Pourquoi Bleach est devenu chiant.
- Un article de fond ? De la part du Putois ? Sérieux ?
- Bah ouais. Sérieux.
- Mon dieu ! Et sur quel thème ?
- Sur Bleach.
- Hein ? Bleach ? Mais il y a quoi à dire sur Bleach ?
- Ben c’est un peu pourri depuis une bonne dizaine de tomes.
- Mais tout le monde sait ça !
- Mais personne n’a expliqué pourquoi !
- Peut être que si.
- Bah je l’ai pas lu.
- T’as pas non plus cherché.
- Bon, tu me laisses faire mon article ?
- Bah si ça t’amuses de te faire chier à expliquer un truc que plus personne ne lit et dont tout le monde sait déjà pourquoi c’est devenu nul…
- Comment ça tout le monde sait ?
- C’est à cause (prend la voix de Karadoc de Kaamelott) : « de la foule de personnages mal gérée ».
- Ah pour sûr c’est super clair ! Et c’est uniquement pour ça ? Et c’est quoi une foule de personnage mal gérée ? Nan, désolé, moi ça me suffit pas, alors tu me laisses faire mon article, t’es gentille.
- C’est ta vie, tu perds ton temps comme tu veux.
- Voilà.
Bleach par Arca. (Merci encore à lui !)
Salut, lecteur. Tu te souviens surement de Bleach. C’était quand même relativement énorme pour quiconque goutant un minimum au shonen. Oui, c’était. Parce qu’il faut bien reconnaitre qu’avant on attendait le prochain tome avec impatience, alors que maintenant on espère en l’ouvrant qu’on attendra le prochain avec impatience.
Je ne vais pas te faire de rappel des faits mais si tu n’as pas compris que ça allait spoiler méchamment dans les chaumières ici c’est que tu es soit très naïf, soit très con. Ou peut être que t’es fatigué. Ou que t’as lu à moitié. Bref. Ici ça va « spoiler méchamment dans les chaumières » et je pars du principe que celui dont les yeux suivent la danse voluptueuse de mes mots a lu Bleach ou s’en fout mais veut se rassasier de ma plume enchanteresse.
Et c’est maintenant que les choses sérieuses commencent. On ne peut pas dire que les personnages insérés par Kubo étaient forcément tous très charismatiques. Mais ils avaient jusqu’à la fin de l’arc Soul Society une utilité claire ou moins évidente mais pourtant réelle. Par exemple Ganju était là pour servir la répartie à un Ichigo délaissé de Rukia. Finalement il sera éclipsé par Yoruichi dans ce rôle pour des moments inoubliables dans une grotte, mais il a rempli son office dignement durant quelques tomes. Et il en était ainsi de tous les personnages, tous plus ou moins liés à Ichigo et donc apportant une plus value à l’histoire principale.
Et voilà le premier point qui cloche depuis le sauvetage de Rukia. Soudainement trouze milles personnages ont débarqués, mais n’ayant pas forcément de liens avec la trame principale. Entre les Vizards énigmatiques qui certes vont aider Ichigo, mais finalement vont surtout bouffer du temps pour que dalle, puisque leur entrainement ne servira, A RIEN et les arrancars… Pour ces deux groupes, nul doute que l’existence des groupes en eux même est justifiée par le scénario. Le problème vient de la focalisation sur des membres inutiles à première vue mais surtout très peu utiles même après réflexion. Je pense en particulier au nouveau numéro 6 remplaçant Grimmjow a.k.a Luppi.
Ce personnage est un Fail ultime. Il n’est là que pour une seule chose : valoriser Grimmjow. Sur le principe je ne dis pas non. Mais dans la mise en place de la chose, je suis assez circonspect. Premièrement ce personnage possède le charisme d’une loutre. Et je suis dur avec les loutres qui sont des animaux courageux ! Que ce soit dans son design, ses techniques de combat, sa mort, ses réactions tout craint chez lui. Du coup la valorisation est vachement faible. Si on doit se battre en duel contre un ver de terre, pour sûr on va gagner, mais est ce qu’on va gagner du prestige ? Tu te doutes bien que ça ne risque pas. On n’arrive ainsi au deuxième point, outre ce charisme inexistant il cumule une deuxième tare : il est beaucoup trop présent, se retrouve dans un combat contre Hitsugaya (qui niveau charisme, lui, ne manque de rien) et ouvre sa grande gueule constamment. Mauvaise idée. Le rythme n’y résista pas. Voir ce personnage plat et inutile durant tant de temps a purement et simplement détruit le rythme de Bleach. Avec un tel nombre de personnages intéressants faire monter au créneau un aussi mauvais personnage pour valoriser (si peu qui plus est) Grimmjow, voilà une erreur assez impressionnante de la part de Tite Kubo.
Voilà un exemple de « foule de personnage mal gérée ». Ce n’est clairement pas le seul. Le foin autour des anciens Espada en est un autre exemple. On n’avait pas besoin de ces ratés pour comprendre que le groupe était devenu plus fort, quel crédit apporter à des déchus ? Surtout qu’en dehors d’Ichigo, les autres galèrent sec. Et ça s’étale sur deux tomes ! Deux tomes pour ça ! Et on arrive au nouveau problème.
En effet les bastons s’étalent, encore et encore. Mais si le duel Grimmjow-Ichigo était plutôt fantastique grâce notamment à des flashbacks bienvenus, dès que les combats ne mêlent plus Ichigo, ils deviennent franchement mauvais. Pourquoi ? Premièrement le manque d’enjeu. On sait que les alliés d’Ichigo ne mourront pas, du moins pas ceux qu’on aime bien car c’est un shonen. On se fiche aussi pas mal qu’ils gagnent ou perdent puisque dans tous les cas, c’est Ichigo qui finira le travail, ils ne sont la que pour débroussailler. Le problème c’est que regarder quelqu’un qui débroussaille c’est sympa deux secondes, mais Kubo en fait soudainement des tonnes pour au final ne proposer sur tous les combats secondaires, qu’un seul combat palpitant : celui d’Ikkaku et de son Bankai. Qui est juste ce qu’il faut de bonne longueur quand le reste est looonng. Comme le chat. Voilà pour le manque d’enjeu, mais ce n’est pas la seule raison qui fait que ces combats sont mauvais, le problème vient aussi du traitement des combats en lui même. Entre les capitaines et vice capitaines bridés, les pouvoirs tous pourris des arrancars, l’immobilisme durant les combats… souviens toi : tu n’as pas comme une impression de stagnation ? Comme une impression de personnages qui ne font que parler, puis font quelque chose, puis de nouveau parlent et parlent encore ( D’où le demotivator d’Arca…), puis le combat se finit. Pas de mouvement, que des techniques. On est au volume 34 et depuis 14 volumes, en dehors du duel Ichigo-Grimmjow et celui d’Ikkaku, on passe son temps a voir des personnages immobiles… en plein combat… Dernière chose sur les combats, le problème vient aussi des Arrancars. La majorité de ceux que l’on a pu croiser jusqu’ici ont juste des pouvoirs pourris qui passent vachement mal au combat. Je comprends bien que Kubo garde ses meilleures cartouches pour la fin, mais pourquoi alors en faire des tonnes et faire durer le truc. L’idée de la transformation déjà n’était pas géniale. Ça ôte tout possibilité de voir un beau duel de sabre, et ça c’est le genre de chose qui me met les boules. Donc voilà, des combats absolument navrants mais qui pourtant prennent toute la place et s’étalent. Et je ne parle même pas de l’arrancar numéro 8 (Aporro), de son combat qui s’étale pendant des plombes, avec retournement de situation sur retournement de situation et qui est juste complètement agaçant. Le pire combat de tout Bleach. Il surpasse même le combat de Luppi sur terre qui était déjà particulièrement navrant.
Donc oui des combats tout nazes, longs et sans enjeux, en plus des personnages inutiles, ratés et/ou surexposés.
Mais ce n’est pas tout. Et ce qui arrive est peut être ce qu’il y a de pire. Le déjà vu.
C’est quelque chose qui avait déjà été reproché à Bleach. On l’avait déjà comparé à Saint Seiya et ses douze maisons (l’arc du sanctuaire). A raison. Mais ici, c’est plus fort. Kubo reprend son propre manga. Le point le plus évident est l’enlèvement. Avant Rukia, maintenant Inoue. Rien que cela c’est incompréhensible. Et bien sûr il y a le sauvetage qui va avec, en passant par un portail pour se rendre sur le terrain ennemi.
Au secours.
Mais si seulement ça pouvait se limiter à ça… Mais non ! L’idée de la menace limitée dans le temps est elle aussi réutilisée ! Avant c’était l’exécution de Rukia et la récupération du Hogyoku, maintenant c’est l’exécution de Karakura (la quartier d’Ichigo, où la ville, je ne sais plus) et l’éveil du Hogyoku. Et bien sûr dans les deux cas le timing est avancé… Oh ! Et puis les attaques à répétitions des Arrancars sur la terre, comme ça, pour le fun (Rappel : Yumi et Ulquiorra. Qui repartent tranquillement après avoir tué des gens. L’attaque de Grimmjow et ses sbires. L’attaque de Luppi et ses sbires. 3 fois ! Trois putains de fois !).
Au secours ².
Donc voilà. Mais finalement, le problème est encore plus profond. Car il s’étend au scénario dans son ensemble. L’idée de base mauvaise. Pourquoi ?
A cause de la répétition justement. En effet on a l’impression d’être devant la même chose, sauf que les combats sont chiants, que les personnages sont exposés n’importe comment, que ça traine et surtout on est devant les mêmes évènements, infiltration, toussa, mais en plus manichéen.
Avant, Ichigo partait pour sauver Rukia contre des lois qu’il n’acceptait pas, le message de rébellion contre un ordre établi était foutrement clair et tout à fait explicité lors du combat final contre le capitaine Kuchiki : « Moi, je lutterais contre de tels principes ». De plus, il se bat contre des personnes qui sont nécessaires au bon fonctionnement de la terre, sans eux la sécurité de l’humanité ne serait plus. Il ne se bat donc pas contre des méchants mais selon un certain point de vue, contre des gentils. Des gentils attachés à leur devoirs. Le tout finissant par devenir un beau bordel avec guerre civile et énorme complot par derrière, complot dont on soupçonne l’existence assez tôt avec la fausse mort d’Aizen mais qu’on est à mille lieux d’imaginer réellement.
Et on troque ce foisonnement de bonnes idées pour se retrouver dans une configuration où Ichigo se bat contre le mal. Et point. Ses potes le suivent, on se doute bien que Soul Society prépare son coup en douce et on a bien raison, puisque certains capitaines débarquent pour des combats tout nazes, sauf peut être celui de Zaraki Kenpachi qui peut donner quelque chose… vu que c’est un duel de sabre ! Bon et il y a Nel. Et c’est Nel qui m’a mis sur la piste de ce qui avait finalement fait le plus foirer l’affaire : A savoir qu’on ignore tout du Hueco Mondo et des arrancars. On ne sait même pas si les Espadas sont des Adjuchas ou des Lordo Vaste (mais je vote pour Adjuchas) ! On ne connait rien de la chronologie du monde, de qui l’a bâti si quelqu’un l’a bâti… Était ce avant l’arrivée d’Aizen ? On ne comprends pas les ennemis d’Ichigo, alors qu’on comprenait les Shinigami. On perd donc la dualité qui était vraiment importante, celle qui aurait pu palier la richesse moindre du scénario au niveau par exemple de l’implication idéologique d’Ichigo. Et ça fait tout de même 14 tomes !

Nel. Future Miss Ultra Thalie. Si tout va bien.
Ainsi contrairement à l’arc Soul Society qui possédait une intrigue fouillée, qui faisait écho au sentiment de révolte de tout adolescent vis à vis d’une société qu’il a du mal à accepter car injuste, qui grouillait de personnages en plein doute, qui offrait des combats maitrisés et magnifiés par des enjeux énormes, ce nouvel arc n’offre que du réchauffé et perd tout message.
Bien sûr, il y a des moments de sursaut. Le tome 32 par exemple en nous en apprenant beaucoup plus sur les arrancars à travers le passé de Grimmjow, en jouant sur le côté dangereux d’Ichigo et son amour du combat (ce qui lui donne de nouveau de la personnalité alors qu’il commençait à être plutôt plat), ce tome 32 offre un espoir pour la suite. Je dis le tome 32, mais la vraie lumière de Bleach, c’est Nel. Déjà parce que c’est un personnage d’une qualité qu’on n’avait plus vu depuis la révélation de la vraie nature d’Aizen (enfin pour ce qu’on en sait). Je suis sérieux, un personnage avec un passé, un caractère fort, une attitude un brin loufoque et un charisme de folie. Mais l’important n’est pas là. Ça, c’est juste un trip de Fanboy. L’important c’est que ce personnage nous plonge dans le passé du Hueco Mondo, des Espadas et des arrancars en général. L’important c’est qu’elle est proche d’Ichigo et qu’elle déclenche le déclic à la compréhension du monde des Hollows, notamment grâce à ses fraccions. Le problème c’est qu’on va se taper des combats à la chaine avant de voir le résultat de ce nouvel angle d’attaque. Sauf surprise. Mais j’en doute. Enfin… au moins on a de l’espoir pour la suite. C’est déjà cela.
Reste à comprendre pourquoi. Comment un auteur aussi avisé sur 20 tomes peut partir ainsi en vrille ? Pourquoi avoir trainé la patte si longtemps alors que la matière est là ? La réponse qui me vient d’abord à l’esprit c’est qu’il s’agit de faire durer la série. Pression de l’éditeur, quoi. Sinon je n’arrive pas à comprendre le responsable éditorial de Kubo qui l’a laissé délirer sur Luppi ou qui a laissé trainer les combats contre les ex-Espadas ou celui contre l’Espada numéro 8, Aporro… Cependant cette idée de ralonger me semble un peu pourrave : il suffit de voir combien la côte de Bleach s’est effondrée. Alors je ne sais pas. Et toi ?
PS : En l’an 2541 de notre ère, un vaisseau au fier nom de Super SpaceShip parcourt l’univers en quête d’une solution pour la sauvegarde de l’humanité. Pourquoi l’humanité est-elle en danger ? Pourquoi ce vaisseau a-t-il un nom aussi pourri ? Pourquoi les membres de l’équipage sont généralement des gros boulets ? Pourquoi le capitaine aime-t-il les crevettes ? Pourquoi le scribe se nomme-t-il Thôt ? Vous aurez toutes les réponses à ces questions dans Super SpaceShip Adventures. Ne ratez sous aucun prétexte les formidables… euh… évènements (c’est pas de la publicité mensongère ça ?) de Super SpaceShip Adventures.



