You can (not) argue : après l’Utopiales 2009 de Nantes
Avant-propos :
Cet article a été écrit quelques temps après ma première vision d’Eva 2.0 lors des Utopiales de Nantes. Elle devait être une réponse à un post de Darf dans le forum Negenerv , qui a exprimé clairement sa haine passionnelle de ce film. Un peu décontenancé par ses propos , j’avais préparé minutieusement ma réponse.
Quelques mois plus tard, après m’être violemment bagarré pris la tête avec lui avant de faire la paix (je crois…) sur la rubrique film du forum Thalie , nous avons mentionné cette réponse que je n’avais jusqu’alors jamais posté pour diverses raisons (trop long pour un forum, beaucoup de spoil, flemme, je m’étais calmé depuis, la conclusion qui sonne trop comme une charge offensive.)
Après quoi, je me suis dis que j’avais quand même vachement envie de lui répondre, d’autant plus qu’à l’époque, il semblait intéressé par mon opinion, ainsi qu’un autre membre de Negenerv, et que l’envie m’a repris un mois après l’avoir vu une seconde fois lors du FIBD d’Angoulême .
Et vu qu’il y a beaucoup de gens ici qui aussi ont vu ce film en France, que mon post était bien trop long pour un forum mais pas trop pour un blog, et que j’avais quand même bien envie de faire un billet au sujet d’Eva n je me suis que ; que depuis le temps que j’en suis fan d’Eva , j’ai sacrément envie de montrer aux yeux de tous mes propres réflexions sur le sujet. Attendez vous aussi à ce que je déborde d’enthousiasme vers la fin, dut à la monumentale impression que m’avait faite le film, encore fraiche au moment de la rédaction de ce billet.
Enfin sorti des brouillons de Soviet Voice, en raison des évènements cités plus haut, je publie ce billet présenment. Enfin !
Bonne lecture, et remettez ça dans son contexte. Merci !
—————————————————————————-
Je n’ai jamais été aussi heureux d’avoir pris une décision sur le tard et de braver une pluie torrentielle que le 1er Novembre de cette année.
N’étant qu’à peine une centaine et quelques kilomètres de Nantes, où se déroula les Utopiales de la Science-Fiction et donc les évènements Manga-TAN, j’ai osé faire mon gros geek enthousiaste pour prendre le train exprès pour une avant-première nationale. Je n’ai put le faire pour la démonstration de 15 minute du Avatar de James Cameron, mais il était hors de question que je loupe Evangelion 2.0: you can (not) advance, en version entière.
Soyons clair dès le début: je place ce nouvel opus de Rebuild of Evangelion comme une de mes expériences cinématographiques les plus importantes que j’ai put avoir, et plus subjectivement comme l’un des meilleurs films que j’ai jamais vu de ma vie. Et je rajoute la Traversée du Temps que j’ai vu deux jours avant.
Et même si il y a eu au milieu, en plein moment de drame déchirant, un horripilant bug d’encodage qui transforma le film en bouillie de pixel saccadé, ils ont quand même repassé toute la séquence après avoir réglé le problème, et dans ma grande tolérance, j’ai ignoré ce qui s’était passé. Et vu que j’ai adoré ce film, j’ai même accordé mon pardon aux techniciens. Si ça c’est pas être magnanime et miséricordieux, je mange des pizzas aux lardons (comprenne qui pourra).
N’ayant toujours pas apporté mon petit texte sur la Tunisie ou celui des animes à montrer aux étrangers de la culture japanime *, j’étais chaud pour donner mon avis sur ce film qui a réussi à accumuler la plupart des choses que j’aime imaginer quand je me fais mon propre film dans ma tête: des chutes vertigineuses, des robots que se battent avec des belles chorégraphies, des enjeux épique et sentimentaux forts, des transformations, de la transcendance spontanée, des monstres indescriptibles qui balance des gros lazers et qui ont des champs de forces de fou, des personnages secondaires super classe, des moments d’humour rafraichissant, et d’autres trucs mais je vais arrêter sinon je vais pleurer tout seul et on va me traiter de gamin.
Au lieu de vous donner mon avis sur ce film normalement et pour pas copier le texte parfait de Darksoul (voir fin d’article), je vais copier/coller les questions rhétoriques de Darf, l’admin de Negenerv, qui a pas du tout aimé le film , et y répondre comme si je voulais débattre avec lui sur son forum. Mais comme je veux pas participer à la vie du forum de Negenerv, que les forums de fansite en général ça me fait peur, que mon texte est suffisamment long et construit pour le rendre insupportable sur n’importe quel genre de textboard et qu’en plus, j’aimais mieux le partager avec le lectorat de Soviet Voice et ainsi parler de EVA devant tout le monde pour me faire lapider sur place et amener de nouveaux visiteurs qui vont me haïr sans me connaitre… et bien le voici dans ses colonnes. Ouf!
Et bien sur, comme je donne mon avis et que je « m’adresse » à un type qui a vu le film comme moi, nécessairement, il va y avoir du spoil (mais moi je reste tranquille).
- Pourquoi les musiques d’ascenseur ?
Ah.
Et bien dans tout bon long-métrage, le score musical est très variable. On peut exiger une uniformité thématique à une BO ou alors au moins que chaque musique colle aux films, mais pas demander une « qualité » uniforme. Pour pouvoir insérer des grands thèmes qui marquent la scène avec beaucoup d’impact, il y a forcement des phases de musique d’ambiance (les fameuses musiques d’ascenseurs), la plupart étant pourtant des musiques issues même de la série. Mais encore plus dans ce film, il n’y a absolument pas de quoi se scandaliser, vu que les musiques dans ce film sont soit des reprises de la BO originale de la série, des chansons du registre publics (celle du meurtre du Eva 03 et du final où Shinji sauve Rei) ou des morceaux originaux symphoniques de qualité. La musique doit s’inscrire en filigrane avec les montés de tensions de la série, et il est capital qu’on privilégie une simple musique de fond qui facilite un peu l’émotion qu’on est censé avoir, qu’on sacrifie ensuite à des musiques plus remarquables. Il faut savoir un peu ménager son public.
Mais RoE 2.0 ne se contente pas de ce genre de schéma. Il va bien plus loin.
La BO est absolument remarquable, ce qui est le minimum vu que tout bon fan sait que cela fait partie de l’âme de Evaneglion, et ce film ne fait pas exception. On trouve entre-autre de très bonne réinterprétation des musiques de la série (comme Thanatos par exemple), quelques reprises simples et inchangés (le thème de Asuka drôle et country) et des nouveaux grands thèmes galvanisants, comme » Fate » ou l’inoubliable « The Final decision we all must take », avec un registre qui brasse très large, avec même la chorale d’adieux que chante les lycéens japonais en fin de cursus , au moment du combat contre l’EVA-03 ( bravo l’ironie) et la chanson d’amour qui vient clore les derniers instants du combat final. Même la petite chanson que Mari chante au tout début du film provient aussi (comme les deux autres précités) du domaine musical public japonais et illustre bien son caractère (on en parlera plus tard ). C’est infiniment loin du jazz générique (j’insiste sur « générique » car du jazz il y en a et du bon, comme dans la scène de l’Aquarium) ou des reprise pop sur clavier bontempi qu’on entend dans les ascenseurs, en tout cas.
- Pourquoi le fan service horrible ?
C’est tout de même très ennuyeux cette habitude franco-française de vouloir à tout prix dénigrer le fan-service dans les anime ou alors le confiner à la comédie bas du front ou au harem qu’on regarde juste pour se détendre ou mater un coup.
Je rappelle à tous que Evangelion est quand même une pure production Gainax faite par ce bon vieux otaque d’Anno.
Gainax a toujours mêler le grivois (souvenez vous du « Gainax bounce ») avec le sérieux, à sa propre façon, comme quand on admire les beautés fatales dans les grands films d’actions. Mais avant tout, Gainax est très conscient des attentes de non-seulement l’otaku mais aussi du spectateur lambda mâle amateur de film épique: le fan-service sert avant tout de mettre en avant le personnage de son côté esthétique et iconique, provoquer des fantasmes, et même parfois attirer son attention pour ensuite mieux le piéger ou l’amener vers autre chose.
Gainax ne s’est jamais servis pour ses séries épiques du fan-service autrement que pour des gags, piéger le spectateur dans une scène de dialogue important mais risquant d’être rasoir ou juste lui faire un peu plaisir avec des jolies fille quand dans leurs moments de gloire. Gunbuster 1 et 2, Nadia et le secret de l’eau bleue, Fuli Culi et Gurren Lagann l’assument très bien. On peut inclure Abenobashi dans une moindre mesure. Mais invoquer Mahoromatic et He is my master, ce serais du hors-sujet puisqu’il n’y plus aucune comparaison possible entre les registres.
Et finalement, qu’importe: les personnage sont toujours aussi bien développé, ont toujours de bon dialogues, ne sont jamais cruches ou incompétentes et bénéficient d’un bon effort d’écriture et de design. Ne laissons pas des exemples abusifs comme Ikki Tousen ou Queens Blade nous rendre allergique au fan-service, que n’est finalement que la caution « sexy » qu’on peut voir dans n’importe quel autre œuvre, et même de qualité. Nadia, Yoko, Asuka, Noriko et les autres valent mieux que ces greluches tout en étant belle et désirable (enfin Noriko…Jung Freud est bien plus sexy quand même , mais bon…).
- Pourquoi la scène pédophile (on va en prison dans certains pays pour ça) ?
Nous sommes aux 21eme siècle dans un dessin-animé pour grande personne. S’effaroucher devant un homme qui taquine avec un peu de sadisme un jeune garçon juste pour l’embarrasser et l’amener faire une ballade dans les champs, c’est faire preuve d’un grand manque de second degré. D’autant plus qu’il faut voir comme un clin d’œil à toutes ces otakettes fans de yaoi qui imaginent toujours des couples impossibles. Mais je ne vois pas pourquoi il faut se scandaliser pour cette simple scène d’humour. Il existe des choses infiniment plus subversives et crades dans le cinéma, et voir le très timide Shinji dans un tel embarras et crier à l’aide était vraiment surprenant et drôle.
- Pourquoi être passé à côté du personnage d’Asuka comme ça ?
Comparons les deux Asuka:
-Dans la série, Asuka est une solitaire, une battante, une fille autoritaire et qui aiment prendre des airs supérieurs et montrer ses capacités. Elle pilote son EVA pour prouver qu’elle peut se débrouiller seule dans la vie, qu’elle est forte, pour se donner de la confiance et ainsi s’éviter la peine et l’ennui d’être avec des gens avec qui elle ne pourrait entreprendre que des relations superficielles et prendre le risque de mettre son cœur à nue, et donc être en état de vulnérabilité et d’incompétence. Néanmoins, quand elle ose mettre son cœur et nue et qu’elle se met à s’intéresser aux gens, et notamment à Shinji, qui ne lui est pas indifférent et plus encore, elle s’avère être un personnage adorable et espiègle et pas si associable que ça.
-Dans le film, Asuka est une solitaire, une battante, une fille autoritaire et qui aiment prendre des airs supérieurs et montrer ses capacités. Elle pilote son EVA pour prouver qu’elle peut se débrouiller seule dans la vie, qu’elle est forte, pour se donner de la confiance et ainsi s’éviter la peine et l’ennui d’être avec des gens avec qui elle ne pourrait entreprendre que des relations superficielles, prenant alors le risque de mettre son cœur à nue et donc être en état de vulnérabilité et d’incompétence. Néanmoins, quand elle ose mettre son cœur et nue et qu’elle se met à s’intéresser aux gens, et notamment à Shinji, qui ne lui est pas indifférent et plus encore, elle s’avère être un personnage adorable et espiègle et pas si associable que ça.
Hmm…
En fait la seule différence, c’est que pour nouer avec les nouveaux enjeux du récit, donner plus d’impact aux drames avec l’EVA-03 et pour coller aux formats film, le développement de son personnage a été accéléré et s’affirme plus à travers des moments de suggestions pures ou alors quand elle décide enfin de s’exprimer ouvertement devant Misato. Il fallait bien que l’évolution positive du perso s’accomplisse avec moins d’obstacles pour la scène du meurtre au Dummy-Plug soit effective et développer au mieux la suite de l’histoire. C’est beaucoup plus déchirant et important émotionnellement pour tout le monde qu’avec Toji (Asuka est un personnage principal, quand même). Du coup, on a moins le temps de la voir s’exaspérer pour un rien ou crâner, ce qui est une bonne chose.
- Pourquoi avoir déjà déclenché le 3rd impact, qu’allez vous mettre dans le prochain film ?
Il n’a pas été déclencher, Kaoru l’a arrêté en en projetant une lance de Longinus sur l’EVA-01. Mais la SEELE et l’ONU ne vont pas rester sans rien faire ou vont surement vouloir rendre des comptes à la NERV. On peut s’attendre à un antagonisme très houleux entre ses factions, à savoir qui va bénéficier de l’accomplissement du plan de complémentarité de l’homme et si ils vont se donner des coups entre eux. Il y aura aussi un face à face être Mari et plusieurs Rei, une réunion de tout les children du monde, d’autres modèles de EVA, des états de crises, l’armée, des quarantaines, etc. reste à savoir comment Rei et Shinji vont sortir de l’EVA-O1, vu qu’ils sont rester coincé dedans. Imaginez si Rei était présente avec Shinji, en explorant l’âme de sa mère. comme dans la série..ça annonce du lourd!
- Pourquoi le personnage de Mari complètement inutile ?
Et bien en fait, Mari semble être issue d’une autre branche de la NERV, américaine ou européenne, il me semble. Elle doit agir undercover pour outrepasser le traité du Vatican et accomplir son devoir de pilote même sans l’accord de la NERV japonaise. Apparemment, elle est capable de pénétrer la NERV japonaise avec facilité et manipuler des EVA qui ne lui appartiennent pas , et a prouvé avec Shinji que le rapport entre les pilotes et les EVA sont de plus en plus particuliers et que ces enfants avaient peut-être vraiment quelquechose en plus que le commun des humains, à voir les lueurs vertes et rouges qui se sont échapper d’eux par moment dans le film, annonciateur de prouesse physique de la part des EVA. Donc, elle jouera forcement un rôle important sur le rapport entre les différentes branches de la NERV, la prochaine situation géo-politique qui va être tendu dans le film 3 et la vérité sur la nature profonde des Children.
De plus, son personnage est suffisamment diffèrent des autres pour qu’elle ait le mérite d’exister. Déjà, elle participe à l’hameçonnage aux fanservice comme Gainax et Anno aiment si bien faire. Ce personnage avec des couettes, des cheveux violets, des lunettes et des formes généreuses aurait put être la caution « moé » du film…si ce n’était pas une fille si violente, déchainé, téméraire et combattive. Elle n’a pas honte de parler de ses formes, elle aime sentir l’odeur des gens et des lieux, chante en plein combat, aime narrer ses performances en temps réel, se déchaine comme un vrai animal en furie et prends énormément de plaisirs à tuer de l’Ange: c’est un personnage très instinctif, qui se fie plus à ses sens qu’à sa raison. Et ça, c’est pas moé, c’est badass.
Rei pilote pour garder un lien avec l’humanité, Shinji pour être reconnu par son père et les autres (puis protéger ceux qu’il aime), Asuka pour se donner de l’assurance et stabiliser son for intérieur, et Mari pour s’accomplir et s’euphoriser à travers des combats titanesques, allant jusqu’au Japon pour combattre l’ennemi. Sa légitimité est bien prouvé.
Il est même logique qu’elle enclenche le mode Beast de l’EVA-02 car c’est un style de combat qui va très bien avec son caractère, et qui montre jusqu’à quel point l’homme (et donc l’EVA) est capable d’aller pour obtenir ce qu’il désire, quitte à devenir une bête sauvage obsédé par sa proie. De plus, c’est un très bon écho à la scène de la série d’origine, puisque c’était l’EVA 01 qui agissait comme une bête sauvage qui se déplace à quatre pattes, qui montre les crocs et qui mord. Dans la série, Shinji a mis son EVA dans cet état car il était dans un état de supplication, de désespoir et d’abandon de lui-même. Alors que dans le film, il n’est plus une bête mais un dieu vengeur, auréolé, classe et implacable, capable des mêmes pouvoirs que les anges, animé par un Shinji aussi déterminé et héroïque qu’un héros de Gurren-Lagann.
Là, c’est Mari qui a décide d’abandonné son humanité et se laisser animer par la même rage désespérée qu’un animal qui se bat contre plus fort que lui, devenant une bête féroce à la place de Shinji. Donc, elle a remplacée Shinji dans le rôle de la Bête(The Beast, comme le mode d’attaque), pour lui donner sa place de Dieu. Et ce n’est pas anodin, puisque la dualité entre « le Dieu » et « La Bête »(le Démon) est une référence évidente aux christianisme et aux religions monothéistes en général, thèmes visibles partout dans Evangelion.
Donc Mari mérite bel et bien son existence dans ce nouvel Evangelion.
- Pourquoi les scènes d’anges complètement inutiles aussi ? (notamment l’ange horloge et le premier ange)
Bien que tu trouve « hérétique » de voir des anges se faire tuer trop vite, nous ne sommes plus dans une série qui a besoin de rentabiliser sur la formule « un monstre par jour » pour attirer les téléspectateurs et étirer la narration dans le temps ou pour le besoin de développer les personnages petit à petit. Que tu le veuille ou non, un méchant de type « monstre inhumain » sert principalement de miroir, de palier émotionnel ou d’agent narratif, pour mettre le héros à son avantage, le remettre en question dans ses actes, introduire des nouveaux personnages, voir à quel point il a évoluer ou régresser et ce genre de chose. Et tu verras que dans la série, ça a toujours été ainsi et que le film ne fait qu’appliquer la même chose mais de façon plus expéditive, avec plus de mise en scène, de grands effets et un regard encore plus orienté que d’habitude vers le personnage même que le monstre.
Parce que honnêtement, l’ange sous-marin était autant un faire-vouloir pour donner une entrée classe et révélateur des capacités de Asuka que l’ange-pendule. Juste que l’ange pendule avait une apparence encore moins animale et plus métaphysique et cauchemardesque, comme le voulait Anno. Et la façon dont il se fait éclater la gueule et beaucoup plus classe et infiniment mieux mise en scène, grâce au format film, au budget confortable et à la technique actuelle.
- Pourquoi Kaoru est sur la lune ?
C’est un des grands mystères de la série, mais apparemment, son EVA était en construction là-bas, probablement à partir de la carcasse crucifié du premier film. Des théories disent que les childrens sortes des mêmes cercueils que celui de Kaoru dans le premier film. Mais n’oublions pas aussi quand la série d’origine, les anges sont censés être issu de la lune blanche, astre de ceux qui ont mangés le fruit de la vie. Dans End of Evangelion, il y avait même les lune rouge des humains, astre de ceux qui ont mangés le fruit de la connaissance, et la place où toutes les âmes humaines ont été entreposé lors du 3rd Impact. On aura surement le droit à un plus d’explication sur le rôle de la Lune dans l’univers d’Evangelion.
Et en plus, c’est une bonne idée de mettre une branche lunaire de la SEELE et de la NERV. Après, nous sommes dans le futur. Et grâce aux moyens actuels et aux budgets films, les créateurs ont réussis à bâtir un vrai environnement SF pus détaillés à Evangelion, avec des panneaux solaires, des générateurs futuristes, des systèmes complexes de tramway magnétique, ou la réserve aquatique, qui développe encore mieux le background du film et montre à quel point le monde a changé à cause du 2nd Impact et comment cela à affecté la vie des enfants nés après cette période.
- Pourquoi avoir détruit toute la classe qu’avait la scène du second impact ?
Personnellement, je pense que dans le film, on a quelquechose qui ressemble plus à une espèce de distorsion dimensionnelle contre-nature et d’origine cosmique qu’une simple étendue de liquide rouge comme dans la série. C’est comme si il y avait vraiment un pouvoir à la nature incompréhensible pour l’homme qui avait rongé la planète.
Ou alors peut-être que tu fais référence à ce flashback dans la jeunesse de Misato , où elle s’échappe de justesse loin du cataclysme grâce à son père . Je suppose que la durée du film ne permettait qu’on rende cette scène plus longue ou développé. Mais je trouve que la rendre sous forme d’images fixes effarantes et effrayantes en rouge et blanc , s’enchainant de façon fluide et saccadé en même temps sous une mise mélancolique et étrange , ça fonctionne plutôt bien et ça rend bien (et astucieusement) le côté traumatisant de cet instant de la vie du Major sans avoir besoin de beaucoup en faire. C’est aussi , la puissance du cinéma.
- Pourquoi la 3d dégueu (on est bien en 2009?)
La 3D est un cel-shading tout à fait correct, surtout comparé à d’autres initiatives japonaises d’incrustations 3D dans de la 2D. Il fallait que la tonalité des couleurs et textures soient quand même assez uniforme avec les dessins pour ne pas donner un effet de décalcomanie et de fort contraste . Mais après, je conçois qu’il puisse y avoir des personnes qui trouvent ça très gênant et qui finalement voit la 3D comme un intrusion de la 2D, d’autant que c’est pas toujours impressionnant. Je vois ça plutôt comme une sorte de nouvelle habitude à prendre, si on veut à la fois avoir des bonnes séries en 2D mais avec des effets spéciaux et de la mise en scène plus compliqué et moins statique pour servir des histoires ambitieuses et des plans complexes. Parce que les tramways, les bâtiments futuriste, les anges qui sont censés être bizarroïde et indescriptible avec des mouvements de corps incompréhensibles et les EVA qui reproduisent certaines actions schématiques, sans l’aide la 3D pré-calculé, ça aurait :
1. été trop long à faire à la main
2- demandé plus de dessinateurs et d’intervallistes que nécessaires pour ce genre de production
3- été impossible à gérer librement sans un angle de caméra virtuel, parce que avec la 3D, on ne peut pas avoir de point de vue et de déplacement de la vision aussi souple, fluide et facile qu’avec des modèles 3D sur lequel on pivote autour dans tout les sens.
4-été impossible à reproduire avec exactitude avec la 2D seule.
- Pourquoi avoir confier la VF à un stagiaire ? (quand Rei dit « Ikari-kun », on traduit pas ça par « Shinji » !)
Je suis assez d’accord à ce sujet, par contre. Puisque je regarde un film traduit en français, je m’attend donc à ce que le langage soit conforme aux codes linguistiques du français. Et en France, il n’y a pas autant d’importance et de variété sur la façon de nommer une personne, selon le genre de relation qu’on a avec lui, la différence d’âge, de classe sociale, de niveau d’enseignement ou ce genre de chose. En langue française, quand tu t’entend bien avec un camarade de classe, tu l’appelle par son prénom, même si tu le connais que depuis deux jours et qu’il vieux de plus de 2 ans.
Si tu t’appelle Jean Dupont, qu’on soit dans la même école, qu’on se connait depuis deux jours et qu’on ait une différence d’âge de 2 ans, je vais t’appeler Jean, pas « très cher Dupont », ou « Dupont, mon ainé », « camarade protocolaire Jean ».
C’est comme vouloir appeler un dieu de la mort un shinigami ou une sorcière une majo. On fait pas du fansub entre japan-maniac , quand même.
Autant aussi faire appel à toutes les formes de « je » existant, puisque c’est si important en japonais de se désigner soi-même selon, si on est un garçon, une fille, un noble, etc.
Mais même si quelquechose que je n’aime pas trop, ça ,e s’avère pas si gênant que ça et je passe outre ce genre de détail tant que je comprends bien l’histoire. C’est surtout quand il y a des fautes d’orthographes ou des termes trop littérales qu’il faut attaquer, comme quand Rei dit « j’ai ressent de la chaleur quand je suis avec lui », alors que « je me sens bien avec lui » ou » une sensation agréable/chaleureuse m’envahis quand je suis à ses côtés » sont bien plus élégants et proche du propos, et surtout moins ambigus.
- Pourquoi détruire ainsi votre œuvre, monsieur Anno ?
Beaucoup de contradiction se trouvent dans tes propos jusqu’à présent. Tu ne veux pas qu’on touche à Asuka alors que la seule chose qui change, c’est un développement plus rapide du personnage et une autre destiné. Tu ne veux pas de fan-service de peur que cela dégrade la série aux yeux du grands publics ( alors que la génération actuelle a déjà l’habitude de la culture manga, a moins froids yeux qu’avant et s’avère sexuellement libéré ) mais tu ne dis rien sur le niveau élevé de violence qu’étale sans complexe le film ? Tu veux un film adulte mais tu ne veux pas qu’il fasse des blagues pour adultes ? Tu aurais l’œil pour repérer des partis pris de traductions pas très gênant mais pas assez pour repérer des fautes plus conséquentes. Quant aux oreilles …
En plus de ça, il y a un reniement de la volonté de Anno et de Gainax qui a toujours existé depuis ses débuts ; celui d’allier le fun et le décontracté des anime de niche pour otaque avec des enjeux émotionnels forts, des histoires marquantes et des personnages inoubliables pour fédérer tout et tous.
Il faut faire un choix clair et net, et accepter les différences nécessaire quand tu veux reconstruire tout un imaginaire et l’adapter à un nouveau format, à des enjeux plus contemporains, à une nouveau style de narration, à une nouvelle époque qui a besoin de son Evangelion, qui demande un Evangelion où cette fois, son créateur à la liberté totale de faire la série qu’il a toujours voulu faire.
Sinon, on est pas mieux que les ayatollahs qui crachent sur la version film du Seigneur des anneaux jurant que par le livre, ou ce qui pète des crises pour savoir quel console de jeux vidéo est la meilleure du marché, ou même ceux qui n’admettront jamais qu’on puisse trouver des James Bond plus mauvais que d’autres. La sacralisation figé d’œuvre de fiction est la porte ouverte aux illusions et à la stagnation.
Recul et clairvoyance sont les meilleurs qualités que puisse avoir un fan digne de ce nom, et sa culture devra être constamment invoqué pour savoir différencier un œuvre entre une œuvre, que ce soir par apport à son support, ses nécessités ou ses codes nouveaux. Sinon, c’est la porte ouverte aux Sin City, aux 300, aux Watchmen et autres Harry Potter, qui reprennent quasiment à la lettre le contenu du format d’origine, sans jamais le transcender ou alors apporter une nouvelle vision.
Ni bon, ni mauvais, au contraire: ils sont dramatiquement quelconque, s’appuyant trop sur le support d’origine pour être véritablement remarquable en tant que film. Je ne veux pas croire que tu es attaché à ce point à la version d’origine pour que tu lui refuse ses nouvelles libertés acquises de droit , en qualifiant ce film de gâchis en te basant sur des critères pareils. Oui, ce n’était juste qu’une affaire de critère (en tout cas, on ne te reprochera pas de gober tout ce qu’on te donne sans réfléchir. Mais l’excès de refus est pareillement condamnable).
Entre le manque de moyen, la pression des producteurs et les restrictions de la série, et la rage incontrôlable du Film « End of Eva », Evangelion a réussi à avoir l’honneur ultime de bénéficier d’assez de moyens, d’indépendance, de confort, d’appuis matériel et de liberté pour pouvoir s’épanouir et peut-être délivrer une version claire, nette et définitive rêvée par son auteur, qui est maintenant loin de l’otaku tourmenté et désorienté par le business et ses propres déceptions qu’il était avant.
Il a maintenant tout les moyens qu’il a disposition pour enfin faire l’Evangelion qu’il a toujours rêvé, en reprenant ce qu’il a aimé dans la série d’origine quitte à faire de la reproduction ou même changer complètement d’autre chose, troublant les repères des fans de la première heure , et ce avec la à la fois folle et réaliste ambition de vouloir remettre la plupart des productions animé à leur place, lui qui estime avoir laissez le coffre-fort ouvert pour ne voir que son guichet se faire dévaliser.
J’ai été touché par la sincérité de ce nouvel Anno aux poches et la vie enfin pleines, qui a trouvé l’amour chez Moyoco Anno, qui a eut l’occasion de revenir aux films et séries live comme il l’avait prévu plus jeune, et a l’appui d’un Gainax qui est devenu un géant de l’animation japonaise, et des même sponsors qui ont tellement de mal à le supporter dans les 90, et qui maintenant s’incline devant cette machine à succès qu’est la franchise Evangelion.
Il même a t fait son propre studio à l’occasion , qu’il a gracié dès le départ d’un Evangelion qui alimentera sans mal ses tiroirs-caisses pour qu’on puisse espérer d’autres nouveaux longs-métrages de qualité post-Rebuild of Eva. Avec en plus des Mamoru Hosoda, Makoro Shinkaï, Satoshi Kon et autre Keiichi Hara en circulation, il faut bien penser à l’avenir de la japanime ambitieuse au cinéma une fois que Miyazaki aura quitté ce monde.
Je suis vraiment touché parce que ce type à réussi à créer alors qu’on lui a donné les pleins pouvoirs. On sent dans chaque scène sentimentale le même soin qu’on trouvait dans ses drames à acteurs réels, dans chaque scène d’action son amour pour les dessin-animé, les robots géants, les kaiju eiga et les héros super-cool et over the top qui se battent comme nul autre (un fan de Gainax ne peut s’empêcher de penser à Gunbuster devant la dynamic entry de Asuka ), et on sent dans chacun de ses grands finals, tout les fantasmes de dépassement humain possible et imaginable.
Dans quel autre film avez-vous déjà vu dieu robot géant sonder le cœur d’un monstre hideux hyper-puissant, afin de sauver une jeune fille prisonnière des entrailles de la bête, voulant la réunifier avec le pilote du Dieu, risquant la désintégration de son âme pour sauver l’être aimé, alors que se joue une musique romantique , parvenant à couvrir la fureur sauvage et apocalyptique qui se répercute sur le lieu de bataille et qui terrorise les témoins. Même témoin qui assiste à la fin de monde , qui se déclenche en même temps que les esprits des deux enfants s’étreignent, exténués , envahis par la félicité, enfermés dans le Dieu vengeur robotique , qui a lui-même invoqué cette apocalypse qui frôle la Terre ?
Dans quel autre film?
Anno a été le seul à nous livrer une telle expérience cinématographique. Des images aussi débordantes d’inventivité, de merveilleux, de symbolisme décomplexé , de grandiloquence est l’œuvre d’un homme sincère, ambitieux, passionné et à l’imagination développé qui témoigne son amour infaillible pour l’univers qu’il a créé.
Ce ne n’est pas l’œuvre de quelqu’un qui veut s’auto-détruire.
———————————
[ * : bah en fait si, mais voilà ce que ça fait d'écrire au passé. Voir Ionismés Noreos épisode 0 ]
———————————
Après-propos:
Pour le reste, le billet de DarkSoul sur Meido-Rando ressemble plus à un vrai avis construit et exhaustif et contient beaucoup plus d’information et donc d’élément important à savoir sur le film et c’est le texte de référence français pour savoir tout ce qu’il vous faut sur ce film.
Si vous avez loupé les autres avant-premières à Lyon et Angoulême, il reste plus que la Belgique. Sinon, il y a plus qu’à attendre la vraie sortie nationale dans un nombre ridicule de salles paumées le temps d’une semaine ou deux avec projections pourries. Date prévus: dans trop longtemps.
Quant à mon texte, j’invite ceux qui ont vu le film à laisser leurs impressions à eux ici, si ils peuvent essayer de ne pas s’entretuer. Sérieusement.
Par contre si certaines de mes infos sont erronés dans mon article, indiquez le moi sans m’arracher la carotide, en passant. Le petit minimum, quoi.
Et vivement la sortie de Quickening aussi.
Petit bonus :
Les 3 insert-songs provenant du domaine public japonais qu’on peut trouver dans le film, chacun attribué à un personnage et son moment-clé. L’orchestration et la voix sont bien sûr complètement différente dans le film. N’hésitez pas à chopper l’OST pour écouter les versions arrangés et les autres excellents morceaux bien sûr , et de préférence dans votre ascenseur (huhu, désolé ).



