Le seul shôjo que je lis.
Pour la première fois, je te salue lecteur. Ou peut être lectrice. Peut être, j’ai dit.
Pour mon premier article sur Soviet Voice je vais faire une rapide présentation de ma personne. Mes parents, pas particulièrement sympa sur ce coup là, m’ont filé un prénom un peu trop random, j’ai donc fait mon gros rebelle comme tout le monde et je me suis choisi un pseudo qui fait bien quand on le dit, et j’ai essayé de calquer ma personnalité dessus. Bon, ça marche plus ou moins. Reste qu’il faut m’appeler Putois Putassier. C’est comme ça.
En fait, parler de moi, je le ferai de manière détournée dans mes articles, donc je vais en rester là. Tu comprendras ta douleur, mais avec le temps.
Passons au sujet du jour.
Ouais!!!
Merci pour ton enthousiasme lecteur. Mais tais toi et écoute.
Je vais te parler du seul shôjo que je lis.

Quand la joie donne l’air stupide.
Ça s’appelle Lovely Complex. Et c’est bien.
Possible… Mais ça parle de quoi?
D’un gars pas grand et d’une fille pas petite. Et ils ont les mêmes goûts. Et tout le monde s’arrange pour qu’ils soient toujours ensemble. Et c’est à peu près tout.
Et ça c’est bien?
Dis comme ça, forcément, ça n’a pas l’air de guérir le cancer. D’ailleurs ça ne guérit pas le cancer. Mais reste que c’est bien. Pourquoi? Parce que c’est drôle. Pas drôle comme du Owada, mais drôle quand même. Et le reste (dessin, scénario, design) reste correct. Donc ça donne un truc cool. Pas bouleversant. Mais agréable.
Allez je creuse un peu plus, parce que là je fais dans le vague.
L’auteur base son histoire sur le couple Koizumi (la fille d’1m70) et Ootani (le mec d’1m56). Si tu n’es pas la honte de l’éducation nationale et que tu as bien lu le début de l’article, tu as compris qu’Ootani est plus petit que sa future copine (c’est pas du spoil, c’est un shôjo je te rappelle!) et que c’est pas top.

Tu vois, elle est plus grande. Même si Ootani triche. (D’habitude les casquettes c’est pour cacher la calvitie, non?)
(Tu me diras, c’est toujours mieux que des talonnettes.)
A partir de ce point de départ qui est un peu marrant, mais qui n’offre quand même pas des possibilités extravagantes en terme d’innovations scénaristiques (on est toujours dans du shôjo, hein!) Aya Nakahara met en place ses personnages principaux.
Dans le coin rouge: Koizumi. Pas très maligne, plutôt jolie mais ne l’exploitant pas vraiment, complexée par sa taille (surtout à cause de celle de son partenaire au final), fan de jeux vidéo et aussi sérieuse que Togashi est productif. Et elle a un joli répertoire de grimaces.
Dans le coin bleu: Ootani. Pas très malin, plutôt joli et qui ne gâche pas son potentiel, complexé par sa taille, aime le basket (il fait 1m56 pour rappel) et est plutôt sérieux.
Niveau caractère ils sont assez opposés. Koizumi est plutôt gentille, Ootani… c’est une tsundere, mais avec un pénis. Bon il n’a pas les manières de princesse mais il est plutôt rude. Et a un bon fond. (En fait ma comparaison avec une tsundere n’est pas top, mais j’avais trop envie de placer cette expression. Si tu veux en savoir plus sur Ootani, lis le manga!)
Les personnages secondaires sont sympa mais pas transcendants (leurs meilleurs amis sont en couple par exemple… J’aime bien Nakao le meilleur pote d’Ootani, mais c’est un cliché sur pattes: sympa, aime se déguiser, amoureux transi de sa copine: tu as compris l’idée.) bien que certains se démarquent comme le grand père de Koizumi dans les tomes 13 et 14.
Niveau scénario, place à la légèreté. Même dans les moments un peu tendus, elle ne tarde pas à pointer son nez. On évite le drama continuel et les situations abracadabrantesques pour se concentrer sur ces détails de la vie de tous les jours avec cette légèreté. Et tu vois, ça fait du bien. Ici pas de voyage dans le temps et de ninja ridicules mais des problèmes normaux, ou au pire un peu triviaux.
Et puis. Et puis, il y a l’humour. Léger, dans l’esprit du truc. Pas de gros gags mais des tas de petits assez rarement ratés. Le meilleur est basé sur des montées tragiques suivies d’une vanne qui t’oblige au minimum à sourire. Bon, moi ça m’éclate, mais il faut le savoir, question humour je bouffe à tous les râteliers. Note aussi que le dessin est puissant dès qu’il est question d’humour. C’est vrai que ce n’est pas la chose la plus compliquée à retranscrire. Mais ça reste efficace. Je te signale aussi que le design est agréable. Pas surchargé en guimauve, assez cool. Certes il y a utilisation importante de trames avec des paillettes. Mais tu vois, ça reste un shôjo (ah? T’as compris?).

Koizumi et Ootani aiment l’humour!
Bilan: Lovely Complex ça donne dans le cool, dans le léger, dans le fun. Sa force c’est son ambiance.
Et je me souviendrais toujours de ma rencontre avec ce titre. Je suis au Furet du Nord, je glande un soir après le taff, il fait noir dehors et il fait froid. Et là je tombe sur le tome 1 de Lovely Complex. Première impression, ce n’est pas moche. Je lis quelques pages. Je ris. Et encore une fois. Et encore. La vendeuse me sourit, faut dire qu’un mec dans la moitié de la vingtaine qui se marre devant un shôjo elle ne doit pas voir ça tous les jours. Donc je l’achète et un an plus tard environ, je fais un article pour que toi aussi tu succombes à la tentation.

Koizumi: Bah quoi?
Ootani: Il ne parle ni de l’anime, ni du drama…
Les autres: T’es lourd. Il ne les a pas vus.


