Tu rêves, mec !
Salut, je suis la deuxième voix de Putois Putassier. Si ce dernier est plutôt Putois, je me rapproche plus de l’adjectif qui suit. Si je vous parle maintenant (oui, je vous vouvoie, je suis obligée vu que je dois m’adresser au Putois en le tutoyant et il ne veut pas compliquer les choses.) c’est parce que Putois n’arrive pas à trouver d’accroche pour présenter son nouvel article. Et ça le perturbe fortement. Il est prostré en ce moment même dans sa douche, tout habillé, en hochant la tête. Le temps qu’il se remette c’est donc moi qui vais vous accompagner dans ce magnifique voyage onirique qu’est toujours un article de Putois Putassier. Du moins c’est ce que lui dit.
Cet article commence dans un pré. Putois se redresse. C’est qu’il était couché dans la végétation luxuriante, laissant la rosée lui humidifier la peau en cette aube rosâtre. Devant lui, un territoire vierge de toute trace d’humanité, pas de bâtiments, pas de routes. Juste lui et la nature. Une nature parfaite. Aucune plante ne l’agresse, car il n’en agresse aucune. Les orties se laissent caresser par les jambes nues de Putois (qui est humain dans son rêve) sans pour autant ressentir le besoin de le mordre et tout n’est alors que volupté. Au loin, il aperçoit un groupe de chevaux. Il leur fait signe et ceux-ci s’approchent.
C’est alors qu’un building géant sort de terre, envoyant les chevaux valser à plusieurs mètres leur assurant une mort certaine suite aux blessures occasionnées. Putois tente alors de se replier mais l’herbe sous ses pieds est devenue béton et de nombreux petits cailloux lui lacèrent les pieds. Car oui, Putois est nu comme un ver et autant il trouvait cela agréable dans le pré, autant cette ville qui nait sous ses pieds en sang ne l’épargne nullement. Bientôt elle l’entoure. Les bâtiments se tournent vers lui, les différents poteaux de signalisation, les feux, les lampadaires s’extirpent du sol et se dirigent vers lui, parodies d’arbres aux racines embétonnées. Il court alors, oubliant momentanément ses pieds endoloris, à travers les ruelles qui se présentent à lui. Petit à petit les choix se font moins nombreux. Les chemins qu’il emprunte se ferment derrière lui. Il débouche alors sur un parking à étage, mais alors qu’il veut faire demi-tour, sentant le traquenard, il se rend compte que des cabines téléphoniques ont bouché tous les accès et se moquent ostensiblement de son sexe. C’est qu’il faisait un peu froid. Faut dire.
Putois décide alors de monter sur le toit, espérant y trouver une gouttière pour y glisser, comme dans les films, mais il n’y trouve rien d’autre qu’un clochard. Sans un mot, ce dernier se jette sur lui. Putois sent alors l’odeur ignoble du personnage et sans pouvoir rien y faire, comme quand, pour la quatrième fois, il regardait Cowboy Bebop, les larmes coulent de ses yeux rougis. Incapable de voir ce qui se passe, il se retrouve au sol.
Maintenant qu’il est habitué à l’odeur du clochard qui le maintien au sol, allongé, il retrouve l’usage de ses yeux et ce qu’il voit le terrifie. Autour de lui dansent, en cercle, des panneaux de stop, des antennes paraboliques, les fameuses cabines téléphoniques aux remarques acerbes sur sa virilité, des maisons, et des tours. Chaque cercle est composé uniquement d’une espèce. Un cercle de panneaux, un cercle de feux de signalisation, un cercle de voiture, un cercle de toilettes publiques chimiques, un cercle de terrains de basket, un cercle de maisons de cité pavillonnaire et au loin un cercle d’immeubles. Les cercles ayant un rayon de plus en plus grand selon la hauteur des éléments la composant. Ainsi au plus près de Putois, dansaient des bordures. Et au plus loin des grattes ciels. Le tout sur un musique entrainante pour celui qui danse mais agaçante pour celui qui est maintenu au sol, nu, par un clochard puant. Et c’est bien ce qu’il fallait, cet agacement, à Putois. Car le voilà qui se relève, il n’a plus peur, non, ce sont les autres qui ont peur ! Mais que se passe-t-il ?
Et bien je vais te le dire lecteur ce qu’il c’est passé ! Il s’est passé qu’une voix a commencé à raisonner dans ma tête, tout doucement, mais obsédément. Et c’était cette putain de deuxième voix (car c’était elle) qui m’énervait. Elle répétait sans arrêt la même phrase, sans arrêt et quand enfin tout allait s’arranger, la voilà qui la hurle :
TU RÊVES, MEC !
Et je me suis réveillé. J’allais devenir un voyageur ! Le city-voyageur ! Celui qui maitrise le béton, l’amiante et le macadam. Celui qui communique avec les satellites. Celui qui contrôle le métro. Celui qui peut faire passer les feux au vert. Mais non. Tout ça à cause de cette putain de deuxième voix à la con, qui me réveille alors que je vais DEVENIR UN PUTAIN DE VOYAGEUR DANS DREAMLAND !
Parce que oui, aujourd’hui lecteur, je te parle de Dreamland. Un manga qu’il est bien pour le lire.
Dreamland by Arca. Note le Dragon. C’est là qu’on ressent le plus le talent du dessinateur ! (Ou serait ce un clin d’oeil à Geriko ?)
Je tiens aussi à remercier le COA (Comité des Otakes et Assimilés) qui vient de m’attribuer le prix de la plus longue intro hors sujet. Tiens, d’ailleurs, souviens toi du COA. Un jour ce sera super connu. Enfin si tout ce passe comme prévu. (On vise la présidentielle de 2022). Mais parlons un peu du sujet pour changer. Enfin moi j’écris et toi tu lis. C’est plus facile quand les rôles sont bien distribués, non ?
*Prend un ton professoral*
Dreamland est un manga publié depuis janvier 2006 aux éditions PIKA. Il conte les aventures d’un groupe de post-adolescents dans leur vie de tous les jours et dans leur vie rêvée, dans le monde de Dreamland. En effet quand Terrence et ses amis s’endorment, au lieu de simplement rêver, ils parcourent le monde de Dreamland, littéralement le « Monde des Rêves ». Ils vivent ainsi deux vies, l’une à Montpellier. L’autre à Dreamland. A une petite différence entre les deux. Il se trouve que pour devenir un voyageur, un être conscient de sa vie nocturne et endormie, il faut surpasser sa plus grande peur, on obtient alors un pouvoir en rapport avec sa peur. Terrence avait peur du feu, par exemple, il est donc devenu un contrôleur du feu.
Notons que l’auteur de ce manga est français. Et qu’il n’est publié que chez nous. Mais la forme et le fond sont ceux d’un manga sans l’ombre d’un doute, aussi faisons fi de ce qui n’a pas d’importance et qui compliquerait inutilement les choses. Dreamland est donc un manga. Pas un manfra. Pas un manga français. Un manga. Point.
Maintenant que j’ai fini mon intro, je vais aller un peu plus en avant. Je ne sais plus comment je suis tombé sur Dreamland. Plus moyen de m’en souvenir. Et c’est chiant, parce que du coup, il me manque une anecdote sur laquelle je pourrais rebondir quand l’inspiration viendra à manquer (ce qui est inévitable), par contre je sais que ce n’est pas la couverture qui m’a attirée. Celle du premier tome est VRAIMENT TROP MOCHE. En général les couvertures ne sont pas terribles. On est ici dans le cas inverse de Peace Maker. Mais si souviens toi, des couvertures magnifiques avec une seule couleur par tome qui ressortait sur le dessin en noir et blanc. Alors que Peace Maker en plus d’être un mauvais manga, était plutôt mal dessiné. Bordélique, mais dans le sens : « Euh… mais qu’est ce qu’il se passe ? J’ai l’impression de regarder un film de Michael Bay ! Je ne comprends RIEN ! » Dans ce sens là.
Ce n’est pas le cas de Dreamland. Le dessin n’est pas exceptionnel niveau technique, certaines planches sont parfois un peu étranges, mais Reno a un style bien à lui qui est déjà forgé et qu’il maitrise en général. Pour l’appréciation du design, c’est forcément personnel, mais la mienne est positive. Très positive même.
Il y a tout de même des défauts. Eve, par exemple, me semble un peu bâclée. Ses cheveux filasses le font moyen pour une fille qui se donne les moyens de plaire. Il y a aussi (surtout au début de leur apparition) un problème de différentiation des personnages. Shun, par exemple n’est vraiment pas facile à identifier. Mais, c’est aussi dû à Reno qui ne s’est pas facilité la tache. Mais vraiment pas, chaque personne étant habillé de façon différente lors de chaque nuit, avec des tenues relativement loufoque mais classe quand même. La garde robe de Savane et Terrence vaut le coup d’oeil dans Dreamland. A noter tout de même une tenue qui est particulièrement redondante en particulier pour Savane : le caleçon. Avec nœud papillon en option !
Il se peut que tu t’inquiètes un peu de voir tous ces noms de personnages, que tu ne connais peut être pas. Pas de problème tu auras le droit à une présentation putassière de leur personne un peu plus tard. Garantie sans spoiler qui plus est, comme le reste de l’article. Parce que le spoiler mange des enfants, toussa. (N’est-ce-pas monsieur le Concombre Masqué… Même si je m’étais déjà fait spoiler la tronche sur la fin de Cowboy Bebop.) Mais bref, tu permets que je continue, maintenant ?
- NAN !
- Je ne te parlais pas, saleté.
- Mais tout le monde s’en fout de ce tu racontes, mec !
- Ta gueule.
- Mais puisqu’on te dit qu’on s’en balance de ton shonen à la con ! C’est du repompage de One Piece !
- Tu confonds avec Fairy Tail, non ?
- De quoi tu parles ? Féri tèl ? Jamais entendu parlé. D’ailleurs Mashima n’existe pas non plus ! Tout ça c’est rien qu’en putain de cauchemar ! Je suis sûr que moi aussi je suis en train d’affronter ma plus grande peur ! RAH ! JE SUIS TROP FAIBLE ! JE NE PEUX PAS LUTTER CONTRE UNE TELLE CONTREFAÇON ! JE VEUX ME REVEILLER !
- Tu vois. C’est pas de la contrefaçon, Dreamland. Reno vénère Oda. Mashima pompe Oda. Rien à voir. C’est totalement différent !
- N’empêche je me disais, quand même, Pika doit vraiment avoir les nerfs de n’avoir pas publié One Piece vu qu’ils se jettent sur le moindre ersatz pourri !
- Mais ta gueule, bordel ! Ne mets pas Dreamland dans le même panier que Fairy Tail. T’as bouffé des chiantos ou quoi ?
- Je suis tombée dans dedans quand j’étais petite. (Le féminin c’est parce que je suis une voix. Blaireau.)
- Putois.
- Je m’adressais au lecteur. Mais ça vaut pour toi aussi.
- Bon tu me saoules et tu saoules le lecteur. Je suis la voix principale donc je dirige.
- Fais gaffe, si ton instinct de roi vient à faiblir je reviendrais te bouffer.
C’est pas la citation exacte… Et Bleach c’est plus ce que c’était. M’enfin, pour vraiment revenir au sujet, le style de reno est à mes yeux fort sympathique, surtout après le premier tome qui met un peu en place tout cela. Les proportions sont un peu fantasques, mais respectées par la suite. La galerie de personnage est impressionnante. Et reno sait donner de la classe. Beaucoup de classe. Je pense par exemple à la version démon des héros de Dreamland en bonus à la fin d’un tome. J’ai dû rester plusieurs minutes devant ces illustrations qui sont absolument géniales, qui puent la classe à trouze bornes. Et ça tombe bien car dans Dreamland des personnages non humains où Reno peut laisser parler son imagination et son style sont légions. Il est d’ailleurs très impressionnant de constater la variété qu’il peut sortir sur un même thème.
Mais parler de style est encore une fois une gageure, aussi mate plutôt cette image, ça sera plus parlant :

Voilà ça ressemble à cela quand ça déconne. Pas moyen de mettre la main sur un moment sérieux, donc faudra se contenter de ça.
Et puis les illustrations de personnages à la fin rattraperont le coup.
Pour les combats, Reno pêche un peu. Les mouvements en l’air, lors des sauts, par exemple sont agréables, fluides, libres, mais les mouvements au sol, sont plus laborieux, on est loin de la maestria d’un Dragon Ball sur ce plan. Cependant les combats restent regardables, les angles de vue sont souvent ambitieux, les pouvoirs sont bien représentés (le feu dégage une puissance certaine, ça pulse vraiment, tu sens presque ta page vibrer) et je garde un bon souvenir d’un combat dantesque dessiné uniquement en noir et blanc (pas de trames) très contrastés et avec un dessin plus expérimental. Tu trouves ça un peu vague, non ? J’avoue ! Pour aller plus en profondeur, les contours ne sont pas linéaires. Un peu comme si le tout avait était travaillé au pinceau. Pas de domination du trait, ce qui donnait des personnages un peu éthérés. C’était un peu maladroit parfois, mais c’était différent. Et comme je te le disais, j’en ai gardé un bon souvenir.
En ce qui concerne le chara design, tu as remarqué l’influence DBzienne, je pense. D’ailleurs il y a un nombre de références visuelles assez impressionnantes à DB dans Dreamland. Entre une apparition furtive de Goku dans les premiers tomes (pas le souvenir exact duquel mais c’est au royaume de l’après picole) et des personnages très clairement référencés dans le tome 7 particulièrement, à un point désagréable d’ailleurs, l’œuvre fondatrice du shonen moderne est bien représentée. Trop même. Autres références visuelles : One Piece. Entre Luffy (qui apparait avec Goku) ou des gags à base de situation One Pieciennes (les cuisiniers qui se frittent et qui ressemblent étrangement à un capitaine de bateau restaurant nommé « Baratie » et un de ses cuistots à la galanterie légendaire, les essais de tenues d’Eve, la façon dont elle paye (rapport au paradise punch de Nami… ah le paradise punch… *soupir* … Mais je m’égare !).
Seulement One Piece n’a pas influé uniquement sur le style et les références visuelles. Non, lecteur, l’influence de One Piece se ressent sur l’univers même de Dreamland. Pas tant par une ressemblance factuelle que par l’espace qu’il procure, car l’univers de Dreamland, comme celui de One Piece est ultra permissif, ultra large, avec des foules de personnages et, point où Reno surpasse le maître, ultra délirant. J’oublie la variété, tiens.
Souviens toi : Dreamland est le monde des rêves celui où se rendent toutes les personnes qui s’endorment. Seulement les rêveurs, les gens normaux, n’y sont pas conscients, contrairement aux voyageurs qui ont acquis un pouvoir en vainquant leur peur et qui sont par la même occasion devenus conscients de se promener dans Dreamland une fois endormis. Une idée déjà excellente à la base. Mais Reno ne s’est pas arrêté là. Dreamland est divisé en royaumes ayant chacun un thème. Chacun de ces royaumes est habité par des créatures, non humaines, qui y résident continuellement. Les royaumes sont variés et divisés en deux groupes : les royaumes affiliés aux rêves et ceux affiliés aux cauchemars. Les premiers étant dirigés par des Rois tandis que les seconds sont sous la coupe des Seigneurs Cauchemars créatures humanoïdes (jusqu’ici) dotées des pouvoirs de leur royaume, par exemple, Prévice, Seigneur Cauchemars du Royaume des Glaces maitrise logiquement… la glace. (Prévice est une « femme » au passage, fort jolie qui plus est.)
(N’ayant pas trouvé de carte, si ça t’intéresse va sur le site officiel de Dreamland, sur lequel j’ai piqué quasiment toutes mes images, d’ailleurs.)
La puissance du royaume se mesure au nombre de personnes qui y cauchemardent chaque nuit, et selon moi, c’est de là même que les Seigneurs Cauchemars tirent leurs pouvoirs. Pour info, le plus puissant des royaumes cauchemars est celui de l’obscurité. Le royaume du Feu est dans le top cinq. Mais là où cela devient intéressant, c’est que les relations entre les royaumes sont particulièrement tendues depuis l’arrivée de l’actuel seigneur du feu, Asmodheus et la guerre semble poindre son nez, non sans que les personnages présentés par Reno ne soient promis à y jouer un rôle important. La mise en place des enjeux se fait petit à petit et j’attends impatiemment que la situation s’envenime sur ce plan.
Le rapport entre Voyageurs et Seigneurs Cauchemars fait que souvent, ceux qui se ressemblent s’assemblent. Mais pas toujours. Et il y a beaucoup de finesses qui mériteraient plus d’explications mais nous n’en sommes qu’au tome 7 pour un titre qui possède un univers au potentiel aussi énorme et c’est très peu. (Au tome 7 de One piece, Sandy venait de rejoindre l’équipage qui était encore à West Blue…)
A noter que certains voyageurs ne tirent pas leur pouvoirs de royaumes cauchemars, comme par exemple ceux craignant les chats… la peur des chats étant anecdotique dans l’idée que l’humain se fait d’un chat, ce qui donne un royaume affilié au rêve, avec un roi ( et un roi particulier dans ce cas précis) mais avec des Voyageurs en possédant les pouvoirs.
Et si tu penses que c’est fini, tu te trompes ! L’univers inventé par Reno va plus loin encore mais sur un point dont je ne parlerai pas (Edenia). Le spoil c’est mal. Je peux par contre te montrer une autre facette de l’univers de Reno, en plus des pouvoirs, les voyageurs peuvent mettre la main sur des objets magiques. Ils sont nombreux et variés, permettent bien des choses et sont encore assez mystérieux là où nous en sommes malgré la sur exposition d’un des plus puissants d’entre eux, mais dont on ignore toujours les possibilités réelles, la faute à un possesseur peu sujet à la prise de risque et donnant plutôt dans la fuite systématique.

Quand je te dis que le background est impressionnant, tu as la preuve sous les yeux que je suis honnête !
Un background bien fourni donc, et je suis dans l’euphémisme, pour un univers bien trouvé. Avec, qui plus est, des légendes vivantes plus ou moins en activité dans Dreamland, les informations sur l’IRL des voyageurs (Dreamland c’est un peu un MMORPG, mais au lieu de se connecter, on dort. Plus économique, pour sûr !) , les différentes « league » classant les voyageurs, …
Aparté putassier : Excellente initiative que ces « league ». Il y en a trois. La baby league classant les nouveaux arrivants (ceux qui voyagent depuis moins d’un an), la Major League pour les autres et la Special League qui regroupe les 50 meilleurs voyageurs de Dreamland. Pourquoi je trouve cela aussi génial ? Pour plusieurs raisons. D’abord, le fait qu’elles soient plusieurs. Cela permet de présenter plusieurs numéro un (et plusieurs élites plus généralement) pour un shonen c’est juste une méga bonne idée. Devant un numéro un, devant un champion on flippe plus, il a du prestige. Dans la vrai vie, ça marche de la même façon. On ne néglige pas son concurrent s’il est champion départemental de 100m par exemple, et pourtant il n’est pas le champion universel. Mais il symbolise la réussite, le pallier à passer, la gloire d’être le meilleur, d’avoir triomphé des autres participants. Tout est question d’échelle et Reno en multipliant les « league » en a très bien appliqué la substance dans son manga. L’autre raison c’est que ces « league » sont réalisées par des créatures de Dreamland en aucun cas omniscientes. Les voyageurs sont jugés sur leurs actes, ce qui permet un vrai suspense, les forces en présence n’étant pas forcément celle indiquées par les chiffres. Et bien sûr ces « league » donnent un but concret à atteindre, ce qui rare dans le shonen à mon plus grand regret, qui a tendance à partir dans tous les sens sans que les héros ne décident quoi que ce soit. (Genre Bleach, Naruto, Satan 666, D Gray Man et même One Piece sauf que pour ce dernier le background politique dirige l’histoire de jolie manière. Surtout Bleach en fait mais c’est peut être que je suis un peu énervé de voir s’enfiler les tomes inutiles… peut être. Oh ! Et il y a Air Gear aussi… avec son tome 18 nullissime. J’y reviendrais peut être dans un article. Si j’ai l’envie.) Bref. La multiplication des « league » est une merveilleuse idée, qui est assez révélatrice de la forme de talent de Reno, dans ces trucs qui n’ont l’air de pas grand chose mais qui finalement offrent beaucoup (de possibilités, d’épique ou de plaisir par exemple).
… un background qui ne se limite donc pas à Dreamland comme je le soulignais déjà avec les informations IRL sur les fiches personnages. Mais, attends ! Je n’ai pas parlé des fiches personnages ! Pour faire vite et simple et ensuite retourner au fil du billet déjà particulièrement entortillé, en général la première page des chapitres est composée d’une fiche personnage, comportant une illustration, le pouvoir, la profession, le lieu de résidence et parfois des croquis comiques doublés d’anecdotes amusantes sur le personnage, souvent sur son ancienne phobie, souvent hilarant(e)s (le croquis et/ou l’anecdote). Tu peux donc constater que sur ces fiches, il y a des renseignements sur la vraie vie de ces gens et cette vraie comme on la suit aussi pour nos héros, Reno s’ingénie à la rendre intéressante. Pour cela il a deux armes : humour et pathos. Et il excelle dans les deux.
Concernant l’humour, les premiers tomes, en particulier, sont de grand moments de bravoures sur le thème « les jeunes et le sexe ». J’ai ri aux éclats devant les péripéties de Terrence lors d’une soirée ponctué par une chute de balcon, une gerbe, un mec et sa maitresse, Savane torse nu et une régulière rentrant chez elle au mauvais moment. Le tout relié d’une merveilleuse façon. Humour = OK.
On en arrive donc logiquement au pathos. Là je ne raconterai rien, mais j’ai senti mon cœur se serrer à deux moments (un avec un cahier à secret et l’autre avec un frère d’habitude agaçant, mais là…). Croyez donc moi sur parole, sans faire dans le : « Chiale, c’est fait pour » qui semble pourrir (selon certains) ou agrémenter (selon d’autres) nombre d’animes se déroulant au lycée. En effet, ici on n’est pas dans le rebondissement scénaristique basique rendant triste. La peine qu’on ressent vient d’un traitement psychologique fin de Reno, chose que peu de gens pensent trouver dans un manga où le mot « chouquette » est sur-représenté aussi bien textuellement que dans les courbes des jeunes femmes le peuplant. (Les filles sont canons dans Dreamland. Mais les mecs aussi, alors…)
Pour le background IRL, je note aussi que l’action se passe à Montpellier et que l’auteur vivant dans cette ville (comme un type dont le blog ferme, ou presque, enfin disons qu’il est en soins paliatifs. Et qui à lui même fait un article sur Dreamland, avant même sa sortie.) ne se gêne pas pour y faire référence de manière à ancrer son récit dans le réel et nous offrir un monde qu’on connait, contrairement aux shonen jap qui modifient bien souvent la réalité en l’agrémentant de fantastique, ou même par un traitement des relations qu’on ne retrouvera JAMAIS dans un lycée japonais, alors que des Sabba, des Terrence, des Savane, des Eve, des Lydia, des Sealvya… y en a légion.
Parce que le style et l’univers c’est cool. Mais sans de bons personnages à faire évoluer le tout risquerait de perdre de son intérêt. Sauf qu’ici des personnages dignes d’intérêt, il y en a. Plein. Trop diront même certains. Moi je dirais trop pour ma patience, mais j’adore cette forêt de personnages créée par Reno. Une forêt où les arbres sont souvent classes et toujours différents.
Avant de commencer à présenter un peu les personnages principaux (sans spoil, promis), je vais t’entretenir sur le rapport aux personnages de Reno. J’ai souvent lu que Reno voulait imiter Oda en sortant une grosse galerie de personnages, mais sans son talent, pour un résultat se rapprochant au final plus de Bleach quand au ratage de ce traitement. En premier lieu la comparaison avec Bleach ne fonctionne pas, étant donné que dans ce dernier les nouveaux et anciens personnages ne font QUE combattre. Ce qui rend l’ensemble bien pourri, on est d’accord (je parle du nouvel arc, pas de Soul Society qui butait, gruge de Saint Seiya ou pas.) Les choses sont extrêmement différentes dans Dreamland, plus proche de One Piece, mais sans être comme One Piece pour autant. Les personnages présentés sont importants pour la suite de l’histoire. Et le fait de répartir leur présentation sur plusieurs tomes au lieu de devoir les familiariser tous avec le lecteur en même temps quand les choses s’accéléreront n’est pas foncièrement une mauvaise idée, tout en ayant l’avantage de créer un souffle épique dès le début de l’histoire en rencontrant l’élite de Dreamland. (Epique renforcé par les présentations de certains personnages comme ayant un rôle important à jouer dans le futur de Dreamland.) J’adhère entièrement à cette façon de faire et cette multitude de personnages, tous très variés, ne me semble pas confuse pour deux sous. Cela complique la tache de Reno, mais c’est tout bénef. Dreamland n’est pas parfait dans la forme narrative, trop dispersé pour certains, n’allant pas assez loin dans la présentation de certains personnages pour d’autres, mais Dreamland est intéressant. Dreamland est épique, au sens premier du terme, pas dans le sens galvaudé qu’il a pris sur la blogosphère otaque. Et Dreamland à de la personnalité, ce qui est pour moi l’atout principal d’un manga, d’un livre, d’un film. La technique c’est bien, mais avec le temps ça s’affine, la personnalité, on peut en gagner un peu mais pas énormément, en posséder, savoir la retranscrire dans son domaine, c’est pour moi la forme de talent la plus valorisable. Et ça doit se voir dans ma manière d’écrire, assurément peu commune et fortement éloignée du ton « professionnel ». Du fun, du fun, du fun. Voilà une chose que j’aime et Dreamland en regorge.
Bon c’est pas tout ça, mais si on parlait des personnages principaux maintenant !

Terrence.
18 ans.
Contrôleur de feu.
Terrence c’est un peu moi au lycée. Glandeur, roux, maladroit avec la gente féminine et feignasse. Et le pantalon qui descend faute de fesses.
Difficile de présenter le personnage principal sans spoiler… Il semble qu’il jouera un rôle important dans Dreamland, mais on ne sait pas trop comment, ni pourquoi. A la base il est plutôt mauvais dans sa maitrise de son pouvoir, voire pitoyable. Comme dans la vie diurne où il est particulièrement mauvais en sport, la baston, ce n’est pas son truc. Pas super pratique dans un monde comme Dreamland où le fight n’est pas loin d’être une religion. Heureusement, Terrence n’est pas seul et il peut compter sur Savane.

Savane
19 ans
Le fish Maker
Savane est l’antithèse de Terrence. Drageur, dégourdi, musclé, addict à la baston. Bon et il est aussi clairement inspiré de Zorro de One Piece, surtout au niveau design et position dans le groupe. Pour le caractère, il y a tout de même des différences TRES importante qui font que ce personnage possède une vie propre qui explose totalement l’impression de redite.
En plus d’être accroc à la baston, il y est doué, clairement doué. Son pouvoir je ne m’étalerais pas dessus, mais il est assez particulier. A noter que dans Dreamland le pouvoir ne fait pas tout et même sans son pouvoir Savane gère. Un perso très agréable à suivre et dont la relation avec Terrence est particulière, entre le grand frère, le pote et le rival potentiel. Tous les membres du groupe comptent sur lui pour assurer leur sécurité, en particulier Sabba.

Sabba
21 ans
Pas de pouvoir apparent…
Sabba est un boulet. Un vrai boulet. Pas de pouvoir, une brêle question baston, un don pour s’attirer des ennuis mais sans jamais en subir les conséquences parce que ce type est un putain de mouleux. Il possède un objet magique, mais ne l’utilise principalement que pour des conneries. C’est un cas à part dans Dreamland, où tout voyageur possède un pouvoir. Les lecteurs ayant un peu trainé sur le net savent de quoi il retourne à peu près, mais son cas reste très flou. Sa rencontre avec Savane et Terrence peut se résumer à son tapage d’incruste, trop heureux d’avoir trouvé des gens pour le sortir des ennuis qu’il créait.
A noter qu’il semble être devenu voyageur suite à des prises de substances illégales, du moins c’est ce qui se dit, car Sabba est un drogué. Du genre « vive le cannabis » c’est cool, et délirant. Pas le junkie craignos qu’on retrouve dans le caniveau, donc. Plutôt le pote qu’on traine jusque sur le canapé parce qu’il ne tient plus debout tout seul. Sans oublier un-seau-au-cas-où. Le gars inoffensif, foncièrement sympa, un peu obsédé mais finalement fidèle, presque par flemme. Un mec cool donc. Trop, selon Eve.

Eve
18 ans
Invocatrice de motifs
Si tu es intrigué par son pouvoir tu as raison. Pour les mauvais esprits qui accuseraient de plagiat sur Fairy Tail (Lucy) je vais juste rappeler que Fairy Tail est plus récent que Dreamland. Mais bref, qui est Eve ? La meilleure amie de la fille dont Terrence est amoureux, Lydia. Ce qui donna un chapitre nommé « Et je resterais ta meilleure amie » durant lequel on suit une journée de vie normale de Lydia et Eve, un chapitre qui apporte encore un peu plus de fraicheur à ce titre.
Eve est ce qu’on appelle, une peste. Du genre sans gêne, grande gueule et franchement chiante quand elle s’y met. Mais Eve, comme vous avez pu le remarquer est canon. Et libérée. Et dieu, que j’aime ce genre de fille, IRL comme dans un manga. Eve à un background particulièrement intéressant et son réveil en tant que voyageuse est un grand moment. Et beaucoup (dont ma modeste personne) espèrent voir de nouveau son personnage un peu plus creusé et mis en avant.
Voilà pour le groupe de Terrence (surnommé groupe Lucky Star, mais ce nom pue, alors oublie).

Shun
20 ans
Contrôleur de la glace
Shun est arrivé en même temps que Terrence dans Dreamland. Le même soir, je crois. Au maximum avec un jour de décalage. Mais lui c’est un prodige dans la maitrise de son pouvoir. Terrence l’apprécie particulièrement, et c’est réciproque. Il ne tardera pas à choisir sa voie dans Dreamland, mais je te laisse découvrir ce qu’elle sera.
Shun est quelqu’un de gentil. Recherchant particulièrement l’approbation des gens qu’il estime et il a un sens de l’honneur très poussé. Il voit finalement assez peu Terrence car vivant au Canada, ils sont rarement endormis au même moment. Contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom, Shun n’est pas dans l’inaction et se bat dès qu’il l’estime nécessaire. Il n’a finalement que sa gentillesse en commun avec son homonyme. (Enfin, il y a peut être autre chose… Mais chut.)
Mais bref, je pourrais présenter nombre d’autres personnages importants, mais je n’en finirai pas. Je ne présenterai donc pour finir que celui qui est le chouchou ultime de quasiment tout lecteur/fan de Dreamland :

Toro Picana
36 ans
Il maitriserait les flammes noire, rouge et blanche. Me demandes pas ce que c’est.
Toro Picana est une légende. Il débarque en trombe dans le tome 2, sans raisons valables pour ne quasiment plus apparaitre. Pourtant il est mentionné régulièrement, on sait qu’il a accompli un truc de ouf il y a une dizaine d’années, mais on ne sait pas quoi. Il a d’ailleurs disparu pendant la dernière décennie. Toro est semble-t-il immensément puissant, mais il est aussi complètement loufoque. Le dialogue incohérent, le souvenir dérivant, l’humeur changeante malgré une bonhomie naturelle et particulièrement flippant quand il s’énerve. Un perso au design probablement inspiré par Jack Sparrow, le capitaine le plus charismatique de l’histoire de la piraterie audiovisuelle. Oui, même Herlock est battu. Si. Mais encore une fois, malgré les inspirations, en quelques planches le personnage devient tellement vivant qu’on se moque d’où l’auteur à bien trouver son idée. La plus value est toujours immense avec Reno, mais avec Toro Picana, elle est gargantuesque.
Toro Picana, de l’épique et du lulz. Le tout en quelques planches. C’est fort. Il me fait aussi particulièrement penser à Matsuri de Sasameke, dans son attitude. Et tout le monde aura compris que ce genre de personnage me plait dans une démesure qui fait passer le bling bling présidentiel, pour l’attitude d’une vague caille qui passe ses chaussettes Lacoste au dessus de son survet…
Toro Picana, peut être mon personnage préféré, tous mangas confondus.

Terrence, un jugement digne des plus fins limiers.
J’aurais vraiment aimé présenter les seigneurs cauchemars, mais pas moyen de mettre la main sur des illustrations décentes. D’ailleurs pas moyen de mettre la main sur des illustrations tout court. Donc tant pis, à la trappe. Tu sauras juste que celui du feu Asmodheus est du genre Dictateur pas content de ne régner QUE sur son royaume. Qu’il est soutenu par Prévice, celle de la Glace. Et qu’il ressemble à cela :
Asmodheus, c’est le gars derrière. L’autre c’est Terrence. Nan, parce qu’un Seigneur Cauchemar en jean… Et comme tu ne peux pas vraiment le voir,
les Seigneurs Cauchemars sont ultra classes.
Normalement, là tu as compris où je voulais en venir. Dreamland n’est pas aussi maitrisé que One Piece, référence indéniable dans le shonen à pouvoirs. Mais osef. Dreamland c’est un trip. Quand on ouvre un tome, on plonge dans un univers loufoque, épique et gigantesque. On y découvre des dessins pétris de classe même si parfois maladroit dans l’action au sol (rien à redire sur les sauts) mais qui ne se contente jamais de faire dans le random. Les angles de vues sont audacieux. Reno tente. Alors oui parfois il y a des ratés, à tout les niveaux, mais c’est ambitieux et globalement réussi. L’univers permet de faire passer les défauts, même les plus pénalisant comme les références trop nombreuses aux même œuvres (en particulier Dragon Ball surtout dans le tome 7) et le fourmillement de détail occupe l’esprit et anime tout le manga qui gagne alors une PERSONNALITE. Dreamland ne ressemble à aucun autre manga, malgré des inspirations non dissimulées, Dreamland vit.
Et c’est pour ça que je te saoules avec mon article à rallonge. Parce qu’un univers aussi ambitieux, parce qu’un titre aussi ambitieux, parce qu’un auteur aussi ambitieux, ça s’encourage. Critiquer est nécessaire pour faire évoluer l’auteur, mais sans un soutien mérité Dreamland n’aura pas la place qu’il mérite. Je ne connais pas les chiffres. Mais je constate que bien peu de personnes connaissent ce manga, je constate que rares sont les librairies à le mettre en évidence, alors qu’il vont mettre en avant Fairy Tail, escroquerie s’il en est, chez le même éditeur. Trouver les 7 tomes est déjà quelque chose d’exceptionnel. Ce manga mérite mieux ! Pas parce qu’il est français, simplement parce qu’il est plus inventif que l’extrême majorité de ce qui se fait actuellement. J’avoue que le côté français joue dans mon affection pour ce titre, simplement parce qu’il me parle de quelque chose que je connais bien, mais ce n’est pas par nationalisme que j’estime Dreamland. Dreamland ça bute, qu’on se le dise dans les chaumières et ça doit absolument devenir une série au long court, pour qu’on puisse juger réellement l’œuvre.
Alors fais moi plaisir essaye. Et j’ajouterais que pour vraiment apprécier Dreamland il faut lire plusieurs tomes. Au moins les 4 premiers. Au risque de rater quelque chose de grand.
Et pour finir un petit cadeau histoire que tu partes sur une belle illustration made in Reno :

Ps:
1) Merci à Arca pour son Fan Art. Sérieux, ça donne une sacrée plus value à l’article. J’espère que tu as cliqué sur le lien accolé à son nom, ses posts (et dessins) étant un peu confus, mais clairement sympa. Et drôle. Ce qui ne gâche rien.
2) Toutes les illustrations de personnages sont issues du site officiel de Dreamland (déjà linké plus haut) de même que le Dream Mag et l’illustration ci dessus. Le reste c’est du chopé grâce à google.
3) La catégorie anime n’est malheureusement pas là pour cause d’un anime prévu (c’est bien triste) c’est juste que Blogchan ignore la catégorie manga… Alors que j’ai vaguement l’impression que les lecteurs de Blogchan ne jettent pas des cailloux sur ceux qui écrivent sur des manga. Mais oui, je triche. Tu peux me taper si tu veux.
4) Ça n’a rien à foutre là, mais merci à Rodin Pandarex pour m’avoir mis devant Gunbuster. C’était épique. Toi aussi regarde Gunbuster, lecteur.
5) Merci d’avoir lu jusqu’ici parce qu’on a quand même dépassé les 6000 mots. Et maintenant va lire (et acheter, c’est important) Dreamland. Fais le pour toi. Sois un peu égoïste, bordel.



