis prêt à vous parier que vous avez déja entendu au moins une dizaine de ces chansons au cours de votre vie, à moins que vous soyiez Natascha Kampusch ou Elizabeth Fritzl. Une fois encore, la tracklist joue à refaire l’histoire du rock, du génial Pinball Wizard des Who à l’inattendu Shackler’s Revenge des Guns en passant par Let There Be Rock d’AC/DC, Livin’ on a Prayer de Bon Jovi, Peace Sells de Megadeth, Testify de Rage Against The Machine et même Chop Suey! de System of a Down pour mes amis jeunes et cons qui pourraient me lire. Du très très bon en somme.
Avec tout cela en tête, passons sans plus tarder au verdict final, et tentons une bonne fois pour toutes de répondre à la question « Dois-je acheter Rock Band 2 ? ». Si vous êtes un propriétaire du premier et de ses accessoires, la question ne devrait même pas se poser, cet achat vous est indispensable. Si vous n’avez pas encore ni guitare ni batterie, je vous recommande de patienter jusqu’a début décembre et de vous procurer les nouveaux accessoires, de bien meilleure qualité que ceux de première génération. Et si vous êtes un ours, je vous recommande l’achat d’un saumon.


