Le programme de CE1 me laisse perplexe
Quand j’ai du mal à me motiver (youpi, je connais 60 kanjis sur 1945 ! J’ai pour ainsi dire presque fini d’apprendre le japonais!) Je cherche sur google des offres de traduction japonais/français. Je tombe généralement sur un schéma de ce type :
Locuteur originel : Bonjour, je suis un directeur de team de fansub relativement sérieux qui cherche un traducteur japonais, pour plusieurs raisons logiques : ma team en a marre de traduire à partir de l’anglais, je veux traduire un truc particulier ou je me suis disputé avec mon ancien traducteur. Bref, si quelqu’un voulait bien m’aider, ça nous ferait très plaisir de l’accueillir dans notre team.
Locuteur 2 : Moi aussi il me faut un traducteur japonais !!!
Locuteur 3 : Moi aussi, moi aussi !
Locuteur 4 : Bonjour, je suis quelqu’un de très sérieux qui étudie le japonais depuis 20 ans. Votre message m’a ému, et je serais ravi de travailler avec vous pour un prix d’ami, soit environ 40 euros les milles caractères français. Mais je ne vous apprends rien, vous connaissez sans doute les prix du métier.
Locuteur originel : Nous n’avons pas vraiment les moyens de payer un traducteur, on a déjà du mal a collecter des dons pour la bande passante…
Locuteur 4 : Mais toute peine mérite salaire ! Tu n’imagine quand même pas que quelqu’un va traduire pour rien ? La simple idée de travailler pour rien me semble ridicule, tu me fais vraiment pitié.
Locuteur originel : Heu, nous, nous travaillons juste par passion, désolé.
Locuteur 4 : Pitié, vraiment. Tu devrais avoir honte de demander une chose pareille.
(Le locuteur originel ne sait pas quoi répondre, ou s’engeule avec le locuteur 4 en le traitant de capitaliste sarkozyste. A ce niveau là, on a de la chance si le débat ne vire pas politique et si le locuteur 4 déserte juste le sujet.)
Locuteur 5 : Tient, voilà une liste de site longue comme ma main pour t’aider. De rien !
Locuteur originel : Merci, mais je cherchais plutôt un vrai être humain qui connaisse vraiment le japonais qu’un traducteur automatique. D’ailleurs, si je voulais un traducteur automatique, j’aurais pu le trouver tout seul. Enfin, c’est gentil.
Locuteur 5 : Jamais content.
Locuteur 6 : J’aurais moi aussi besoin d’un traducteur japonais pour traduire ma chanson préférée, tient, locuteur 4, tu feras bien ça pour moi ?
(s’en suis une chanson)Locuteur 7,8 et 9 : Moi aussi !
Le locuteur originel déserte le sujet. Comme tout le monde au fait, pendant une très longue durée.
Locuteur 10 : Si jamais tu trouve un traducteur japonais, est-ce qu’il pourrait m’apprendre ? J’aimerais bien parler japonais, mais je suis un peu fainéant, lol.
Ca suffit à me rassurer sur la raison pour laquelle j’ai choisi le japonais : la demande est encore très (très très très) largement supérieure à l’offre.


