La tête de con de la semaine.

Si vous suivez un peu l’actualité de l’industrie, vous aurez bien entendu reconnu Bobby Kotick, CEO d’Activision-Blizzard. Et laissez-moi vous dire qu’on a affaire à une sacrée tête de con. Mais pourquoi en parler aujourd’hui ? Tout simplement parce que le monsieur est à la une du Forbes de ce mois-ci, et qu’on en apprend des bien belles sur le monsieur. Laissez-moi donc vous raconter l’histoire de cette tête de con.
Déja tout gamin, le petit Robert Kotick avait un goût prononcé pour l’argent. Dans l’article (enfin plutôt dans l’éloge) de Forbes, on apprend qu’il a vendu le cendrier de sa mère pour 3 dollars à l’un de ses petits camarades. Et depuis, il n’a jamais arrêté de faire des affaires. La vingtaine passée, il se lance dans une série de petites entreprises, de la livraison de sandwiches à l’encordage de raquettes en passant par la vente de porte-monnaies. A 20 ans, il crée une boîte dont l’objectif est de s’attaquer directement à Apple Computers. Tout ça fonctionne plutôt pas mal, puisque 6 ans plus tard, il achète une boîte en pleine banqueroute : Mediagenic.
« Media-quoi ? », me demanderez-vous ? Mediagenic. Pour faire très court, Activision est fondée dans les années 80. Ils connaissent le succès avec Pitfall en 82, et ils se font pas mal de pépettes, avec lesquelles ils rachèteront entre autres Infocom, pionniers du jeu d’aventure par texte. Ils décident de se lancer dans la production de logiciels bureautiques, et changent de nom pour se faire une image plus sérieuse. Le problème, c’est que tout ça foire, et en 1991 ils se font racheter, ce dont je parlais juste à la fin du paragraphe précédent. Le reste de l’histoire, on la connaît : Mediagenic redevient Activision, et sortent tout un paquet de jeux, de Tony Hawk à Call of Duty en passant par Guitar Hero. Et ça marche plutôt pas mal pour eux.
Ce qu’on sait moins en revanche, c’est que contrairement à d’autres grands patrons de l’industrie du jeu vidéo de l’époque, comme Trip Hawkins ou Nolan Bushnell, Kotick n’en a absolument rien à foutre des jeux vidéos. Quand il achète Activision, il considère en effet que c’est « une perte de temps ». Et vous savez quoi ? J’ai pas tellement l’impression que la situation a changé en presque 20 ans. Quand il explique que les jeux qu’Activision sortent doivent « avoir le potentiel d’être exploitées tous les ans avec un clair potentiel pour des suites et le potentiel de devenir des franchises à 100 millions de dollars » ou qu’il clame que Guitar Hero est meilleur que Rock Band parce que 2000 personnes travaillent dessus au lieu de la petite centaine de chez Harmonix, j’ai toujours l’impression qu’il se balance complètement de ce médium.
Vous voulez une dernière preuve que c’est une tête de con ? Lors d’une conférence organisée par le Wall Street Journal, il introduit Guitar Hero World Tour comme « Le premier jeu ou vous pourrez jouer avec plusieurs instruments – la batterie, le micro, la basse et une nouvelle guitare ». La présentatrice de la conférence lui dit alors « Je crois que ça s’apelle Rock Band », ce à quoi Kotick répond « Nous l’appellons Guitar Hero : World Tour ». La preuve en vidéo.
Oui, en tant que crétin arrogant, Bobby Kotick a bien mérité son titre de tête de con de la semaine. Mention honorable au journaliste de Forbes, qui balance des conneries comme « Rock Band est une honteuse copie de Guitar Hero ». En tant que gros con, il peut aller retirer son poing dans la gueule chez moi quand il veut, avec mes félicitations.


