Se faire un Baldur’s Gate en 2009

Les oldies, c’est le bien, un peu comme les classiques en littérature. Pourquoi payer très cher une nouveauté quand aussi bien, et souvent mieux, a été fait par le passé ? Hélas, souvent les vieux livres souffrent d’un style suranné qui peut s’avérer un peu dur à assimiler, les vieux jeux vidéo sont desservis par des graphismes d’un autre âge. Avec l’expérience, j’ai remarqué que tous les oldies ne sont pas aussi chiant à jouer à cause de leur réalisation. D’une manière très générale, les jeux en 2D sont plus lisibles que bien des jeux 3D des premières générations. Essayez un peu de vous refaire un Interstate 76’, vos cornées risquent de fondre. Le principal problème qui se pose pour les oldies 2D, c’est la résolution. Avec l’inflation délirante de la taille de nos écrans et des jeux programmés en SVGA, l’alternative est une minuscule fenêtre ou un plein écran avec des pixels énormes. J’ai pu récemment refaire Planescape : Torment, et ce fut une épreuve visuelle, malgré tout l’amour que je porte à ce jeu. Dans le cas d’un vétéran redécouvrant un jeu déjà terminé, l’amour peut masquer les défauts physiques. Si par malheur vous désirez rattraper un jeu que vous aviez manqué parce que trop jeune ou trop con pour l’acheter à sa sortie, votre œil sera moins généreux.
Après Torment, je me suis donc relancé dans Baldur’s Gate, brouillon du sublime Baldur’s Gate 2. Le premier était un petit jeu développé par un studio alors inconnu, le second fait suite à la gloire engendrée par le succès. Le premier est technologiquement à la ramasse (superbes graphismes 2D… en SVGA), le second permet de monter en résolution (le 800×600 est supporté officiellement, mais, si « vous avez un matériel très puissant », rien n’empêche de monter. Autant dire qu’aujourd’hui, le matos puissant, c’est une rigolade). Eviter de perdre deux dixièmes à chaque œil valait une petite recherche, fructueuse. Histoire que vous situiez le problème, voilà un screen de BG1. Passez le en plein écran pour constater l’horreur. En windowed, ce screen fait la taille de la fenêtre. Oui, ça fait peur.
Baldur’s Gate 2 utilise la même technologie que Baldur’s Gate 1, avec un moteur évolué mais semblable. De gros malins ont donc eu cette idée géniale : utiliser la techno de BG2 pour faire tourner BG1. Pour cela, vous devez posséder les deux jeux (disponibles pour une misère), les installer et télécharger Easytutu, qui se charge de tout. Non seulement cela met à jour le jeu avec les règles plus évoluées du second, une interface plus discrète, mais en plus ça vous permet de passer en 1024×768.
Pas trop mal, mais pas suffisant. Ajoutez le Widescreen Mod et BG2 tweak, et là, vous jouez en 1280×1024, avec l’intégralité des règles à jours, des patchs, divers tweaks. Ca donne ça, en esperant que vous avez un écran correct.
Sympathique non? Je dois encore trouver comment repousser un poil le fog of war. Le jeu, une fois moddé, devient très agréable à regarder. Alors si vous n’avez jamais joué à ce monument, n’hésitez pas : les deux volumes et leurs deux add-ons vous occuperont une centaine d’heure pour même pas cent balles.


