L’envers du Dating, part II
Je vous avais déjà parlé de ma mémoire. L’an dernier, lurkant paresseusement sur le fournisseur principal de dating slime, je m’étais souvenu que les images de la demoiselle peu farouche étaient en fait des photos d’une quelconque camgirl aperçue furtivement des années plus tôt. Une bonne mémoire donc, assez particulière, faite d’images et de mots planant dans mon cerveau, souvent difficiles à faire remonter, mais présents.
Aussi, en découvrant le tout dernier dating slime de Maître Raton, les cellules sensorielles me hurlèrent en cœur : TU AS DEJA VU CETTE FILLE. Impossible bien sûr de savoir où. Le soir, en me couchant, une tâche tournant au fin fond de mon cerveau moulinait ma mémoire pour savoir, toujours scandant TU AS DEJA VU CETTE FILLE. Ce matin, en me levant et me préparant pour le travail, une certitude grandissante. Je ne me faisais pas tellement de soucis, ça finit toujours par remonter et, soudain, l’information arriva : calendrier JeuxOnline.
Wut ?, me direz vous. JeuxOnline est l’un des plus gros sites d’information sur le MMORPG, dont vous savez qu’il m’intéresse généralement. Comme tout gros site, JeuxOnline, aka JoL, a des forums où le joueur peut aller chercher des idées de template pour minimaxer à mort son barbare lvl100 dual wield monopenis. Comme tout gros forum, il y a une partie hors-sujet sans intérêt où les nolife vivent quand ils ne sont pas ingame. Et c’est sûr ce forum que j’avais découvert un sujet pathétique : le calendrier « sexy » des membres. Je peux même dater cette découverte, 2007, puisque, ayant par la suite retrouvé les différents calendriers des dernières années, c’est le plus jeune dont je me souvienne.
En 2007 donc, je lurkais rapidement le calendrier femme des membres de JeuxOnline. En 2009, je tombe sur l’article de Raton et, une dizaine d’heure plus tard, suis persuadé qu’il y a un LIEN. J’interpelle le Raton et ressort, via quelques requêtes google, l’intégrale des calendrier, 2006 d’abord, puis 07 et 08. Au premier regard, j’identifie la ressemblance perçue : la dénommée Bellandy (mois d’Octobre) ressemble fortement à la photo de « petitesoubrette » et soumet la comparaison à Raton. Il n’est pas sûr. Que cela ne tienne, après un petit intermède « merde, je peux pas chercher maintenant, j’ai une vie », j’invoque ma skill « google-fu ».
Vous connaissez tous le google-fu, cette capacité à tout trouver sur google. C’est grâce au google-fu qu’un magazine a retracé la vie d’un inconnu, s’attirant une petite couverture de presse. Là, l’objectif était simple : prouver que Bellandy = petitesoubrette (du moins en photo, le fake étant fort probable). Pour cela, il fallait engranger un maximum d’images voire, but ultime, retrouver la photo d’origine et son set complet.
Je vous passe les détails. La méthode est simple : partez de ce que vous savez (ici, un pseudo) et exploitez google au maximum. A chaque nouvelle information glanée, enrichissez votre recherche. D’abord traquée sur le forum de Jeuxonline, puis sur un autre, Judgehype, qui a livré de nombreuses photos de la demoiselle (et, au passage, son e-amitié avec un certain Kypper, peut-être lecteur de l’éditotaku). Notez les informations récupérées (habite en Irlande, âge, aime les mangas, se cosplay, est allée à la JE et à diverses conventions). Tâtonnez un peu, trouvez une vidéo d’elle, des photos louches, et finissez, enfin, par lâcher ce que je nomme « the last query », celle qui vous offre le graal.
MAJ : internet est un petit village, puisque la demoiselle en question, Bellandy, est intervenue dans les commentaires de l’article. Saluons l’absence de drama qui nous change un peu des Laurie-Anne Bourdain et autres Elise Jourdan, et précisons que l’hypothèse du fake est confirmée : le profil sur collarme.com, le site de rencontre BDSM préféré du Raton, est l’oeuvre d’un obscur frustré.


