Contemplative sur Spice and Wolf
(Accessoirement, bonjour tout le monde !)
Je vais parler de Spice and Wolf. Pas pour vous faire remarquer qu’une image de l’opening ressemble au logo de Firefox, car vous l’aviez déjà vu. Pas non plus pour vous dire que c’est original, une série ou ceux qui veulent l’argent ne sont pas les grands méchants, et ou ceux qui n’en veulent pas en veulent quand même. Bref, un monde tout à fait réel, éloigné de ces mondes de soi disant communistes qui ne s’intéressent à l’argent que s’il permet de sauver des chevaux/des dauphins/leurs maisons de campagne/des petites créatures étranges mais mignonnes, et qui ne se décideront à chercher le trésor qu’au tout dernier moment. Oups, ce n’est peut-être pas l’endroit pour parler de ça ?
Dans le noir de ma chambre, sous plusieurs couvertures, je vis un moment délicieux, mais je n’ai pas encore compris pourquoi.
Je regarde Spice and Wolf. Je bois de la soupe dans une tasse énorme, comme Horo qui se saoule à la bière (au moins deux litres cette chope. J’aimerais avoir une chope comme ça.) Et quand ses joues deviennent rouges, je vérifie que les miennes sont chaudes aussi. Bref, un moment délicieux.
Puis le temps passe. Et je pense à autre chose. Je décide que cet anime n’est pas un chef d’œuvre, et je regarde d’autres choses. Et étrangement, ce n’est plus comme avant. La soupe est moins bonne, et la douce torpeur qui avait illuminé les pénibles réunions de famille commence à disparaître. Même le fait d’être saoul semble moins poétique du coup.
Quand les génériques me reviennent en tête, je ne fais pas tout de suite le rapprochement. Je confonds un peu avec un autre anime, moins poétique et atrocement lent, mais dont le générique ressemblait. Petit à petit, je fais le rapprochement entre l’éloignement d’avec Horo et ma baisse de moral. Qu’est-ce qui, dans cet anime, fait tant d’effet ? Les loups ? Pas pour moi. L’histoire d’amour qui se compose d’un seul presque baiser ? Ça ne suffit pas. Le monde moyenâgeux légèrement fantastique ? Je n’ai jamais vraiment apprécié.
Je crois que j’ai aimé le temps passé aux détails. Je pense qu’une bonne journée, contrairement à la croyance populaire, et une journée qu’on voit passer. Dans cet anime, on voit tout passer. Bon, peut-être pas tout. Mais les moments importants s’étalent tous, quitte à montrer des gens qui marchent et parle des heures durant. Tout le monde parle en marchant, à bas le cliché des longs voyages silencieux !
Le temps de choisir une tenue pour Horo, le temps de discuter le prix avec le marchand, le temps de discuter le prix avec Horo en privé, le temps de discuter de la tenue ensuite avec les villageois… vous voyez d’autres animes où les personnages passent tant de temps à s’habiller ? Dans ce monde, les habits étant chers, ils sont tout un investissement. Pourtant, dans la mesure où ils rendent Horo plus belle, c’est aussi un achat plaisir. C’est le genre de moment qu’on aimerait vivre plus souvent, et le vivre avec quelqu’un d’autre est tout aussi agréable.
Le temps passé à acheter des pommes, à manger des pommes, à parler de pomme, à digérer les pommes… les pommes m’indiffèrent au plus haut point, sauf quand Horo en parle. Cette fille est sans doute la poésie incarnée, pour voir autant de beauté dans des fruits si quelconques, ça ne m’étonne pas qu’on l’appelle Horo la sage.
Même les peaux de bêtes semblent moins écœurantes tandis qu’Horo s’étire dedans toute nue. Après tout, c’est un loup, on peut difficilement lui demander d’éprouver de la pitié pour les petits écureuils sauvagement évidés. Bref, quand Horo touche les fourrures, on ne dirait plus des peaux de bêtes, à peine des imitations, plutôt des longues peluches douces.
L’histoire se termine, et pourtant, très peu de temps s’est écoulé. Ils n’ont pas atteint le grand Nord, loin de là, ils n’ont pas ouvert de boutique, et ce n’est pas à l’ordre du jour. On imagine que l’histoire va durer encore très longtemps.
Voilà, j’ai connu la beauté pendant une demi-saison, et évidement, c’était trop court pour s’en rendre compte assez vite.


