Les 24 heures de l’Otaku
C’est un midi comme les autres, et l’Otaku est réveillé par la sonnerie de son réveil mp3 sony, l’opening de la dernière série de Kyoani. L’Otaku écarte son daki Gundam pour se trainer lentement jusqu’à son PC Toshiba : il doit consulter les commentaires du matin sur son blog, il a posté la veille un résumé passionnant de 500 mots sur le tout dernier épisode de la série suscitée. Regardé en Raw, Japonais non sous-titré. L’Otaku ne comprend pas le japonais, il maitrise juste un vocabulaire d’une cinquantaine de mots, lui permettant de héler ses amis d’un konichiwa ou d’appeler son professeur de japonais sensei. Pas qu’il le mérite, les professeurs de sa licence de langues orientales sont nullissimes, ignorant tout du japonais moderne tel que traduit dans ses nombreux manga. A sa droite, entre son futon et son bureau, une superbe vitrine suédoise (difficile de trouver une vitrine japonaise en France) porte avec fierté sa collection de goodies et figurines. La dernière, l’héroïne de l’anime déjà mentionnée, il l’a décrite dans son blog comme « très dynamique », illustrant son article par de nombreuses photographies prises avec son appareil numérique Canon. « Admirez le travail sur le pantsu » légende l’une d’elle. Pantsu fait partie des mots qu’il connait bien, ces nazes de professeurs n’aiment pas. Un coup d’œil à sa montre Seiko, et l’Otaku s’en va rejoindre ses amis à sa boutique préférée, comme le lui indique son portable, . Il ne les a pas quitté depuis longtemps, ils ont débattu toute la nuit sur Evangelion : qui de Asuka ou Rei a les plus gros seins, Mogudan Exclu ? Ces connards d’Ayanamistes soutenaient qu’elle en avait plus qu’Asuka-san. Conneries, grommèle-t-il en enfilant son tshirt Bakayaro.
(Petit interlude humoristique : )
Quittant son appartement sans même un coup d’œil au superbe poster Bleach décorant sa porte, l’Otaku emprunte le métro pour rejoindre la boutique, située à 10 minutes à pied. Faut vraiment qu’il se paye cette Toyota Yaris, avec un bon équipement audio Yamaha il pourrait même écouter de la bonne J-pop en allant au magasin. Arrivé, a l’intérieur, ses amis ne sont pas là, mais il connait très bien le patron et est amoureux secrètement de la petite vendeuse kawai. Elle sort avec un Vietnamien, la salope, et porte des socquettes et une jupe plissée qu’on croirait sortie de GTO. De quoi fap fap ce soir. Il mate les nouveautés manga sans enthousiasme, et zieute les figurines avec plus d’attention, quand Ekusas-kun et Roy Mustang entrent. Ses meilleurs amis, il ne connait même pas leur vrai et moche prénom. Ekusas est petit, cheveux long et barbu. Roy est grand, cheveux long et barbu. Il pue la clope, des Camel, possédé par la Japan Tobacco. Lui-même n’est pas barbu, il ne peut pas, un point commun avec le japon. Sa grand-mère lui disait toujours que sa quadrisaïeule était une vietnamienne ramenée par son ancêtre des colonies : ses gènes ressortent sûrement en lui ! Ekusas exulte, il a passé la nuit à chatter avec une japonaise anglophone sur Aion. Ce veinard a pu l’importer d’Asie, et son ange elfique donne un nouveau sens au mot kawai. Voilà donc pourquoi il ne prêtait que très peu d’attention à leur débat passionné. De toute façon, il est plutôt Haruhiste et n’aime pas trop Eva. Comme le magasin, c’est un peu la glande, ils se rentrent en métro chez l’Otaku, se faire une petite partie. Pas moyen de les trainer au cinéma voir le dernier film du génial Miyazaki. Ces cons l’ont déjà vu huit fois en Divx. Pourtant, cette histoire d’une jeune fille handicapée découvrant un village de druides raton-laveur parlant, préservant une forêt au milieu d’un monde apocalyptique dévasté et luttant contre de diaboliques trolls pollueurs venus d’une dimension parallèle (invoqués par un machiavélique magicien professeur d’histoire) semble génial, comme tous les films du maître et le cinéma japonais en général.
Quinze minutes pour décider du jeu. Shinki-kun les a rejoint, et ce con a même proposé de brancher la 360 qu’il a acheté pour attendre la seule, l’unique, Playstation 3. Finalement, pas de Metal Gear Solid 4, pas de Final Fantasy, pas de Street Fighter 4 mais ce vieux yakusa 3. Bon, quand même bien yatta!!! de jouer un mec de la mafia japonaise. N’empêche qu’un moment, il a bien pensé fracasser le crâne de Roy avec son Katana ou son Shinai. Merdeeee, plus d’un mois que l’Otaku n’a pas mis les pieds au Kendo, il ne pourrait jamais avoir le droit de porter le bogu comme dans Bamboo Blade. Cinq heures après, la partie et le jeu se terminent. Pas mal quand même son LCD Hitachi 1080p. Ces gros squatteurs s’invitent à bouffer. Comme ils sont raides, impossible de commander des sushi (quelle chance ont les japonais d’en manger tous les jours), alors ils se font cuire du riz dans l’autoclave importée spécialement de là-bas. Le riz cuit comme ça est bien meilleur, les Gaijin sont vraiment des barbares.
Enfin, ils se sont cassés. Un petit tour voir ses commentaires, puis deux heures d’animés à regarder et résumer pour son blog. Si bien qu’à la fin, dernier article posté (il est le premier de l’aggrégateur à en parler, YATTA !), le jour pointe et l’heure de se coucher aussi. Faut se reposer, surtout avec la Japan Expo dans moins de deux semaines et son costume pas terminé. Se glissant dans ses draps, l’Otaku se touche doucement en pensant à la vendeuse, mais la vendeuse version animé. 2D quoi. Après avoir déchargé sur son daki, il s’endort, son dernier regard pour a figurine géante de Solid Snake piquée dans un Micromania. Kojima, quel dieu.



