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Le bar Oldies : Manhattan Dealers

En fouillant dans le grenier de mes parents, j’ai trouvé un jeu qui m’a pas mal marqué. Et comme pour l’article précédent de cette rubrique, il s’agit encore d’un jeu développé par une boite francaise, Silmarils. Auteur, entre autre de la série Ishar (que je ne connais pas trop). Et il s’agit, là encore, d’un nanar.

Son petit nom, Manhattan Dealers, il est sorti en 1988 sur Atari ST et Amiga. Ma version d’époque était, comme pour Mission, sur l’amstrad PC. J’ai fait ce test depuis la version Atari ST (ma version ne marchant plus, la faute aux disques 5″1/4, non protégé contre la poussière). Il s’agit d’un beat them all en quelque sorte.
Des l’intro, on sent déjà le niveau très qualitay: présentation du jeu par une voie digitale affligeante dans un accent français particulièrement ridicule. Admirons le ton grave lorsque le mec cite le titre du jeu, il se force a peine. L’image de l’écran titre est cependant pas trop moche pour l’époque.

Ensuite, le menu, avec les blocs qui des choix qui tombent et rebondissent. Ca fait un peu, jeux éducatif pour gosse de 8 ans. Et je parle même pas de la musique joyeuse immonde et totalement hors sujet. Musique qui se poursuit pendant le jeu.

Le niveau de difficulté de ce Double Dragon du pauvre se règle en fonction de la dureté de la drogue, ca doit être la seule bonne idée qui met dans l’ambiance. Enfin, presque, vu le nom de la difficulté la plus basse.

Le but est de récupérer la drogue détenue par les ennemis. Il suffit de les butter, et ils la « droppent ». Ensuite il faudra la bruler dans un tonneau en ferraille.
L’univers du jeu est bourré de cliché sur l’amerique. Rien que le nom du héros, Harry, laisse penser qu’ils se sont inspiré fortement du fameux personnage des films joué par Clint Eastwood : on joue le rôle d’un flic et on doit se débarrasser de gangsters à coup de tatane dans la gueule.
Quand je parle de clichés, c’est les clichés d’époque qu’on se faisait en Europe: les quartiers mal famé, fait de communautés prêt à égorger le moindre étranger osant s’aventurer dans leurs ghetto.

Passionnant, hein ? Et je remarque qu’on ne les tue pas, on les assomme. Plutôt politiquement correct pour un jeu censé être violent.

Comme je le disais tout à l’heure, le jeu est très court. Et on a droit à tous les clichés des quartiers dangereux, New York en miniature. On commence dans une sorte de Harlem bien délabré. Un peu comme dans la scène de passage de Coluche dans les quartiers chaud de New York dans le film (enfin, nanar) Banzai.

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Les premiers écrans représentent les quartiers des punks et autre skin heads. Il y a même un Hard Gay contrefait dans une cave avec une tronçonneuse, brrr, j’en frisonne d’avance.

Le gameplay est simple, la barre d’énergie qui fait penser a une cigarette. La quantité de drogue possédé et a récupérer. Il faudra donc la transporte dans ce baril en feu. Chaque drogue brulée fait récupérer de l’énergie équivalent à la quantité, il faudra être prêt a de nombreux aller retour. Le feu du baril est très moche (feu qui s’emballe lorsque on y jette la drogue. Je savais pas que c’était inflammable).
Seuls trois coups sont dispo, le coup de pied, coup de poing et le coup de pied retourné. Coté maniabilité, Harry est un vrai handicapé qui ne se déplace uniquement en garde, et le retourner est une vraie galère, je n’ai pas bien compris comment faire.
A noter qu’on peut interagir avec certains éléments du décors. Par exemple, taper sur une poubelle la fait pousser, bon ca la fait pas tomber, et ca ne blesse pas l’adversaire. Totalement inutile donc. Par contre, impossible de ramasser les armes.

Certain passages assez chiant (mais pas trop difficiles), comme celui là, ou les habitants balancent sur le héros quelques gros tas de pixel. Car à par le pot de fleur, je ne vois pas a quoi ca peut ressembler.

Ho tiens, le jeu serait il sponsorisé par Pepsi ? Je suis sur qu’ils n’ont même pas eu l’accord pour poser ce logo. Il faut avouer que coté décors, le jeu se débrouille pas trop mal. On est en 88, et pour l’époque, l’environnement n’est pas trop moche, surtout comparé au niveau général du jeu. Malheureusement, gâché par cet immonde font bleu foncé, et le tas de brique rouge autour de l’écran de jeu. Mais qui a eu l’idée de placer un truc pareil.

On s’enfonce un peu plus a l’ouest pour se retrouver dans les quartiers « blacks ».

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Et oui, tous les noirs sont en tenue de sport, équipés de batte de base ball. Et bien sur, le terrain de basket, obligatoire. Sinon, ca fera pas quartier de noir. Pas de shoop da woop ici, mais  on peut remarquer qu’ils montrent tous leurs belles dentitions (même assommés tellement ils sont rigides). Allez hop, écran suivant.

Ho tiens, une vamp dominatrice. Et vu sa coupe de cheveux taillé à l’explosif, on est bien dans les années 80. Marre des coup de fouets, dans l’eau la blondasse (et la drogue avec).

Admirez au font, la vue sur les gratte ciels. Tiens, ca serait pas le quartier de Manhattan d’ailleurs ? Ben oui, comme le titre du jeu l’indique, on passe dans des quartiers à la Harlem ou le Bronx, mais pas de Manhattan, alors que le jeux indique bien « les dealers de Manhattan ». Et juste après, ca sera Chinatown.

De plus en plus idiot, on est dans Chinatown est on se bat contre des ninjas rouges. Le grand mélange de chinois et japonais donnant du grand n’importe quoi en barre. D’ailleurs cet écran est exactement celui qui suit le port avec la dominatrice. Il y aurait pas une petite incohérence géographique ?

D’ailleurs, le quartiers se résume a cette petite ruelle. New York, c’est vraiment une ville de ploucs.

Et pour finir, le dojo. Avec les élèves, et le maitre en rouge (très gavant, criant banzai toute les dix seconde), qui solidaire de ses disciples, n’interviendra que lorsqu’il sera seul. Il fait un peu office de boss de fin non officiel, car il n’est pas obligatoire de le faire dans l’ordre. Le but étant de bruler tout la drogue, peu importe l’ordre.
Oui, c’est tout. Des scènes de jeux, il ne manque que deux écrans, ce qui en totalise 9, très court donc.


3 commentaires to “Le bar Oldies : Manhattan Dealers”

  1. AvatarPutois Putassier
    1

    L’ambiance (surtout les décors) me rappelle un peu Streets Of Rage sur Mega Drive.

    Sauf que j’ai adoré Street Of rage. C’est en y jouant que j’ai développé une drôle de façon de tenir ma manette (comme un clavier pour la main droite => un doigt sur chacun des trois boutons.) et niveau maniabilité, il n’y avait pas de problèmes.
    Et le mode multi joueurs était assez génial. (Oups, je t’ai frappé ! Nan c’est pas parce que tu as plus de points que moi, voyons ! Ah zut ! Je t’ai fait une prise sans le vouloir !)

    Sinon les clichés sont assez fantastiques dans Manhattan Dealers, j’avoue. Et le fait de ne jamais aller à Manhattan est juste ultime.

    Allez, vive les nanards ! (Je ne parle absolument de Streets Of Rage quand je parle de nanard. Je précise, on ne sait jamais !)

  2. AvatarSonocle Ujedex
    2

    « présentation du jeu par une voie digitale affligeante dans un accent français particulièrement ridicule »
    => Ma natte Anne dis l’heure ?

  3. AvatarGarric
    3

    Putois Putassier> Ici il y a évidemment pas de mode multi. Et j’oubliais de dire que le contrôle se fait par le clavier ou le joystick. Ca gère pas de manette, même via la version PC. Et avec le pavé numérique, c’est bien relou à gérer.

    Sonocle Ujedex> Ouais, c’est exactement cette prononciation, avec un ton grave.

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