Jouer à Arcanum en 2009
Voilà quelques mois, je vous expliquais comment jouer à Baldur’s Gate 1 ou 2 en haute résolution, vous épargnant une visite chez l’ophtalmo. Si, à l’époque, un oldie pouvait s’avérer difficile à installer du fait des évolution du software (mauvaises compatibilités DOS, mémoire conventionnelle, drivers ou autres conneries), de nos jours, les problèmes viennent surtout de l’explosion des résolutions : un jeu en 800×600 sur un 24 pouces, c’est soit une minuscule fenêtre, soit une bouillie de pixels en plein écran. Aujourd’hui, nous allons donc voir ce que l’on peut faire avec un Arcanum, vénérable RPG dépassé techniquement avant même sa sortie, contrairement aux Baldur’s.
Rarement un jeu souffrait d’une telle avalanche de pauvres choix graphiques. Entre une palette de couleurs tirant en permanence vers le chiasseux (marron merde, vert caca, rouge crotte, on croirait les développeurs scatophiles), des cartes désespérément plates, des décors faisant passer Fallout, pourtant plus ancien, pour une merveille, des personnages mal animés… réaction horrifiée instantanée garantie, limite Dwarf Fortress semble beau en ASCII. Y jouer de nos jours sur un écran ne serait-ce que 19 pouces, c’est perdre trois points à chaque œil par heure.
Pourtant, après mes récentes pérégrinations sur Dragon Age : Origin, lancer Arcanum choque par l’appauvrissement manifeste du RPG ces dernières années. Arcanum, c’est une tonne de dialogue, des plâtrées de quêtes, un système jour/nuit, des NPC qui ont une vie, un univers original… autant d’éléments oubliés dans Dragon Age, même si, bien sûr, tout n’est pas si noir, avec en particuliers les progrès immenses réalisés sur la narration. N’empêche, le simple fait de se promener dans un monde mêlant l’héroïc fantasy la plus banale, avec ses elfes, ses nains et ses ogres, avec une révolution industrielle est d’une grande fraicheur après le copier/coller de Bioware. On se prend à imaginer, l’œil humide, le fabuleux potentiel graphique d’un tel univers dans les mains d’un développeur doué.
Revenons à nos moutons. Pour la recette du jour, il vous faut, idéalement, un Arcanum anglais. Si vous n’avez pas la chance d’avoir une version originale, téléchargez-le. Si vous ne possédez aucune version, achetez-le. De toute manière, l’anglais d’Arcanum est sublime, subtil mélange de modernité et de tournures XIXe siècle. Il vous faut ensuite récupérer :
- Le dernier patch des développeurs 1.0.7.4
- Le dernier patch de la communauté v81229
- Le pack des townmaps mises à jour (optionnel)
- Le high quality music pack (optionnel)
- Le patch High Res
Ces fichiers sont disponibles dans l’espace téléchargement du site Terra Arcanum. XP, Vista et Seven sont supportés. L’installation est simplissime. Commencez par votre jeu, puis procédez dans l’ordre indiqué ci-dessus. Il suffit en général d’indiquer le chemin d’installation du jeu (par défaut c:/sierra/arcanum).
Pour le patch High Res, une fenêtre DOS se lance automatiquement et vous aide à configurer. Vous pouvez choisir la résolution que vous voulez du moment que votre carte graphique la supporte, et quelques autres options vous sont proposées, en particulier une permettant d’augmenter la taille des polices. Il se peut que vous deviez tâtonner un peu si ça ne marche pas du premier coup, auquel cas le highres.bat sert à relancer la configuration. Pour ma part, après quelques difficultés, j’ai obtenu un bon résultat avec une résolution de 1700*1000 (sur un écran 1080p, la résolution 1920*1024 semblait poser problème) et en lançant le jeu en fenêtré. Pour ce faire, créez un raccourci vers l’exécutable d’Arcanum et ajoutez –window. Quelques bug d’affichages peuvent apparaître dans les menu de lancement du jeu, mais la situation redevient normale une fois votre partie lancée.
Le résultat donc, sans réduction des images afin que vous voyez bien ce que ça peut donner (moche, forcément, mais protégeant vos pauvres yeux) :






