Soviet Voice

Je ne trouve pas de titre cool avec CE2 dedans…

C’est étrange comme quelque chose semble plus facile quand on s’y habitue. Le premier hiragana vous semble insurmontable. il faut tourner la croix tordue dans le bon sens, puis faire une sorte de no plus ovale dont la dernière boucle passe à travers la croix et sans faire dégueulasse sur la feuille s’il vous plait. Ca m’a bien prit 2 jours. Puis des dizaines d’autres ont suivit nettement plus facilement. A priori, je pensais que c’était parce que je connaissais de plus en plus de clé, mais déjà, je commence à avoir un doute sur la présence de clé dans les kana (penser à apprendre l’ordre des clés…), et puis j’ai appris de nouvelles « clés » sans trop de problème. Peut-être que c’est comme l’accent tonique d’une langue, une fois qu’on le connait tout est plus facile à prononcer. Il y a peut-être une sorte d’accent d’écriture.

J’ai appris au milieu des hiragana qu’il fallait faire tenir n’importe quel signe japonais dans un carré, et ça aussi, même si ça a l’air dur au début, les signes qu’on faisait avant débordants de partout, au bout du premier hiragana nouvelle méthode, on a déjà fait le signe tellement petit qu’il pourrait tenir dans le quart d’un carré. Bref, aucune réelle difficultés pour l’écriture. c’est presque dommage, je me voyais déjà traçant des heures chaque kanji pour réussir la boucle parfaite… enfin, la poésie de l’effort à fournir ne résiste pas au manque d’intérêt propre au fait d’y passer 10 ans. C’est surement mieux comme ça. J’ai aussi fais des réglages sans intérêt pour pouvoir écrire japonais. Je peux confirmer à ceux que ça intéresse que Haruhi signifie probablement jour de printemps, parce que c’est la première traduction en kanji que Windows me donne et que l’article chinois de Wikipédia l’écrit comme ça. Super, j’ai fais ma première traduction ! ^^

Une des choses les plus énervantes quand on apprend le japonais, c’est l’écriture imprimée. On en viendrait presque à regretter l’imprimerie tellement c’est énervant.
Consciencieux et naïf, l’étudiant en japonais commence par apprendre des hiragana qui lui semble jolis, bien fait, et bref, manuscrits. Il pensait naïvement que tous les japonais écrivaient comme ça, et se demande même si c’est bien raisonnable d’utiliser un stylo normal, et si un stylo feutre ne serait pas mieux… vous voyez les scrupules. C’est seulement lorsqu’il décide de tester ses connaissance grâce à l’un des nombreux jeu flash qui existent, qu’il constate que ces hiraganas là ne sont pas les siens.

Concrètement, après avoir apprit l’angle exact de la première boucle du A qui ressemble à une croix, et avoir compris que le rond en dessus, c’est comme un NO, mais un poil plus ovale…
Et bien on est énervé de trouver une croix chrétienne sur un rond, qui tente pourtant de se faire passer pour un A. J’en ai recopié une page entière des A, et ce n’est pas ça. Groumf.
Évidemment, après, c’est l’écriture manuscrite qui vous gonfle. Comme en français, vous commencez déjà à penser « je ne peux pas lire, il écrit comme un porc ». Ça procure une immense satisfaction…
Le no, aussi, est la plus grande satisfaction de l’apprentissage. Facilement reconnaissable, avec une traduction on ne peut plus simple, il permet au bout de 5 minutes de passer pour quelqu’un qui parle déjà un peu japonais. En plus, il est dans presque tout les titres d’anime.

Il y a une chose qu’on ne soupçonne pas, quand on est née avec une langue latine pour langue maternelle. Plus j’apprends de kanjis, et plus je parviens à dégager (de façon pas totalement consciente) une étymologie graphique. Les kanjis qui parlent de bâtiments ont presque toujours un trait au dessus, les kanjis en rapport avec l’esprit ont toujours la clé « cœur » tassée en dessous, tout les kanjis avec la clé parole ont un rapport avec les mots, à chaque fois qu’il y a trois petits traits sur le coté, c’est en rapport avec de l’eau, et sans trop de surprise, à chaque fois qu’il y a le soleil ou la lune, c’est en rapport avec la lumière. Il y a des exceptions, mais ça permet de les retenir encore mieux. C’est marrant de voir aussi à quel point on arrive facilement à différencier deux kanjis qui se ressemblent énormément à un traits près, et comment on en confond d’autre nettement plus diffèrent.

Plus on apprend des kanjis, et plus on a l’impression que tous ces signes veulent dire la même chose (et plus on connait de clé, plus on a l’impression qu’ils se ressemblent, mon dieu comme ils se ressemblent). J’ai l’impression qu’à chaque serie de 60, j’ai au moins un « magasin », un « source/origine », un « sentiment », deux « clair/lumineux », J’ai recensé aussi trois ou quatre « milieu », « travail », plein de « lieu »… Plus le temps passe, et plus j’ai l’impression que tous les mots japonais sont dérivés de « racine lumineuse », un peu comme « japon », qui veut justement dire « origine du soleil ».

J’ai peut-être un ordre un peu bizarre, mais je veux associer tous les kanjis à « quelque chose » (parfois une suite de mot, parfois une image, parfois un mouvement des yeux…) avant de commencer à apprendre les mots. Ce n’est pas comme s’il suffisait de connaitre le sens de chaque kanji pour savoir lire, et j’ai l’impression qu’il y a tellement de lectures possibles que ça ne sert à rien de les apprendre par cœur. C’est peut-être la mauvaise méthode, mais pour le moment, je fais comme si la langue écrite et la langue orale étaient deux langues différentes, qui se trouvaient avoir le même nom.


Onani Master Kurosawa, Animeland et toi.

Etrange combinaison, je te l’accorde. Etrange mais, ô combien pertinente.

Et pour une meilleure compréhension de ce titre, commençons par définir les acteurs.

1er acteur : Toi.

Je ne sais pas grand-chose sur toi. Je ne sais pas ton nom, je ne connais même pas ton adresse IP. Ce que je sais c’est que tu vas bientôt être très utile pour la société. Tu l’ignores encore, mais toi et tous les autres toi qui lisez ces mots, allez bientôt créer une révolution dans le monde du manga ! Tu es donc important. Pour moi (être lu c’est cool), pour ton FAI (gagner du blé, c’est cool) et surtout pour le manga en France.

2e acteur : Animeland.

Je sais un peu plus de choses sur Animeland. Toi, tu sais probablement plus de choses sur toi que sur Animeland (je pense…) mais tu sais tout de même de quoi je parle. Si ce n’est pas le cas, sache juste qu’Animeland c’est le plus important (en taille) magazine sur la Japanime et le manga en France. Je ne vais pas commencer à critiquer le fond ou la forme, de toute manière il y aura toujours des mécontents. (M’enfin, des articles un peu plus poussés ça serait quand même pas mal…)
Mais pourquoi je te parle d’Animeland ? Tu le sauras après la présentation du 3e acteur :

3e acteur : Onani Master Kurosawa

Le manga au pitch le moins vendeur du monde dès qu’on essaye de le présenter comme ce qu’il est. A savoir, un des meilleurs manga jamais dessinés par l’homme. Enfin par la femme, la dessinatrice possédant le doux pseudo de Yoko (aucun lien) qui suppose son appartenance au genre féminin pour quiconque disposant d’un minimum de logique. Au scénario, se trouve un certain Ise Katsura. Et quel scénario !

Mais avant de me lancer dans les choses sérieuses, accorde-moi un instant pour une comparaison : Si on considère qu’OMK est un super manga, on peut donc le comparer à superman qui est un super homme. Et donc tout comme superman, supermanga dispose sa kryptonite perso : le kryptopitch.

Je reprends maintenant mes pérégrinations là où je les avais laissées : le scénario. Logiquement, je débute avec le Kryptopitch :

Onani Master Kurosawa conte l’histoire d’un adolescent japonais de quatorze ans (le Kurosawa du titre). On le suit durant ses péripéties au collège, entre ses tentatives pour avoir le moins de contacts possible avec ses camarades de classes et ses branlettes quotidiennes dans les toilettes des filles du troisième étage.

Je pense que tu as compris la comparaison avec la Kryptonite. Ce pitch affaiblit totalement un titre pourtant bâti comme une star de cinéma d’action des années 80 (Kryptopitch powa).  D’ailleurs Manga Fox l’affuble d’un joli -18 qui me semble un brin disproportionné, mais on comprend la prudence. Selon moi une interdiction aux moins de 12 ans serait bien plus adéquate. Ce n’est pas un hentai. Ce n’est même pas ecchi ! Le sujet peut refroidir, certes, mais soyons franc, le message est tellement important que l’on peut bien risquer de froisser (très) légèrement la sensibilité d’ados qui auront déjà vu bien pire, de toute manière, sans avoir eu à se cacher. Leur faire manquer le titre le plus adapté à leur situation toute en transition et en hormones me semble absurde tant le contenu est implicite sur les scènes qui pourrait être osées, tout en laissant s’extraire du récit une puissance émotionnelle servant un message profondément humaniste, bien qu’ancré dans un réel palpable.

Aucune œuvre sous quelque support que cela soit ne m’a semblé mieux décrire l’adolescence.

J’insiste sur ce point, mais OMK est une œuvre exceptionnelle capable de toucher toutes les générations avec la même puissance. Mais pour plus de précisions, sur Onani Master Kurosawa voici quelques liens, pour lesquels il faut remercier Cdt (aka coin de table aka Kyouray) pour son article durant le quartier libre d’hiver 2008 de l’Editotaku (écrit alors que seuls une dizaine de chapitre étaient traduits en anglais d’où un discours moins porté sur la suite de l’œuvre que ceux qui suivront, c’est LOGIQUE) puis Sirius via son article sur Citron Fraise suivi de Pso, ici et enfin Nemo(taku), . Et puis, il y a la traduction en français par Pso (encore) et sa « team » avec les 12 premiers chapitres traduits.

Et maintenant, je vais te révéler le lien entre Onani Master Kurosawa, Animeland et toi.

Du 1er Janvier au 5 février 2010, Animeland a de nouveau lancé son ANIME & MANGA GRAND PRIX. C’est quoi ? C’est ça. La flemme de cliquer ? Ce Grand Prix est un concours de popularité avec plusieurs catégories comme les meilleures nouveautés de 2009 ou les meilleurs classiques. Et dans ces catégories, il y en une en particulier sur laquelle tu devrais te pencher avec attention : « Meilleur Espoir Manga » dont l’intitulé n’est autre que : « Le manga encore inédit en France que vous voudriez voir traduit ».

Kurosawa ! étape 3

Dessin par Arca. La version sans phrases pas drôles (qui sont de moi, logiquement) est disponible ici.

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