Soviet Voice

Les aventures d’une bande de free-pons. (Mise à jour 24/04)

« Comment ? Un article informatif, drôle et plutôt bien écrit sur Soviet ? Venant de Arez ? » vous demanderez-vous en regardant votre lecteur de flux RSS. Hélas, il est de mon devoir de vous avertir que cet article est en fait l’œuvre du camarade Corsaire, qui avait désespérément besoin d’une tribune. Tribune que je lui donne avec joie, vu le peu de mises à jour sur ce site. Profitez.

Ceci sera un brulot envers le FAI préféré des Français, vous êtes prévenus !

Tout commence durant une semaine ordinaire, en rentrant à mon domicile après une journée de labeur comme toute france qui se lève tôt, je constate que ma chère boite en plastique noire qui donne l’heure continue bien de renseigner sur l’avancée de la journée qui s’écoule, mais que sa fonction la plus importante, l’accès au réseau global, donne aux abonnés absents.

La solution étant alors de rebooter la mécréante. Si la solution est triviale, la répétition de la manipulation finit par exaspérer.

Le jeudi je tente de contacter la hotline Free et choisi le ‘tchat’.
Principe : attendre comme un con qu’un conseiller soit dispo devant une fenêtre en javascript, écrire sa question et subir la réponse.
Ma question posée sur les raisons de ce problème me donne droit à des questions bateau genre « La box affiche-t-elle bien l’heure ? -Oui, comme j’ai indiqué plus haut… » , c’est gentillet, on se sent écouté.

Après une séance de ping pong tant enrichissante qu’inutile, j’attends une énième question, laisse la fenêtre ouverte et me fait proprement couper par l’application au bout de 10 minutes de silence, sympa … ils ne sont pas obligés de s’occuper de tout le monde.

Arrive le dimanche soir, catastrophe nous voila !
A l’heure de PPD (s’il était encore là) la box décide de tirer sa révérence en faisant une roue de la mort (cycle d’initialisation sans fin).

C’est là que commence le vrai drame.

Appel du numéro spécial (heureusement que j’ai encore l’iPhone en 3G pour lire le site d’assistance !), qui comme chacun le remarquera, devra être appelé depuis mon portable, mon système dégroupé étant en carafe. (On y reviendra)
Et là premier écueil : Le numéro d’assistance !

Invention ourdie par des trolls des cavernes, le numéro d’assistance consiste à donner à chaque abonné Free en plus des informations déjà archi-connues telles votre numéro de ligne téléphonique et numéro d’abonné (sur vos papiers d’abonnement), un numéro et un mot de passe lui aussi chiffré pour avoir le droit de téléphoner au très saint père Free le grand.

Comme je n’ai jamais utilisé ce bazar, je n’ai donc pas ce code, je me le fais envoyer par le mail hébergé chez eux (c’est mon FAI non ?), encore une fois merci iPhone.

Rebelote, appel, saisie sur le clavier du numéro, subir le blabla du répondeur avec sa voix et son sourire de 3km de long, puis la chanson d’attente avant enfin d’avoir un humain au bout du fil.
Déjà là on remarque qu’il ne faut pas être linguiste pour repérer un défaut de langage chez votre interlocuteur, comme dans la semaine passée avec le tchat, bombardement de questions.
On m’annonce que cela dénote un défaut électrique, on va donc m’envoyer un nouveau transfo pour tester la box, refaire le traitement si les problèmes persistent.

Petit calcul, avec la poste on sait que l’on sera coupé jusqu’au mercredi au moins (donné pour livraison le lundi, puis 48h pour livraison), si c’est bien le transfo !

L’horrible période de coupure se profile, prenons les devants.

Je teste avec mes appareils de mesure, le transfo 12V 1.2A délivre bien ce qu’il est censé délivrer, je branche la box à une alimentation stabilisée et même à une batterie au plomb de 7Ah (il y a de quoi tenir !) toujours le même résultat.
Le test est clair, le problème électrique est à écarter.

Je fais donc un rappel le lendemain, bien évidement il sera impossible de dire que j’ai utilisé ces alimentations, bien que de qualité, pour alimenter la box, les hotliners seraient capable de me dire que j’ai grillé la box, violé leur sœur et mis le feu à leur chien avec.
Je décide donc d’utiliser l’excuse de l’emprunt de l’alimentation de la box du même FAI au boulot qui sert de ligne secondaire pour les serveurs critiques.
Je subis des tonnes des questions dont celles de savoir à qui est la box qui m’a servi de test.
C’est alors que je constate avec horreur, ce con de hotliner ne serait pas en train de chercher à sonder les logs de connexion de nos lignes respectives ?
Gagné !

Après 1 minute on m’annonce que, oh que c’est étrange, la box sus-cité n’a pas été débranchée depuis plusieurs jours.
Fuxor, je dois insister que j’ai fait des tests poussés sur l’alimentation, rien à faire, j’en suis quitte pour un appel pour rien.
On va dire que c’est de bonne guerre, pour cette fois.

Le soir je demande à mes collègues pour emprunter l’alimentation de la box pour refaire le test alakon dans les conditions, rentre chez moi, rappelle, repasse le cerbère, et reparle à une voix à l’accent barbu.
Et là c’est RAGE !

Non content de me ressortir l’appel précédent, le hotliner me prend pour un con … pour de vrai !
Selon lui il est impossible de valider car l’alimentation de ma box v4 et celle empruntée d’une v5 ne sont pas identique… je prends les deux alims en main, même caractéristique, même références !
De plus selon lui une alimentation de v5, plus forte (toujours selon lui), ne conviendrait pas à ma v4.

Rappel de principe d’électricité : les chiffres sur une alimentation exprimée en A ou en Ah expriment ce que l’alimentation sera à même de débiter, plus on a une alimentation puissante plus elle tiendra la charge sans s’effondrer donc mieux c’est.
Le danger serait un voltage inadapté ou une puissance trop faible.

Le ton monte vite devant ce
ramassis
d’ignorance, l’appel tourne court, encore du temps de perdu.

Hasard, je trouve un collègue qui a une v4, je l’invite à venir chez moi avec son engin et en profiter pour prendre un verre.
Bien m’en a pris de lui dire d’amener aussi sa box et pas que le transfo !
La nouvelle avalanche de questions ressemble à un interrogatoire de la Stazi, pas un numéro écrit sur les étiquettes collées sur le matériel ne sera pas dicté … l’appel prendra près de 20 minutes !

ENFIN, on valide mon problème et me confirme l’envoi d’une nouvelle box.
Pour info le nouveau transfo arrivera le samedi matin !

On fait les choses bien, la nouvelle box doit être envoyée par UPS avec un suivi par mail et SMS, la classe !

Sauf que …

Arrive le jeudi de la semaine suivante toujours rien, aucune nouvelle.
Nième rappel, mon colis est en préparation …

La moutarde monte, un nouveau calcul rapide me dit que je vais encore forcément passer le Week-end sans réseau !
J’épluche le net au bureau et découvre qu’on peut utiliser un modem ADSL classique même en étant dégroupé si on utilise une configuration indiquée au tréfonds des pages d’assistance de Free.
Je choisis un modem Linksys à 35 euros que je coure acheter le soir, attaque la configuration et MIRACLE, enfin le monde s’ouvre.
ATTENTION, nouvelle connerie dans ces pages, choisir absolument le mode FC 1483-2684 routed IP, le bridged passe mal.
Le problème sera que si vous avez comme moi un routeur derrière cela vous ajoute une passerelle et crée dans le réseau un double-NAT, de quoi vous complexifier singulièrement la topologie réseau.
A noter que la connexion est très instable, on sent le réseau taillé pour freebox qui ne permet de passer que si vous mettez les patins.

Le vendredi arrivée du SMS tant attendu, le colis est expédié et arrivera « lundi ou mardi entre 9h et 18h », dans le genre précis …
Je me vois mal prendre deux jours pour leurs beaux yeux, tant pis je prendrai le mardi, UPS passera pour rien s’il décident d’essayer lundi, ils repasseront ça leur fera les pieds non mais !

En conclusion amis Freenautes, n’ayez JAMAIS de problèmes sinon vous subirez 2 semaines minimum de coupure et ayez un modem ADSL de secours sous la main, ça vous sauvera la vie un jour !

Pour finir, notez cette superbe propention à vous faire sortir de vos gongs : à chaque appel vous vous tappez le répondeur et sa voix ferromagnétique qui vous annonce fièrement que « depuis un poste fixe et la freebox, le temps d’attente est gratuit » … Merci Einstein ! Si j’appele c’est qu’elle est morte ma freebox, et je suis dégroupé donc pas de téléphone ! Sur ce notre tête de turc au bout de la ligne se « joint à toute l’équipe Free afin de vous souhaiter » d’être emmerdé jusqu’au cou et vous rapelle que le temps d’attente est gratuit depuis un poste fixe ou la freebox …

Edit du 24/04/09 : On dit que le bonheur est simple comme un coup de fil, parfois ce sont les coups de pied au cul donnés qui font un bien fou, ça défoule.

Après avoir attendu longuement la remplaçante de ma supposée morte freeboîte, je me trouve dans le même état que l’était sa prédécesseure.

Un nouveau coup de fil s’avéra donc nécessaire, histoire de bouffer encore un peu plus de forfait de portable et de me donner un peu plus de cancer du cerveau.

Le gentil monsieur à moustache au bout du fil me propose une insémination artificielle de freeboîte pour arriver au troisième clone, là la coupe est pleine !
Après un remplacement qui fait le même bazar, un modem tiers qui lui aussi rame sévère pour se connecter, il est clair que le problème est ailleurs.
Petite séance de RAGE téléphonique, on ne va pas faire 15 remplacements avant de réfléchir à chercher ailleurs non ?!
Enfin on se décide à s’intéresser sur site à la chose.

Passage du monsieur avec sa sacoche à malice pleine d’outils bizarre, mon installation maison est clean, just as planned
Et comble de la scoumoune, le monsieur n’a « jamais vu ça », j’ai une marge de bruit flottante dans ma ligne, un paramètre qui normalement doit rester fixe.

Dans le doute on demandera quand même le clonage de la freeboîte et on tirera l’oreille de l’opérateur historique, toujours responsable de cette fichue paire torsadée courant sous les trottoirs.
Avant de partir, on me conseille de laisser brancher la box à la ligne quand je ne m’en sers pas, ceci afin que des tests puissent être faits en journée, car oui je bosse, et ne suis donc pas chez moi en journée bien sûr !

En rentrant un soir, ô miracle !

Enfin la boite me donne l’heure. Je ne serais plus en retard pour les guignols de l’info.

Un petit appel à la hotline pour dire que le sang coule de nouveau dans mes veines et que je pourrais dire au préposé d’UPS de faire une cocotte en papier avec la troisième freeboite actuellement en route quelque part en France.

Voila qui clôture une bien désagréable aventure dont le diagnostic initial on le rappelle est l’alimentation électrique défaillante.
Raté, essaye encore !