Quatre extraits dans un sachet.
Un article pas mal méchant. Un article qui casse des trucs faciles à casser. Et en plus, il y a un concept ! T’es vernis.
Un matin. Je fais mon ménage hebdomadaire (ce qui est un énorme progrès, par rapport à mon ancien rythme qui devait tourner autour du bimensuel… voire pire.) et je me rends compte qu’un des sachets m’ayant servi à transporter mes manga depuis la boutique est un peu trop lourd pour un un bout de plastique. J’ouvre et découvre 4 livrets contenant chacun le premier chapitre d’un manga nouvellement en publication (soit 20 pages environ).
OK. J’ai mon idée d’article !
Pour toi qui n’a pas suivi, le principe c’est une critique basée sur le premier chapitre qui sert donc d’extrait promotionnel à une série. J’ai à ma disposition quatre petits livrets, donc quatre critiques pour quatre manga.
Samouraï Usagi:

Un jeune samouraï est contraint de perdre un match (pas au sabre, au shinai, parce que sinon, il finit sa vie en même temps que le match et pas de manga) contre un noble. Il décide alors de monter le plus grand dojo de la ville.
Ouais, le principe de causalité en prend un sacré coup là. (bon en fait en cherchant deux secondes on comprend qu’il veut être reconnu et que comme il est de basse extraction, il ne pourra pas compter sur l’appui d’un seigneur. Il doit donc monter son dojo. Mais tout cela n’est pas vraiment expliqué et m’est avis qu’il y avait foultitude d’autres moyens.)
Niveau design, le héros ressemble à Ed de FMA, d‘ailleurs il a 15 ans. Il a une femme qui n’est encore qu’une gamine. Du moins qui ressemble à une gamine (et il lui manque une dent…soit elle est battue, soit elle est vraiment jeune). Et qui est passablement débile => elle pense sérieusement que les lapins s’entraînent dur pour sauter jusque sur la lune…
A première vue, ça ne casse pas de briques. Un shonen d’action avec de l’humour basé sur un personnage profondément timbré. (Mais qui sert d’exemple au héros quand il perd courage…) Le dessin est banal à un niveau qui relève du crime mais techniquement parlant j’ai vu bien pire.
Résultat: pas envie de lire la suite. C’est insignifiant.
Bamboo Blade :

Un prof s’occupe du club de Kendo. Mais il est assez peu motivé. Voire pas du tout. Il n’a plus une tune et ne pense qu’à trouver un moyen d’économiser. En plus il n’y a que deux membres dans son club. Deux filles. Une qui ne vient jamais. Et la capitaine… (qui est toute seule, donc.) Et puis un de ses amis, lui lance un pari: si son équipe féminine de Kendo arrive à battre celle de son ami, celui là lui garantit un an de sushi gratuit dans le resto de son paternel. Du coup, le prof est motivé. Mais dans sa recherche d’élèves capables de faire de bons kendoka (féminin obligatoirement) il tombe sur un prodige et retrouve le goût pour le Kendo.
Tout ça en 20 pages. La suite sera sûrement très vide à côté.
le dessin est banal à un niveau qui relève du crime, encore. Le design en lui-même est plat. Techniquement c’est franchement très moyen.
Ça m’a fait rire. J’avoue. L’ambiance est plutôt sympa. Mais le reste (scénario bateau, design convenu, dessin pauvre) est franchement trop bas pour que j’investisse dans cette série. On verra si c’est vraiment drôle dans quelques tomes.
High School Samuraï :

Un ado débarque dans un vieux dojo pour apprendre le Kendo. (ENCORE !)
J’aurais du m’en douter. Rien qu’à la démesure de la poitrine de l’héroïne. J’aurais du m’en douter avec ce plan dès la 6e case cadrant un sein de côté. J’aurais du m’en douter quand le personnage principal a commencé à s’imaginer son interlocutrice à poil.
Mais c’est avec le passage sur le héros qui veut « combattre ses pensées impures » que j’ai compris et avec le plan sur un culotte juste en dessous. Un harem manga…
* Facepalm *
Et pas un fleuron du genre ! On a le droit à tout ce que je déteste dans ce genre. Des filles qui se baladent à moitié à poil dans le couloir mais qui sont pudiques, des filles qui se cognent et font voler une petite culotte sur la tête du héros et des filles qui chutent et qui en tombant atterrissent sur le héros, la culotte bien en vue (avec soulignement des lèvres, j’entends. Celles du bas. Oui.). Et bien sûr elles sont toutes sœurs ! A noter que celle qui fait tomber une culotte est une gamine en CM1 et que sa position est franchement limite. Avant on avait le droit à du fan serv graveleux, après on a eu le droit à du fan serv graveleux on ne va pas essayer de me faire croire en l’innocence de la position de cette gamine. C’est même pas limite, c’est pitoyable. Le gars qui a dessiné ça est vraiment un auteur de merde pour ne pas savoir attirer l’attention autrement qu’en nous servant de la loli.
Attention, j’aime le fan serv. J’adore Yoko. Mais quand il n’y a QUE du fan serv, qui plus est quand il est de si mauvais goût, quand en plus on a le droit à tout les clichés: petite poitrine, grosse poitrine, intermédiaire, loli, fille apathique à la Rei (j’ai plus le terme en tête là, y en a un au moins… doute.), tsundere, plus tous les clichés de situations que j’ai déjà cité, j’ai juste envie d’aller trouver le dessinateur et de lui couper les deux mains. OUI. LES DEUX. On ne sait jamais, les ambidextres ça existe.
Bref, on arrive à cette dernière case de l’avant dernière page qui m’a fait sortir en courant nu et en criant que la vie n’avait pas de sens et que les humains devaient mourir: Rentre la fille du début celle avec sa poitrine irréelle qui voit donc cette scène: la gamine pleure encore (pourquoi elle pleure au fait ? Parce qu’elle s’est cognée ? Parce que le « héros » a une des culottes lui appartenant qui a volé au gré d’un hasard de folie sur sa tête ?), la fille qui était en sous vêtements est encore en sous vêtement (!) et tape le personnage principal avec un balais tandis que ce dernier a les mains sur les fesses de l’apathique qui s’en fout et reste allongée sur le dos, les jambes en l’air et les fesses couvertes, donc, par les mains de ce personnage principal qui s’est pissé dessus parce qu’à la base il était rentré dans la maison parce qu’il cherchait les toilettes (oh? Serait-ce ENCORE un cliché ?).
Je noterai juste que le personnage principal en question est complètement en sang suite à un fort épanchement nasal qui tendrait à impliciter une érection, me semble-t-il. Or uriner dans cet état c’est compliqué.
Mais ce qui m’a achevé (là j’ai carrément déchiré ma peau.) c’est la toute dernière case, je cite la sœur aînée (celle à la poitrine surdéveloppée, normal, c’est l‘aînée !) : « Je n’imaginais pas ça de Yoichi. Serait-ce un accident ? »
* Facepalm² *
Ah oui, j’oubliais ! Tu te souviens de ce passage drolissime dans School Rumble où Harima, à poil car ne trouvant pas son maillot de bain et s’amusant à prendre des poses viriles au lieu de le chercher est surpris dans son plus simple appareil, donc, par Eri. Il se jette alors sur elle pour l’immobiliser et la maîtrise. Il tente de la calmer mais la fait encore plus flipper. Arrive alors Akira qui reste circonspecte (même si ça ne se voit pas trop, c’est Akira quoi) puis qui tape sa paume de son poing au son d’un « J’ai compris » et d’enchaîner (à peu près je n’ai plus les mots exacts en tête): « Tu cherchais ton maillot de bain, mais tu ne l’as pas trouvé, c’est alors qu’Eri est entrée. Ayant peur qu’elle ne crie et ne te fasse passer pour un pervers tu l’as immobilisée ». Et Harima en pleurs d’hocher la tête. J’ai pleuré de rire sur cette scène. Vraiment.
Alors quand j’ai vu la redite en version premier degré dans ce manga, ce sont de honte que mes larmes ont coulées. Alors oui, je sais, les harems manga ce n’est pas vraiment premier degré, c’est l’art (sic) de mettre les personnages dans des situations compromettantes et de faire des quiproquos. Mais je ne goûte vraiment pas à ça. Et puis c’est présenté de façon très premier degré malgré le ridicule de la situation.
Le décalage entre l’univers complètement perverti du manga et cette innocence des personnages qui veulent « lutter » contre leurs mauvaises pensées, qui ne veulent jamais toucher mais qui touchent toujours, et dont les personnages féminins sont toujours purs (Le plaisir est dans le fait de salir ce qui est pur…) ce décalage passe très mal. (J’aime les trucs pervertis dans une histoire qui l’assume. Genre Homunculus.)
Niveau dessin c’est mieux que les autres. En fait il y a une légère ressemblance avec le trait d’Ohkubo (Soul Eater) ou Katsura (I’s; Zetman)… Ah… en fait ce sont les personnages qui ressemblent… plus que le trait.
Bref: Un auteur qui aurait du continuer à faire des hentai (Je suppose qu’il vient de là…). Un manga qui aurait du rester au Japon. Voyons voir ce que le dernier me réserve, vite !
Kilari :

OMG ! Premier choc le dessin. On dirait vraiment un de ces manga destinés aux enfants. Les yeux sont au delà de l’énorme ! Sérieux, ils font la moitié de la taille de la tête, cheveux compris !
L’histoire, quand même : Kilari est mignonne. Très mignonne. Et puis elle aime bien manger. Et elle sauve une tortue sur un arbre et rencontre un garçon avec des lunettes qui est trop super mignon sans ses lunettes. En fait c’est une idole (mais une idole masculine) même si ce n’est pas encore dit. Il fait parti d’un duo. Et elle rencontre le deuxième membre sur la dernière page.
En fait, on n’a pas encore confirmation quant à l’identité des deux mecs, mais c’est certain. On se demande même l’intérêt de le « cacher », tant ça se devienne à trouze milles bornes.
Ce titre est une bouse. Une bouse ignoble. Ce genre de chose qui méritent qu’on les brûle. (Comme les enfants au brésil.)
On devine que Kilari va devenir une idole puisqu’elle est TROP MIGNONNE comme on nous le répète tout le temps. (Ce qui se comprend, si on ne me l’avait pas dit je n’aurais pas deviné) Elle est déjà amoureuse du gars avec ses lunettes, qui est le gentil, et sera probablement troublée à cause du deuxième membre qui sera plus rude, mais qui sera aussi amoureux d’elle. Et elle fera des trucs d’idoles. Mais à sa façon.
Bref, c’est un personnage cruchot, stupide, sans une once de culture générale et qui ne rêve que de son prince charmant. Les autres persos ne sont pas mieux lotis, entre ses deux copines qui sont TROP FAN de chips (le duo d’idoles avec des chromosomes Y) et le premier de ce duo qu’on a pu croiser qui est gentil.
On rajoute un dessin… euh comment j’explique cela…on dirait du SD continuel. Sauf qu’il y a des moments avec du vrai SD. C’est un shôjo, donc forcément plein de fleurs, étoiles, paillettes, toussa. Et niveau mouvement c’est carrément mauvais. Dès qu’un personnage fait autre chose que ne pas bouger, ça devient incompréhensible.
On dirait un manga pour enfant niveau dessin et ton. Je l’ai déjà dit et je le répète. Et pourtant son chat lui dit (oui, son chat): « C’est pour ça que tu n’as toujours pas de petit copain à ton âge ».
Wait ! A ton âge ? Elle a 14 ans ! 14 ans ! Elle irait vers la vingtaine ok pour le « à ton âge ». Mais 14 ans quoi ! Et elle ne les fait clairement pas !
C’est complètement neuneu. Pas mignon, ni léger, non, débilitant.
Mais je me suis dit que peut être c’était volontaire, pour faire passer un message, ou je ne sais quoi. Et puis j’ai lu le commentaire de l’auteur en fin de chapitre…
« L’idée (sic) pour Kilari m’est venue dans le train, après que j’ai envoyé les dernières pages de ma série précédente (1) « Je veux être adulte ! » J’ai eu soudainement envie d’écrire l’histoire d’une fille mignonne dont tout le monde lui dit qu’elle l’est. (mignonne). (2)
Ensuite j’ai fait le lien entre « mignonne » et « idole », (3) et j’ai su que c’était ça qu’il me fallait !
C’est pour cette raison que c’est devenu un manga sur les idoles. J’ai beaucoup de plaisir à réfléchir aux costumes d’idole de Kilari ♥ (quoique de temps en temps, je n’arrive pas à trouver et c’est terrible…). (4)
Par contre, c’est vraiment difficile de réfléchir aux costumes d’idoles de SHIPS. Déjà que je n’aime pas beaucoup dessiner les garçons… (5) Alors en plus quand ce sont des idoles…(c’est dur !) (6)
Au fait je n’ai pas de modèle particulier pour les SHIPS, (7) vu que je ne connais rien en idoles. (8) Si vous voulez vous pouvez me dire quelles sont celles qui ont du succès autour de vous ! Ça m’aiderait beaucoup ♥ »(9)
1 : Où l’on comprend que la gestation de cette série fut longue et pénible.
2 : Où l’on comprend que l’auteur ne l’est pas. (mignonne)
3 : Heu… c’est moi ou une idole c’est quelqu’un de beau, ou sexuellement attirant. Pas vraiment « mignon » quoi.
4 : « C’est terrible… » wow ! Révélations! Scoop ! Viens toi aussi lire les réponses aux mystères du monde entier.
5 : Bah oui, les garçons c’est sale et c’est bête. Je n’ai plus vraiment de doutes là, elle se croit encore en primaire.
6 : Le retour du scoop !
7 : Et ça se voit, vu le design passe partout.
8 : Attends… me dis pas qu’elle fait un manga sur les idoles, mais sans avoir fait de recherches, sans même connaître le sujet ! Wow ! Quand même ! Et si elle faisait son boulot sérieusement pour changer…
9 : …et si vous dessiniez le manga à ma place, ça serait sûrement mieux.
Et enfin:
10 : Oui, je sais je n’ai pas mis de numéro dix, mais c’était con de finir sur 9. Donc le 10 sera le bilan. Je ne sais pas pour toi, mais quand j’ai lu ce truc, la stupidité du commentaire m’a éclaboussé dans toute sa profondeur. Premièrement le ton est ridiculement enfantin. Ensuite on y perçoit très bien le vide total qu’est ce manga: pas de travail de fond, pas de travail de forme. Le seul travail est celui pour faire des tenues ! (même que des fois c’est dur et alors c’est terrible).
Je n’arrive pas à concevoir que ce manga puisse être destiné à des adolescentes. C’est vraiment trop stupide. Et j’ai bien peur que le commentaire de l’auteur soit complètement naturel. C’est ce que laisse penser le manga en tout cas.
Si toi aussi tu es profondément niaise, que tu aimes parler de ce que tu ne connais pas et que tu aime dessiner des tenues même si des fois c‘est dur et qu’alors c‘est terrible, alors deviens mangaka de shôjo.
Faut que mon vendeur m’en mette plus souvent de ces daubes.
Ps: Il y a des trucs qui me hérissent le poil. En cherchant des liens pour agrémenter ta lecture, je suis tombé sur ça puis sur ça.
Le minimum quand on reprend un texte c’est de le signaler. D’autant plus que c’est le synopsis de L’EDITEUR. Ça le fait franchement moyen. Bref, je ne connaissais pas Manga News et je ne n’y mettrai plus les pieds. Apparemment ils reprennent toujours le texte de l’éditeur… (Je suis peut être naïf aussi, vu que les éditeurs en question sont leurs partenaires) Bref.
Du coup, je n’ai pas mis de liens…


