Soviet Voice

Trucs en vrac

 

Aujourd’hui, c’est ménage, donc vous avez le droit à mes fonds de poubelle, id est sans mise en forme, sans correction, sans liens, sans interêt même, mais dans l’espoir d’expulser définitivement Petitesoubrette.

 

Sur les FPS militaires


Call of Duty IV : Modern Warfare semblait avoir réconcilié un petit paquet de monde avec le FPS militaire. Court mais intense, porté par une réalisation spectaculaire et un level design tout en scripts haletant, le tout rappelant un bon gros blockbuster hollywoodien. Vite terminé, vite oublié, mais quelques heures de plaisir indéniable, même si pas très intelligent. Call of Duty V : World at War tentait de nous resservir la même sauce, ne dépassant hélas pas le mauvais blockbuster hollywoodien : téléphoné, déjà vu, monotone et sans grand génie. Pire encore, la critique unanime hurle contre l’énième réutilisation du contexte de la seconde guerre mondiale, usé jusqu’à la corde depuis le succès de Medal of honor, jadis. Si les premières critiques sont fondées, il me semble un peu exagéré de jeter la pierre aux développeurs pour ce choix de background.

Vous pensez développer un FPS de type militaire. Première étape, décider du contexte historique. Réfléchissez-y quelques minutes, et intégrez à ce brainstorming les contraintes évidentes pesant sur un projet vidéo-ludique tourné vers un marché mondial et globalement grand public. D’emblé, les conflits anciens sont éliminés pour cause d’armes inadaptées : le corps à corps est encore mal exploité pour cause de self awareness balbutiante, les premières armes à feu étaient imprécises et chiantes à charger. Même ce bon vieux Lebel, mis en service en 1886 et équipant la glorieuse armée française dans les tranchées boueuses de la première guerre mondiale ne fait pas vraiment une bonne arme de base d’un FPS, avec son magasin à tubulaire accueillant très lentement huit pauvres cartouches, et ce sans même évoquer les maigres possibilités de gameplay offertes par des manœuvres aussi passionnantes que « je regarde l’allemand dans sa tranchée, il me regarde, puis l’un des deux charges, on se fait tailler en pièce par les mitrailleuses, et hop, dix mètres plus loin, on recommence ». A la limite, comme logiciel éducatif à vocation pacifiste, et encore. Sautons la WW2 pour s’intéresser à ce qui se passe ensuite. Ici, point vraiment de grosses contraintes de gameplay : l’équipement se modernise à grande vitesse, les armes se rapprochent très vite des standards du FPS, même non militaire, suivez mon regard vers ce bon vieux AK47. Pas tellement de problème de tactique non plus, à part quelques conflits assez peu terriens, y’a de quoi faire niveau chair à canon. Non, le gros problème des guerres diverses passée la Seconde, ce sont les implications politiques. Imaginez ce que donnerait, dans la presse, un jeu ayant pour cadre l’Indochine ou la guerre d’Algérie, pour reprendre deux conflits français.  Entre les anciens combattants toujours vivant, les accusations variées encore planantes (torture, crimes de guerre, terrorisme), le potentiel poudrier serait bel et bien explosif. De plus, ces guerres coloniales, les américains s’en tapent un peu. Reste enfin le Vietnam, qui bénéficie de sa grande popularité, d’un niveau d’intensité assez élevé. Longtemps desservi par les moteurs graphiques (il était plus facile de rendre les ruines de Stalingrad en deux couleurs que la jungle vietnamienne), il reste politiquement délicat (n’oubliez pas qu’américain, votre père aurait pu avoir fait cette guerre) et beaucoup moins woot que la WW2 niveau gameplay.

La WW2, c’est une pile d’avantages précieux pour un développeur :

-          Les méchants ont été clairement identifiés par l’histoire (écrite par les vainqueurs). Personne ne viendra défendre les nazis et les japonais.

-          Les gentils ne sont pas qu’américains, ce qui permet d’éviter les accusations type « vous êtes recruteurs pour l’US Army ».

-          Ça s’est fritté un peu de partout, possibilité de varier les plaisirs, des îles du Pacifique au désert d’Afrique du Nord en passant par les plages normandes.

-          La WW2 a été un laboratoire d’innovations ouvrant pas mal de situations pour le joueur : sniper, membre d’un commando, espion infiltré, chair à canon, artilleur…

Au fond, le joueur exigeant devrait se réjouir d’un FPS militaire prenant pour cadre la WW2. C’est l’assurance, avec des développeurs de talent, de passer un bon moment. Tout le problème, c’est le « talent », pas le choix initial de développement. Regardez les pauvres mecs qui ont fait Modern Warfare. Ils se font chier à inventer un conflit alternatif qui n’intéresse pas grand monde, à rendre crédible l’incarnation d’un fantassin à l’heure des missiles intercontinentaux, des avions supersoniques et des chars blindés d’électronique embarquée, et ils finissent par se faire traiter de fachos militaristes et racistes parce que leur méchant russe a un air de Ben Laden… ça vaut pas le coup de se faire chier à innover sur le background.

 


Sur la charte morale de l’Otaku


C’est une fausse bonne idée. Dés qu’un ensemble de lois se met à prévoir des exceptions, il devient facilement contournable. Un matière de téléchargement, l’unique règle claire que devrait s’imposer l’otaku vraiment honnête est « jamais ». Pourtant, à ma connaissance, aucun otake ne suit cette éthique : l’argument de la non commercialisation en France d’une série fraichement sortie au Japon ne tient pas. De nos jours, il n’est guère compliqué d’importer un DVD. Bien sûr, cela implique d’une part d’apprendre le japonais (et, franchement, un vrai passionné qui se respecte se devrait de l’apprendre, quelles que soient les difficultés propres à cette langue, tant le biais propre à toute traduction déforme le propos des œuvres) mais, surtout, acheter tout épisode à priori, sans le pirater auparavant. Quand on sait que beaucoup, sur blogchan, regardent presque tout ce qui sort, au moins le season premiere, on comprend que c’est hors de portée de leurs bourses, d’où une situation systématique d’ambivalence morale. Pour cela, je serais tenté de dire : « que celui qui a toujours acheté TOUT épisode regardé en téléchargement jette la première pierre au gamin qui se gave de fansub Naruto ». Le narutard peut dormir tranquille…

 


Sur GTA IV


GTA IV est au JV ce que Citizen Kane fut au cinéma (tout comme Bioshock serait Metropolis).

 


Sur Neverwinter Night 2 et The last Remnant 


Oui, à priori les deux jeux ont à peu prêt autant en commun qu’un lecteur du courrier international avec un narutard. Pas sortis aux mêmes dates, reliés par une étiquette « RPG » dont tous le monde sait qu’elle est grosso modo aussi vide de sens que le programme frontiste d’idées. Pourtant, enchainer quelques heures sur l’un puis l’autre, à quelques jours d’intervalle, m’a permit de réaliser un truc ‘achement inintéressant : ils représentent chacun l’archétype du RPG AoC, occidental et nippon, avec tous ce que les deux genres ont de bon et d’affreusement mauvais. Deux RPG « moyens », deux faces d’un même genre.

A ma droite, Neverwinter Night 2, à l’origine un fantasme pour roleplayer (un kit de création d’aventure très développé, pour retrouver les sensations du jeu de rôle sur table), à l’arrivée, une aventure solo basique, illustrant théoriquement les possibilités du kit. Déjà, on pourrait chipoter sur cette manie de faire créer le contenu aux joueurs, mais surtout quand on voit ce que des pros en tirent… NwN 2, c’est l’éternel retour des règles de D&D, qui puaient déjà du cul quand j’étais gosse. Des tas de jets de dés inutile, des tonnes de règles chiantes, pour aboutir à un truc tout sauf réaliste, contrairement à l’excellent GURPS, par exemple. Transposé sur informatique, cela donne généralement des combats aussi passionnants qu’une après midi dans une maison de retraite, phénomène constaté sur Baldur’s Gate 1 et 2. Plus précisément, c’est dans les premiers level que les combats sont le plus pénibles, que ce soit avec un guerrier asthmatique ou un magicien trisomique. Neverwinter Night 2 est constitué d’une interminable série de combats nazes portant une vague histoire vue et revue. Les addons ont bien tenté de faire dans le RPG de qualité, à grand renfort de skillcheck, ce qui ne suffit pas à passer outre la nullité du système D&D. Rien de plus con qu’un jet de charisme pour déterminer si le garde réagit de manière favorable ou non à une phrase lambda, comparé à l’intelligence d’un Fallout qui étalonnait les possibilités de dialogue en fonction de l’intelligence du joueur. Ici, un magicien avec une sagesse et un intellect au niveau des dieux ne pourra convaincre qui que ce soit à cause de sa calvitie précoce et de sa voix de fausset. D&D, royaume des apparences. Toutefois, l’aventure se joue sans grand déplaisir, du moment qu’on maitrise les arcanes cheatées du système de combat full of failles et qu’on ne s’attend pas à des dialogues ou un scénar de haut vol.

A ma gauche, The Last Remnant, qui donne l’impression que les niaks investissent 40% de leur budget dans le chara design, 40% dans le système de combat et le reste dans des bols de Ramen. Là, au moins, on ne se fait (pas trop) chier pendant les dits combats. Le studio a pondu une énième variation du fight au tour par tour, en y ajoutant une pincée de tactical et une réalisation plutôt dynamique. Ma foi, c’est assez frais et agréable, surtout quand on sort de NwN2. Par contre, il faut se taper le défaut rédhibitoire de 99% des jeux japonais : un chara design complètement émo, avec des héros homosexuels et fades. Une heure en compagnie du petit brun et du grand blond vous donneront envie de balancer tous vos Clamp à la poubelle. Autre connerie récurrente chez nos amis nippons, leur incapacité à innover sur le plan narratif. Quand l’homme blanc a découvert, avec Half Life, qu’on pouvait raconter une histoire via quelques scripts pendant le jeu, voire avec System Shock via des enregistrement audio, qu’on pouvait aussi laisser le joueur répondre aux questions, donner son avis, bref, s’impliquer dans l’univers, monsieur bridé continue à raconter une histoire comme dans un film merdique, via de longues séquences de dialogues rendues insupportables par l’émo-attitude du zéro et la nullité crasse du scénario, variante de « sorry, another castle ».

Résumons : deux jeux bien symptomatiques des défauts classiques hérités de leurs origines respectives. Foutre dans NwN2 le système de combat de TLR en ferait presque un bon jeu.

 


Sur Dawn of War 2


Dawn of War 2, c’est comme les premières relations sexuelles. Sur le moment, on est vachement content, mais à y réfléchir avec du recul, ça cassait pas des briques.

 


Sur Internet (insérez ici citation de 1984) (serious business)


La petite histoire sur Bellandy ouvre des perspectives amusantes. Imaginez, nous sommes en 2030, et son fils, jeune adolescent de 14 ans, fait un tour sur googlearchive, le dernier service surpuissant de Google, entreprise nationalisée par le gouvernement US en 2010. Il y retrouve les photos de sa mère habillée en cosplay Code Geass ou se promenant en soutiens gorge. Pas top crédibilité. Mais il y a pire. Imaginez, toujours en 2030, les enfants de Maud, si, si, celle du « grand frère » (si vous ne savez pas qui c’est, OUBLIEZ), découvrent que leur mère taillait des pipes à des racailles quand elle avait 14 balais, avant d’aller pleurer sur TF1 (dispo sur le site de l’INA). Encore moins top. On pourrait en citer, des exemples, des camgurls en passant par les users lambda des réseaux sociaux.

Internet est en train d’empiler des gigaoctets de pur FAIL. Le Fail de nos parents, ou même celui de ma génération, reste cantonné à des films que plus aucun appareil ne peut lire. Le Fail de la génération actuelle est gravé dans l’immortalité numérique. Alors pensez-y avant de foutre vos photos « soirée ricard » sur Facebook ou de vous inscrire au groupe « j’aime me branler sur mon daki », sans même compter sur votre meilleur pote qui poste une photo de votre penis ridicule sur myspace. Internet n’oublie rien, et si vous ne voulez pas entendre votre fille un jour vous demandez « dis, papa, pourquoi y’a une photo de maman avec de la mayonnaise sur la figure sur l’ordinateur », faites gaffe.

 


16 commentaires to “Trucs en vrac”

  1. AvatarEtsilihin
    1

    Protip: NwN2 est la démo de Mask of the Betrayer.

  2. AvatarNatth
    2

    Sur la charte morale de l’Otaku >>
    Ca dépend de ceux que tu considères comme otake, mais des gens qui n’ont jamais téléchargé, qui en sont fiers, qui estiment que tous les gens honnêtes devraient faire comme eux et qui sont fans de japanime, ça existe. D’ailleurs, ce doit être les seules personnes qui me donnent envie de les étrangler sur un sujet comme le fansub et de m’incliner devant leurs imposantes connaissances manga/anime sur un autre sujet. Le problème d’une charte morale est, entre autres : comment vas-tu défendre le fansub, même modéré, face à ce genre de personnes, dans la mesure où il va toujours à l’encontre des droits d’auteur ou de la légalité ?

    Comme je l’ai dit dans l’autre sujet, je ne pense pas que c’est une mauvaise idée… Mais à partir du moment où le scantrad/fansub ne peut pas être légal, le point de vue « moral » ne peut pas passer (du moins auprès de pas mal de personnes). Par contre, il est possible de mettre en avant des « bonnes pratiques », et même des pratiques utiles pour les mangas/animes méconnus, pour éviter d’en prendre plein la tronche dès qu’on a besoin d’un bouc émissaire.

  3. AvatarRobert Patrick
    3

    Et les guerres napoléoniennes, c’est d’la merde ? Une seconde pour viser (monsieur grand chapeau devant vient de s’écrouler comme une merde) et tirer, c’est pas des conditions extrêmes pour tous les gars qui se la jouent « Boom ! Headshot » sur Team Fortress 2 ?
    Ah on ferait moins les malins, hein !

  4. AvatarEtsilihin
    4

    « et ils finissent par se faire traiter de fachos militaristes et racistes parce que leur méchant russe a un air de Ben Laden… ça vaut pas le coup de se faire chier à innover sur le background. »
    C’est pas bien d’exagérer ce que les autres disent.

    Et au sujet du dernier paragraphe, que j’avais raté à la première lecture, je pense que tu te trompe. Dans 10 ans, la plupart des blogs, vidéos et photographies gardées sur des sites à la con et toussa auront disparues faute d’attention. Suffit de voir les liens sur les vieux articles de raton. Moins d’un sur dix sont valables, et ca fait nettement moins de 10 ans.

  5. AvatarNixou
    5

    « De nos jours, il n’est guère compliqué d’importer un DVD. Bien sûr, cela implique d’une part d’apprendre le japonais (et, franchement, un vrai passionné qui se respecte se devrait de l’apprendre, quelles que soient les difficultés propres à cette langue, tant le biais propre à toute traduction déforme le propos des œuvres) mais, surtout, acheter tout épisode à priori, sans le pirater auparavant »

    Qu’est-ce qui va pas dans cette phrase? Quatre choses, au moins:

    « Si l’éditeur est trop peu-connu/fegnasse/indifférent/chauvin (raye la mention inutile) pour distribuer un de ses produits en dehors de son pays d’origine ou pour trouver un partenaire pour le faire, donne tes sous pour pallier à son incompétence »
    Et puis quoi encore? Je sais bien que le capitalisme est le moyen de faire passer des branleurs qui ont hérité de leur position pour des génies ultra-compétent, mais faudrait pas non plus pousser le postulat de la connerie du consommateur trop loin non plus. le rôle d’un éditeur, c’est de rendre sa production Accessible, s’il est infichu de le faire, il ne mérite pas d’être payé pour un boulot qu’il n’a pas fait.

    « un vrai passionné qui se respecte se devrait de l’apprendre [le japonnais] »

    Problème 1: « Apprends la langue du pays qui l’a produit »: c’est bien d’apprendre les langues étrangères, et quand on les a appris, c’est respectueux pour l’œuvre et son auteur de regarder en VO. Mais tu vas me dire combien de langues différentes sont utilisées pour la production d’émissions? Sprechen Sie Deutsch? Nein? Kein Goldene Palme für ihn. Depuis quand devrait-on interdire l’accès à une série, un film, un documentaire, sous prétexte qu’on ne peut pas le comprendre en VO?

    Problème numéro 2: Le coup du « vrai passionné ». Je n’ai jamais été un passionné d’animes: j’ai toujours considéré que regarder DBZ revenait à se masturber devant un spectacle de culturistes, j’ai jamais pu blairer les mecs qui pensent que la culture d’un pays se limite à ses DA exportés (« Comment-ça il y a des romans japonnais qui parle de la condition sociale des nippons du XIXème sècle? Les romans sociaux c’est une merde française ça » -> tête à claque), et les animes représentent une minorité de mes loisirs… Ça ne me donne plus le droit de regarder? Je ne suis pas un vrai passionné prêt à faire l’effort d’apprendre une langue, je veux juste profiter d’un produit traduit pas trop mauvais de temps en temps et suis donc indigne de toucher à ce qui sort de l’archipel?

    « acheter tout épisode à priori, sans le pirater auparavant »

    Acheter à priori tout épisode… c’est comme le cinéma: acheter à priori tout billet de cinéma, parce qu’à bientôt 10 euros le ticket, se farcir un navet est un acte de cinéphile honnête. Après on s’étonne qu’Hollywood nous ponde régulièrement son quota de non film ou que TF1 fasse du TF1 et vire les employés opposés à Hadopi: je reprends mon paradigme du capitaliste branleur: pourquoi faire l’effort de produire une série/film/anime de qualité, si on peut sans se fouler fourguer de la merde en contraignant le client à payer pour se rendre compte que c’est de la merde?

    « Pour cela, je serais tenté de dire : « que celui qui a toujours acheté TOUT épisode regardé en téléchargement jette la première pierre au gamin qui se gave de fansub Naruto ». Le narutard peut dormir tranquille… »

    Je sais que j’en fais des tonnes alors qu’on est d’accords pour la conclusion, mais je trouve que le fond du problème dans cette histoire, c’est la tendance des otaques à vouloir trop jouer l’élite intellectuelle, à se prétendre fondamentalement différent du fameux narutard (bleachard? tain, c’est quoi le dernier shonen usiné à la mode?) et à vouloir à tout prix adopter/affirmer je ne sais quel particularisme culturel.

    * * *

    « Autre connerie récurrente chez nos amis nippons, leur incapacité à innover sur le plan narratif. Quand l’homme blanc a découvert, avec Half Life, qu’on pouvait raconter une histoire via quelques scripts pendant le jeu, voire avec System Shock via des enregistrement audio, qu’on pouvait aussi laisser le joueur répondre aux questions, donner son avis, bref, s’impliquer dans l’univers, monsieur bridé continue à raconter une histoire comme dans un film merdique, via de longues séquences de dialogues rendues insupportables par l’émo-attitude du zéro et la nullité crasse du scénario, variante de « sorry, another castle ». »

    Tu vois, un jour, chez Squarenix, les maîtres absolus de l’émo à sexualité indéfinie qui tue Satan, ils ont décidés de sortir un jeu qui sortirait de ce tropisme à la con. Ils ont fait FF12 dans lequel le héros ressemblait à un émo classique mais mûrissait vraiment (pas dans le sens « Naaaaaan, je vais utiliser mes super-pouvoirs pour exploser la face à ce type qui me traite de pédale immature depuis 35 heures de jeu », dans le sens, « adopte un comportement qui ne pousse pas un joueur adulte à se taper la tête contre les murs en criant «mais quel con» »), et dans lequel le ratio cutscenes-gameplay était pour une fois clairement à l’avantage du gameplay et où l’essentiel du scénar était conté par les NPCs qui fournissaient à la fois le background et leur point de vue sur l’évolution des événements. Rien de très révolutionnaire, mais cela permettait de varier les plaisirs, de s’imprégner de l’histoire entre deux séances de grinding et d’avoir un jeu où on ne marche pas de couloir en cutscenes et où l’exploration des villes et la conversation avec les habitants avait un sens. Critique presque unanime des hardcore-joueurs de FF, majoritairement sortis des classes moyennes de l’Europe et de ses colonies transatlantiques? « C’est NUL! Le scénario est à chier! On y pige rien! L’histoire n’a aucun SENS ». C’est sûr, vu qu’ils sont passé d’un donjon à l’autre sans faire l’effort minime de lire quelques lignes de texte. C’est bien la peine de programmer 1.200 NPCs, de varier leur dialogues, de rajouter une encyclopédie bonus à l’intérieur du jeu si c’est pour se faire traiter de minable par un glandeur incapable d’apprécier la narration d’un jeu si celle-ci s’écarte des chemins balisés. Créateur échaudé craint l’eau froide.

    D’ailleurs, le succès d’Half-Life, à mon avis, c’est que la clientèle de ce jeu ne s’attendait pas à un scénar et n’exigeait pas son ratio de scènes cinématiques. Certains se sont rendu compte que les jeux avaient une histoire, et le net comme les revues de JV ont bruissés d’un « cool, y a un vrai scénar amené d’une manière originale », mais si les joueurs de Half-Life avaient eu le scénario comme motivation principale de leur achat (et non pas faire mumuse avec le Gravity Gun) je suis prêt à parier qu’ils auraient aussi criés au au scandale: la tiste réalité, c’est que les joueurs Hardcore qui forment le noyau dur des jeux à gros budgets est tellement conservatrice qu’elle n’accepte l’originalité que lorsqu’elle arrive en bonus, et les éditeurs qui veulent rentrer dans leurs frais s’assurent que le client est satisfait.

  6. AvatarViral
    6

    Erf, j’ai rempli toutes les condition de fail décrite dans ton dernier paragraphe sur internet :/ Bon au moins tu m’a convaincu de ne pas avoir d’enfant et grâce a toi il y aura des traumatisés et des chômeurs en moins sur la planète en 2030 ^^.

  7. AvatarEtsilihin
    7

    « C’est bien la peine de programmer 1.200 NPCs, de varier leur dialogues, de rajouter une encyclopédie bonus à l’intérieur du jeu si c’est pour se faire traiter de minable par un glandeur incapable d’apprécier la narration d’un jeu si celle-ci s’écarte des chemins balisés. Créateur échaudé craint l’eau froide. »
    On a les fans que l’on mérite. Si Bethesda se mettais à sortir des jeux ayant des choix&conséquences, biens écris, intelligents et cohérents, au gameplay interessant et avec un scénario passionant, leurs fans gueuleront aussi.

  8. AvatarMister Kzimir
    8

    Des To de fail je dirais meme

  9. AvatarMdt
    9

    Nixou : si tu n’es pas un otaku, alors tu t’en tapes de laisser crever l’industrie de l’animation japonaise dans son caca émo. Perso, je ne me considère pas du tout comme un true otake, et d’ailleurs j’achète « peu » de japoniaiseries : je préfère largement donner mes sous aux romanciers.

    Ici, on parle de l’otaku qui se veut pur, libéré de la lie du scantrad et du fansub, crachant sur le narutard. Ce paragraphe a juste pour vocation qu’il n’a rien d’idéal, tout au plus moins corrompu, donc mal placé pour donner des leçons d’éthique.

    Pour les RPG japonais, c’est simplement qu’il s’agit de jeux console, dont le public est composé à 90% de débiles dégénérés. Sur PC, ce n’est que 70%, alors y’a un peu d’espoir pour les bons jeux. Comme le JV à l’ancienne est en train de crever au japon, on devrait bientôt être peinards niveau émo-itude.

    On va retrouver petit à petit le cinéma : quelques bons films indépendants destinés aux niches, un kilo de blockbusters allant du bon au naze, et, de temps en temps, un grand réalisateur qui se paye le luxe de faire un jeu excellent ET populaire.

  10. AvatarAer
    10

    Mais les accords d’Emmen Macha disait que

  11. AvatarRobert Patrick
    11

    @Nixou : ah, c’est dommage, tu partais bien, mais FF12 comme exemple narratif… Tu peux pas reprocher aux gens (fans ou autres) de pas faire l’effort d’aller interroger 1200 NPC quand déjà l’intrigue principale remet en question le simple fait que tu continues à jouer (« en quoi ce qui se passe dans ce jeu me concerne-t-il ? »).
    D’accord avec toi sur la forme, hein, mais la forme sans le fond, c’est du fail.

  12. AvatarNixou
    12

    « Tu peux pas reprocher aux gens (fans ou autres) de pas faire l’effort d’aller interroger 1200 NPC quand déjà l’intrigue principale remet en question le simple fait que tu continues à jouer (”en quoi ce qui se passe dans ce jeu me concerne-t-il ?”). »

    Bin j’vais gêner tient.
    Un des aspects de FF12, comme de bon nombre de jeux qui ont eu Matsuno aux manettes (FF12, FFT, Vagrant, et même dans une certaine mesure Tactic Ogres), c’est l’idée que les événements qui changent le cours de l’Histoire ne sont pas ceux qui sont retenus dans les chroniques officielles, et paraissent à première vue insignifiants. C’est pour cela que FF12 met en parallèle un conflit militaire à grande échelle et un groupe de héros qui reste à la marge du conflit, mais c’est ce groupe de quasi-vagabonds qui change réellement le cours de l’histoire, et la quasi-totalité de leurs actes ne sera pas retenus: Ashe aura droit à un petit chapitre, du type « Reine d’un petit pays redevenu indépendant », Bash restera officiellement mort deux ans plus tôt, Vaan qui a en rejetant son identité émo parvint a empêcher un génocide (d’accord c’est involontaire, mais quand même) n’aura probablement même pas droit à une note en bas de page, etc…

    Et c’est là que l’on voit que le hardcore gamer est quelque part extraordinairement conservateur: FF12 commence comme un repompage de Star Wars, mais dans son déroulement, il suit un tout autre fil narratif, et prend les clichés du genre pour les tordre dans tous les sens et les rendre méconnaissables. Non seulement la forme change, mais le fond ne suit plus les chemins balisés habituels (on délaisse l’héroïsme pour pointer les vertus du pardon, les grosses batailles qui font boum-boum-boum ne sont plus synonymes de valeurs martiales mais des événements sanglants et inutiles que ces cons d’historiens exaltent), et la réaction de bon nombre de joueurs, une fois sortis de leur thèmes de prédilection, au lieu de dire « le fond du scénar est inhabituel », ils affirment « Ils n’y a pas de fond »

  13. AvatarRobert Patrick
    13

    Whut ?!
    Autant je trouve ton analyse sur les persos à la périphérie de l’Histoire très bonne, autant je ne crois pas que tu puisses te permettre de mettre FF12 et FFT dans le même sac.
    Ramza est quand même l’ami d’enfance du gars qui va devenir roi pendant une bonne partie du jeu et leur relation sera presque directe pendant toute cette période.
    Vaan, c’est quoi ? Les juges ont même pas conscience de son existence ! Les seuls persos à qui ils prêtent un minimum d’intérêt, c’est Bash et le p’tit mec qu’est le frère du boss (me souvient plus de son nom, c’est dire comme sa personnalité ma marqué. Allez, un p’tit coup de Google… « Ramon », voilà).
    Sinon le « vrai » héros de l’histoire, Balflear, personne sait qui c’est. Au niveau du rapport avec les forces vives qui font et défont l’Histoire, on est quand même loin de persos comme Agrias ou Cid dans son équipe.
    C’est ce qui justifiait ma réflexion de « pourquoi suis-je en train de jouer à ce jeu qui en me concerne en rien ? »
    Je te rappelle, gros nerd de FFT que je suis, que dans FFT la famille du héros est directement impliquée dans les méandres politiques (père de Ramza assassiné par son fils, etc.).
    Là, concrêtement, quels changements la politique de FF12 peut-elle avoir sur la vie quotidienne de Vaan ? Aucun.
    Donc WTF ?

  14. AvatarNixou
    14

    « Ramza est quand même l’ami d’enfance du gars qui va devenir roi pendant une bonne partie du jeu et leur relation sera presque directe pendant toute cette période.
    Vaan, c’est quoi ? »

    C’est justement tout le sel de l’histoire:
    Vaan, c’est quoi?
    C’est rien, c’est que dalle, c’est un orphelin très vaguement lié à un officier de Dalmasca (parce que son grand frère a servit sous ses ordres pendant, quoi… 20 minutes?), c’est un nobody, c’est le personnage que les grands leaders vont typiquement négliger et qui va se ramener comme un chien dans un jeu de quille et bousiller toutes les conspirations autour de lui. FF12 va plus loin encore que FFT dans le sens où dans FFT, c’est un personnage « important » dans la hiérarchie sociale qui change le cours de l’histoire et dont l’existence est connue. Vaan, au contraire, c’est l’anonyme absolu, il n’est pas noble, il n’est pas prince, il n’est pas héritier d’un pouvoir disparu ou hybridé avec un Alien, il n’est rien, et il change tout.

    « Là, concrêtement, quels changements la politique de FF12 peut-elle avoir sur la vie quotidienne de Vaan ? Aucun. »

    Au contraire: Vaan est au début un gamin des rues d’une ville occupée, et s’il n’avait pas lancé la chute de domino qu’est le scénario de FF12, il aurait eu le choix entre subir jusqu’à sa mort la tyrannie de Vayne ou la tyrannie de l’homme de paille choisi par les Occurias. Les changements politiques d’Ivalice changent complètement la destinée de Vaan: à la fin du jeu, il est immensément riche grâce à sa chasse aux monstres (que j’estime intégrée à la quête principale bien qu’optionnelle en termes de gameplay) et libre comme l’air. Alors qu’au début du jeu, l’environnement de Vaan semble pareil à une prison (des gardes et des check points partout, le début du jeu aurait pu être rebaptisé Palestine, the RPG qu’on y aurait à peine vu la différence), et à la fin, il n’a plus que le ciel comme frontière, et il s’en va explorer le monde comme il l’a toujours voulu: donc la répercussion est double: premièrement, la fin de l’ère des Occurias et la chute de Vayne signifie que Vaan est enfin libre, et le déroulement de ses aventures, l’expérience et les richesses acquises signifient qu’il est en mesure de jouir totalement de sa liberté: pour Vaan, le triomphe est total.

  15. AvatarRobert Patrick
    15

    Tu sais quoi, mec ?
    J’ai détesté FF12, le système de combat, le scénario, le PUTAIN DE LEVELLING, bref tout le jeu (sauf la forêt des bonnasses), et je suis seulement en train de commencer à apprécier les musiques (sauf le thème de l’Empire, parce que ça, dès la première écoute, la claque), libérées du cadre de ce jeu que j’ai haï d’abord dans sa version originale et derechef en version internationale, mais j’aime bien ton argumentation.
    Visiblement t’as kiffé ce jeu et t’es capable de défendre ton plaisir sans tomber dans le fanboyisme.
    T’es un beau gosse, et si je te laissais faire, je serais presque (j’ai dit « presque » !) tenté de me refaire le jeu, juste pour voir (mais en fait non, hein, les donjons tout vides et tout relous, ça va juste pas être possible…).

  16. AvatarAer
    16

    Clair que c’est plutôt rare de voir un tel plaidoyer sur ce jeu (et pourtant je l’ai adoré mais :/).

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