Tu voulais passer ta soirée devant incroyable talent ? Eh ben… Tiens mate donc plutôt ça !
Oui parce qu’Incroyable Talent c’est quand même bien de la daube de ce que j’ai pu en voir. Soit un type qui se ridiculise sur un opening de légende, qui, étrangement, passe moins bien quand un type au cheveu rare et long le hurle dans une émission de beaufs ultimes.
Et comme j’ai été élevé dans une société chrétienne, donc curieuse du sort de son voisin, je me propose de d’éviter cette torture sans pour autant te réfugier dans la 2D. (Quoique, le dernier coffret de Gurren Lagann est sorti. Pour ton bien tu devrais peut être te jeter goulument dessus)
Donc pas de 2D mais du Cinéma. Du vrai. Et devines quoi : dorénavant régulièrement je te présenterai un film pour un de ces soirs de semaines qui font vraiment pitié. Même que généralement ce sera un film un peu boudé par la critique, le public ou les deux.
Pourquoi ? Pour faire chier Amo qui n’aime pas les articles justiciers.
Bon en vrai c’est juste parce que c’est le principe de cette nouvelle chronique, faire découvrir des bons films trop peu connus à mon goût.
Hein ? Quoi ? Une vidéo ? Comme ça ? Mais ! C’est Justin Timberlake ! KESKECEKCEBORDEL !?
Tu voulais passer ta soirée devant incroyable talent ? Eh ben… Tiens mate donc plutôt Southland Tales !
Tu en as peut être déjà entendu parler. Il avait fait un joli petit bide à Cannes. Et c’est le deuxième film du réalisateur du culte Donnie Darko. Que je n’ai pas vu donc ne compte pas sur moi pour t’en parler. C’est juste qu’il est affiché comme culte, il doit donc l’être, non ?
Bref, ce film a fait beaucoup parler de lui avant sa sortie. Très peu pendant. Pas du tout après. Et pourtant !
Pourtant c’est une perle. Comment se douter qu’un film bute? Un casting génial. Take a look : Sarah Michel Gellar, The Rock a.k.a Dwayne Johnson, Justin Timberlake, Sean William Scott, Mandy Moore… Là si tu ne suis pas de trop près le ciné tu te dis que c’est le pire casting jamais vu. Mais tu as tort. Car tous se sont illustrés dans de bon films (sauf Sarah Michelle Gellar, mais Buffy quoi. The grudge n’est pas bien fantastique et c’est que je l’ai vu faire de mieux, enfin elle n’est pas mauvaise, c’est juste que les films d’horreurs remakes…) et ont prouvé qu’ils avaient du talent.
Quoi ! Tu ne me crois pas ! Exemple ! Sean William Scott et The Rock => Bienvenue dans la Jungle, titre pourri mais bon film du réalisateur de The kingdom entre autres : Peter Berg
Un autre ? Justin Timberlake pour sa chanson ultime : My dick in a box. Pour quelque chose de plus rassurant sur ses talents d’acteur, Black Snake Moan. Du lourd.
Encore ? Mandy Moore avec American Dreamz, comédie bien grinçante, où elle brille gravement.
Oh et puis encore pour Dwayne Johnson : Be cool, suite de Get Shorty où il est bien puissant dans son rôle de garde du corps gay.
Et il y a le reste du casting, juste parfait. Tu le remarqueras dans les prochains numéros, le casting est souvent une preuve de bon film à venir. La recette secrète c’est : pas de grosses stars dans les rôles principaux. Mais des gens talentueux partout qu’on peut se payer grâce aux économies faites en évitant d’acheter une grosse pointure juste pour vendre. Problème : forcément la communication sur le titre est moins évidente sans Tom Cruise ou Brad Pitt et le film tombe souvent dans l’oubli. Solution : Moi. Toi. Le bouche à oreille. (oui, moi d’abord et fuck la politesse !)
Il faut savoir que Southland Tales n’est pas un film facile d’accès et que c’est fait exprès.
Premier indice qui met la puce à l’oreille, le film commence au chapitre IV. Ah bon. Mais ce n’est pas fait comme Star Wars (qui d’ailleurs ne commençait pas par le chapitre IV, ça a été rajouté ensuite après le carton garantissant la suite et la compréhension des gens.) ici pas de gouffre de plusieurs années entre les 3 premiers Chapitres et les 3 suivants, ici pas d’introduction évidente des personnages, ici on prend un peu le train en marche. Mais quid des trois premiers chapitres ? Ce sont des BD. Sorties avant le film, je crois. Et là tu prends la mesure du truc.
Tu pourrais penser que, ouais c’est juste une idée marketing, qu’en fait les BD sont anecdotiques et ne servent à rien. C’est faux. A vrai dire sans les BD il est quasiment impossible de comprendre tout le film. Tu comprendras des trucs mais tu en rateras plus. Donc c’est très loin d’être une idée marketing, car s’il faut se taper trois BD avant d’aller voir le film…
Après je ne te conseille pas de lire les BD avant. Moi même je ne les ai pas encore lues, mais maintenant que j’ai vu le film, je vais essayer de me procurer la BD, enfin le comics… Car oui, apparemment la BD n’a pas été traduite. Bon c’est pas bien grave pour nombre d’entre nous qui sommes tout de même relativement à l’aise avec l’anglais écrit, mais pour les autres… ben tant pis. Et c’est con.
Autre indice sur la difficulté d’accès, le casting mentionné plus haut. Pas de stars reconnues au cinéma, des acteurs plus ou moins improbables pour le quidam, il faut la foi pour y aller.
Et bien sûr le film en lui même et ses fausses pistes dans l’intrigue, son symbolisme, ses personnages, le tout étant difficile à ingérer au premier visionnage mais rendant les suivants toujours intéressants. (Et pour une fois les commentaires audio servent vraiment à quelque chose.)
Du coup, on se demande un peu qui a bien pu mettre des millions de dollars dans un projet aussi fou, quand bien même viendrait-il du créateur de Donnie Darko, car le film possède des effets spéciaux pas dégueux et finalement ne fait vraiment pas fauché. Et pourtant. Le budget du film est de 18 millions de dollars. Soit absolument que dalle. Par exemple pour avoir Brad Pitt au générique il faut normalement débourser 20 millions de dollars. Oui 2 millions de plus que le budget total de Southland Tales ! Tu comprends maintenant combien 18 millions de dollars c’est une putain de misère. Et pourtant ça ne se voit pas. La marque d’un talent hors norme pour moi.
Si tu veux savoir comment Richard Kelly (le réalisateur) a fait, c’est simple, il a réduit au maximum le temps de tournage. J’ai oublié le nombre de jours de tournages mais c’est ridicule. Moins d’un mois, peut être 20 jours. Rien, donc. Pour cela la préparation doit être effarante. Mais le résultat est là avec en plus une attention aux détails des plus impressionnante.
Mais bon, là tu te demandes un peu de quoi parles le film.
C’est pas simple, mais ça commence avec une explosion atomique dans le Texas, suivie par un monologue qui t’annonce ni plus ni moins que la fin du monde. « Not with a whimper, but with a bang. » On y apprend que la star de Cinema Boxer Santaro a disparu pendant trois jours et a été retrouvé sur une plage, amnésique. On suit ensuite le dit Boxer qui est devenu l’amant d’une star du Porno avec qui il a écrit un scénario nommé « le pouvoir » pour un film qu’il compte réaliser. Pour cela il va rencontrer un policier vétéran d’Irak, Roland Tavernier. Enfin, son frère jumeau, Ronald. Car Roland est pris en otage par les néomarxistes, ennemis jurés du gouvernement actuel qui y est allé à fond sur le terrain de la sécurité depuis l’attentat nucléaire au Texas et qui prépare les élections qu’il compte remporter grâce au Fluide Karma, nouvelle énergie inventée par le Baron et qui règle tous les problèmes énergétiques.
Donc c’est un peu le bordel. Mais ce n’est que le début, héhéhé. (Notons que cela se déroule en 2008 dans un univers parallèle ayant bifurqué du notre depuis peu)
Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que Southland Tales est une comédie noire, mais non dénuée de sentiment. Donc de l’humour (noir évidemment !) mais pas que. Les personnages sont extrêmement attachants malgré le ton et ça c’est fort et ça permet de se sentir concerné par le film même si on ne comprend pas tout. Car tu ne comprendras pas tout. C’est INELUCTABLE. D’ailleurs, je suis encore loin d’avoir tout saisi après deux visionnages, les bonus, et le commentaire audio…
Au final, ce film atypique, bourré de scènes cultes, possède un univers chatoyant mais qui demande qu’on se penche dessus, ce n’est donc pas un film qui plaira à tout le monde, ni même à un grand nombre. Certains y verront peut être de l’élitisme. Je ne suis pas de ceux là, même si j’ai tendance à être moi même un peu élitiste, pour moi c’est juste un film qui se veut être une expérience, qui veut prolonger le plaisir, qui veut créer une histoire sur plusieurs niveaux et qui veut profiter d’un support bien moins cher que le film pour compléter ce qui ne pouvait l’être faute de moyens. Bref, Richard Kelly montre là l’envie claire de créer quelque chose de complexe qu’un seul film ne suffit pas à exprimer totalement quitte à sacrifier une partie des recettes du film, alors qu’il aurait pu le simplifier et en faire de la soupe. Hourra à lui. Et Hosanna aussi.
Avant de rendre la bande passante, je vais tout de même appuyer sur un point que j’ai un peu omis. Ce film est putain de beau. La lumière, les couleurs, l’image en général dégage une vraie personnalité, une sorte de sophistication. Je ne suis pas expert en technique, mais l’aura que dégage l’image donne ses lettres de noblesse au film et ce qui aurait pu être un film complètement cheap et grotesque devient un film culte. Car selon moi, ce film l’est. (Bon après ce n’est pas moi qui décide, mais quelque chose d’aussi ambitieux et pourtant réussi est forcément culte.)
Si bien que pour moi, Richard Kelly n’est pas le réalisateur du film culte Donnie Darko, mais le réalisateur du film culte Southland Tales.
This is the way the world ends
This is the way the world ends
This is the way the world ends
Not with a whimper but with a bang


