Trucs en vrac
Aujourd’hui, c’est ménage, donc vous avez le droit à mes fonds de poubelle, id est sans mise en forme, sans correction, sans liens, sans interêt même, mais dans l’espoir d’expulser définitivement Petitesoubrette.
Sur les FPS militaires
Call of Duty IV : Modern Warfare semblait avoir réconcilié un petit paquet de monde avec le FPS militaire. Court mais intense, porté par une réalisation spectaculaire et un level design tout en scripts haletant, le tout rappelant un bon gros blockbuster hollywoodien. Vite terminé, vite oublié, mais quelques heures de plaisir indéniable, même si pas très intelligent. Call of Duty V : World at War tentait de nous resservir la même sauce, ne dépassant hélas pas le mauvais blockbuster hollywoodien : téléphoné, déjà vu, monotone et sans grand génie. Pire encore, la critique unanime hurle contre l’énième réutilisation du contexte de la seconde guerre mondiale, usé jusqu’à la corde depuis le succès de Medal of honor, jadis. Si les premières critiques sont fondées, il me semble un peu exagéré de jeter la pierre aux développeurs pour ce choix de background.

Vous pensez développer un FPS de type militaire. Première étape, décider du contexte historique. Réfléchissez-y quelques minutes, et intégrez à ce brainstorming les contraintes évidentes pesant sur un projet vidéo-ludique tourné vers un marché mondial et globalement grand public. D’emblé, les conflits anciens sont éliminés pour cause d’armes inadaptées : le corps à corps est encore mal exploité pour cause de self awareness balbutiante, les premières armes à feu étaient imprécises et chiantes à charger. Même ce bon vieux Lebel, mis en service en 1886 et équipant la glorieuse armée française dans les tranchées boueuses de la première guerre mondiale ne fait pas vraiment une bonne arme de base d’un FPS, avec son magasin à tubulaire accueillant très lentement huit pauvres cartouches, et ce sans même évoquer les maigres possibilités de gameplay offertes par des manœuvres aussi passionnantes que « je regarde l’allemand dans sa tranchée, il me regarde, puis l’un des deux charges, on se fait tailler en pièce par les mitrailleuses, et hop, dix mètres plus loin, on recommence ». A la limite, comme logiciel éducatif à vocation pacifiste, et encore. Sautons la WW2 pour s’intéresser à ce qui se passe ensuite. Ici, point vraiment de grosses contraintes de gameplay : l’équipement se modernise à grande vitesse, les armes se rapprochent très vite des standards du FPS, même non militaire, suivez mon regard vers ce bon vieux AK47. Pas tellement de problème de tactique non plus, à part quelques conflits assez peu terriens, y’a de quoi faire niveau chair à canon. Non, le gros problème des guerres diverses passée la Seconde, ce sont les implications politiques. Imaginez ce que donnerait, dans la presse, un jeu ayant pour cadre l’Indochine ou la guerre d’Algérie, pour reprendre deux conflits français. Entre les anciens combattants toujours vivant, les accusations variées encore planantes (torture, crimes de guerre, terrorisme), le potentiel poudrier serait bel et bien explosif. De plus, ces guerres coloniales, les américains s’en tapent un peu. Reste enfin le Vietnam, qui bénéficie de sa grande popularité, d’un niveau d’intensité assez élevé. Longtemps desservi par les moteurs graphiques (il était plus facile de rendre les ruines de Stalingrad en deux couleurs que la jungle vietnamienne), il reste politiquement délicat (n’oubliez pas qu’américain, votre père aurait pu avoir fait cette guerre) et beaucoup moins woot que la WW2 niveau gameplay.
La WW2, c’est une pile d’avantages précieux pour un développeur :
- Les méchants ont été clairement identifiés par l’histoire (écrite par les vainqueurs). Personne ne viendra défendre les nazis et les japonais.
- Les gentils ne sont pas qu’américains, ce qui permet d’éviter les accusations type « vous êtes recruteurs pour l’US Army ».
- Ça s’est fritté un peu de partout, possibilité de varier les plaisirs, des îles du Pacifique au désert d’Afrique du Nord en passant par les plages normandes.
- La WW2 a été un laboratoire d’innovations ouvrant pas mal de situations pour le joueur : sniper, membre d’un commando, espion infiltré, chair à canon, artilleur…
Au fond, le joueur exigeant devrait se réjouir d’un FPS militaire prenant pour cadre la WW2. C’est l’assurance, avec des développeurs de talent, de passer un bon moment. Tout le problème, c’est le « talent », pas le choix initial de développement. Regardez les pauvres mecs qui ont fait Modern Warfare. Ils se font chier à inventer un conflit alternatif qui n’intéresse pas grand monde, à rendre crédible l’incarnation d’un fantassin à l’heure des missiles intercontinentaux, des avions supersoniques et des chars blindés d’électronique embarquée, et ils finissent par se faire traiter de fachos militaristes et racistes parce que leur méchant russe a un air de Ben Laden… ça vaut pas le coup de se faire chier à innover sur le background.
Sur la charte morale de l’Otaku

C’est une fausse bonne idée. Dés qu’un ensemble de lois se met à prévoir des exceptions, il devient facilement contournable. Un matière de téléchargement, l’unique règle claire que devrait s’imposer l’otaku vraiment honnête est « jamais ». Pourtant, à ma connaissance, aucun otake ne suit cette éthique : l’argument de la non commercialisation en France d’une série fraichement sortie au Japon ne tient pas. De nos jours, il n’est guère compliqué d’importer un DVD. Bien sûr, cela implique d’une part d’apprendre le japonais (et, franchement, un vrai passionné qui se respecte se devrait de l’apprendre, quelles que soient les difficultés propres à cette langue, tant le biais propre à toute traduction déforme le propos des œuvres) mais, surtout, acheter tout épisode à priori, sans le pirater auparavant. Quand on sait que beaucoup, sur blogchan, regardent presque tout ce qui sort, au moins le season premiere, on comprend que c’est hors de portée de leurs bourses, d’où une situation systématique d’ambivalence morale. Pour cela, je serais tenté de dire : « que celui qui a toujours acheté TOUT épisode regardé en téléchargement jette la première pierre au gamin qui se gave de fansub Naruto ». Le narutard peut dormir tranquille…
Sur GTA IV
GTA IV est au JV ce que Citizen Kane fut au cinéma (tout comme Bioshock serait Metropolis).
Sur Neverwinter Night 2 et The last Remnant
Oui, à priori les deux jeux ont à peu prêt autant en commun qu’un lecteur du courrier international avec un narutard. Pas sortis aux mêmes dates, reliés par une étiquette « RPG » dont tous le monde sait qu’elle est grosso modo aussi vide de sens que le programme frontiste d’idées. Pourtant, enchainer quelques heures sur l’un puis l’autre, à quelques jours d’intervalle, m’a permit de réaliser un truc ‘achement inintéressant : ils représentent chacun l’archétype du RPG AoC, occidental et nippon, avec tous ce que les deux genres ont de bon et d’affreusement mauvais. Deux RPG « moyens », deux faces d’un même genre.
A ma droite, Neverwinter Night 2, à l’origine un fantasme pour roleplayer (un kit de création d’aventure très développé, pour retrouver les sensations du jeu de rôle sur table), à l’arrivée, une aventure solo basique, illustrant théoriquement les possibilités du kit. Déjà, on pourrait chipoter sur cette manie de faire créer le contenu aux joueurs, mais surtout quand on voit ce que des pros en tirent… NwN 2, c’est l’éternel retour des règles de D&D, qui puaient déjà du cul quand j’étais gosse. Des tas de jets de dés inutile, des tonnes de règles chiantes, pour aboutir à un truc tout sauf réaliste, contrairement à l’excellent GURPS, par exemple. Transposé sur informatique, cela donne généralement des combats aussi passionnants qu’une après midi dans une maison de retraite, phénomène constaté sur Baldur’s Gate 1 et 2. Plus précisément, c’est dans les premiers level que les combats sont le plus pénibles, que ce soit avec un guerrier asthmatique ou un magicien trisomique. Neverwinter Night 2 est constitué d’une interminable série de combats nazes portant une vague histoire vue et revue. Les addons ont bien tenté de faire dans le RPG de qualité, à grand renfort de skillcheck, ce qui ne suffit pas à passer outre la nullité du système D&D. Rien de plus con qu’un jet de charisme pour déterminer si le garde réagit de manière favorable ou non à une phrase lambda, comparé à l’intelligence d’un Fallout qui étalonnait les possibilités de dialogue en fonction de l’intelligence du joueur. Ici, un magicien avec une sagesse et un intellect au niveau des dieux ne pourra convaincre qui que ce soit à cause de sa calvitie précoce et de sa voix de fausset. D&D, royaume des apparences. Toutefois, l’aventure se joue sans grand déplaisir, du moment qu’on maitrise les arcanes cheatées du système de combat full of failles et qu’on ne s’attend pas à des dialogues ou un scénar de haut vol.

A ma gauche, The Last Remnant, qui donne l’impression que les niaks investissent 40% de leur budget dans le chara design, 40% dans le système de combat et le reste dans des bols de Ramen. Là, au moins, on ne se fait (pas trop) chier pendant les dits combats. Le studio a pondu une énième variation du fight au tour par tour, en y ajoutant une pincée de tactical et une réalisation plutôt dynamique. Ma foi, c’est assez frais et agréable, surtout quand on sort de NwN2. Par contre, il faut se taper le défaut rédhibitoire de 99% des jeux japonais : un chara design complètement émo, avec des héros homosexuels et fades. Une heure en compagnie du petit brun et du grand blond vous donneront envie de balancer tous vos Clamp à la poubelle. Autre connerie récurrente chez nos amis nippons, leur incapacité à innover sur le plan narratif. Quand l’homme blanc a découvert, avec Half Life, qu’on pouvait raconter une histoire via quelques scripts pendant le jeu, voire avec System Shock via des enregistrement audio, qu’on pouvait aussi laisser le joueur répondre aux questions, donner son avis, bref, s’impliquer dans l’univers, monsieur bridé continue à raconter une histoire comme dans un film merdique, via de longues séquences de dialogues rendues insupportables par l’émo-attitude du zéro et la nullité crasse du scénario, variante de « sorry, another castle ».
Résumons : deux jeux bien symptomatiques des défauts classiques hérités de leurs origines respectives. Foutre dans NwN2 le système de combat de TLR en ferait presque un bon jeu.
Sur Dawn of War 2
Dawn of War 2, c’est comme les premières relations sexuelles. Sur le moment, on est vachement content, mais à y réfléchir avec du recul, ça cassait pas des briques.
Sur Internet (insérez ici citation de 1984) (serious business)
La petite histoire sur Bellandy ouvre des perspectives amusantes. Imaginez, nous sommes en 2030, et son fils, jeune adolescent de 14 ans, fait un tour sur googlearchive, le dernier service surpuissant de Google, entreprise nationalisée par le gouvernement US en 2010. Il y retrouve les photos de sa mère habillée en cosplay Code Geass ou se promenant en soutiens gorge. Pas top crédibilité. Mais il y a pire. Imaginez, toujours en 2030, les enfants de Maud, si, si, celle du « grand frère » (si vous ne savez pas qui c’est, OUBLIEZ), découvrent que leur mère taillait des pipes à des racailles quand elle avait 14 balais, avant d’aller pleurer sur TF1 (dispo sur le site de l’INA). Encore moins top. On pourrait en citer, des exemples, des camgurls en passant par les users lambda des réseaux sociaux.
Internet est en train d’empiler des gigaoctets de pur FAIL. Le Fail de nos parents, ou même celui de ma génération, reste cantonné à des films que plus aucun appareil ne peut lire. Le Fail de la génération actuelle est gravé dans l’immortalité numérique. Alors pensez-y avant de foutre vos photos « soirée ricard » sur Facebook ou de vous inscrire au groupe « j’aime me branler sur mon daki », sans même compter sur votre meilleur pote qui poste une photo de votre penis ridicule sur myspace. Internet n’oublie rien, et si vous ne voulez pas entendre votre fille un jour vous demandez « dis, papa, pourquoi y’a une photo de maman avec de la mayonnaise sur la figure sur l’ordinateur », faites gaffe.


