Durarara : à faire perdre la tête !!
J’aime beaucoup lancer des avis expéditifs alors que les choses n’en sont qu’au début. Je suis un con, je sais. Mais j’aime ça. Et je vais recommencer encore une fois : Durarara est une bombe.
Durarara selon Arca. Note le bout d’otaku féminin entre Shizuo et Izaya. Ça m’arrache un sourire à chaque fois !
Je n’ai vu que quatre épisodes (cinq en fait, l’article a trainé sous forme de brouillon quelques temps…), mais je peux déjà l’affirmer. Et j’aurais pu après le premier. D’ailleurs je le pensais. J’ai failli le faire après le deuxième. Et puis la flemme. Mais là après ce quatrième épisode c’est putain de certain. Durarara c’est tellement bien qu’on pourrait dire que c’est génial !
Commençons par ce qui saute aux yeux : Le chara-design. Mon premier contact avec Durarara je le dois à mon cher Arca alors qu’il me citait ses chara-designers favoris. Je me souviens avoir dit que Suzuhito Yasuda avait un style sympa mais qu’il ne passerait pas à la postérité car trop ancré dans l’époque. Une connerie dans le genre. Quand je vous dis que je suis un con. (M’enfin, c’est toujours ce que je pense, de toute manière les design vieillissent toujours. C’est la triste réalité.)
Reste que, malgré mon avis sur son passage à la postérité, il me faut bien avouer que Yasuda a fait du super bon boulot sur Durarara. Le chara-design claque. C’est un fait. C’est un des atouts principaux de cet anime. D’aucuns me diront que le plus important c’est la filiation avec Baccano ! mais je n’ai pas vu ce dernier (une édition française quelqu’un ?) donc je ne peux pas vraiment me baser sur la qualité du staff (qui d’après ce que j’ai compris est sensiblement le même que celui de Baccano !) tout comme nombre de personnes. Disons que cela lui donne une réputation. C’est déjà pas si mal.
Et sans raison, aucune, voici l’opening !
Mais qu’en est-il de la qualité réelle de l’anime ? Le premier épisode présente simplement les personnages. Pourtant on ressent une ambiance particulière. La musique est particulière, il y a bien des thèmes classiques pour un anime mais tout un pan de la BO est tournée vers un style jazzy assez mélancolique (ou ce que j’assimile au jazz, je ne m’y connais pas du tout). C’est original, on n’entend pas ça tous les jours, mais des expérimentations sur la musique, on a déjà connu ça dans les séries de Watanabe et faut avouer qu’on est un peu blasé et pas facilement impressionnable depuis qu’on a pris un peu de bouteille. Fort heureusement, la musique colle bien à l’univers, un univers décalé. Comme un monde normal, mais avec des touches de surréalisme ici ou là. C’est toujours un peu casse gueule de tenter d’inclure des pouvoirs ou du surnaturel tout en l’inscrivant dans un monde connu. Enfin, c’est mon avis perso qui est assez peu suivi dans le monde otake… Reste que pour moi doter un univers réaliste d’un soupçon de surnaturel est une délicate entreprise dont Durarara s’extirpe haut la main en présentant ce surnaturel comme normal. C’est la force de ce premier épisode, en suivant Mikado Ryugamine dans sa découverte par son pote excentrique du quartier d’Ikeburo, on découvre l’aspect surnaturel comme étant un aspect normal, comme les gangs, du coin. Oui, un mec balance des distributeurs, mais c’est normal. Et Mikado trouve cela normal. Et la musique te dit bien « mec, ça c’est ton monde, mais ce n’est pas tout a fait ton monde » en jouant sur l’aspect habituel ou non du score que l’on a dans les oreilles. Et ça passe. Toi aussi tu te dis : « Bah ouais. C’est normal. Cool. Mais normal. »
Cependant, au-delà du tour de force de faire passer le constat de la présence surnaturelle comme normal, il faut avouer que le premier épisode est un peu vide question fond. On a un mec qui est plutôt casanier qui débarque dans une grande ville et prend un premier contact avec ses dangers et ses autochtones, pas de quoi fouetter un chat, même si les personnages en question sont assez truculent (Ah ! Simon le black russe !). Arrive alors le deuxième épisode. Et ça commence plutôt mal. Puisqu’une voix off parle de réalité différente… Ah non… Pas ce truc de réalité différente. Matrix ça a plus de dix ans maintenant… Sauf que ça ne parle pas du tout de cela. Ce deuxième épisode est un bijou d’écriture. A partir d’un procédé simple, on obtient un épisode magnifiquement construit et loin d’être dénué de fond. Si tu n’as pas vu ce deuxième épisode, saute le paragraphe suivant.
C’est ici qu’il faut sauter !
Souviens-toi. A la base, on nous annonce que Ryo Kamichika aurait du mourir le jour de l’arrivée de Mikado (lien pas trop safe…) à Tokyo. Mais voilà elle est sauvée par notre motarde sans tête. Puis est menacée par l’informateur qui s’amuse en bon sadique qu’il est à la torturer psychologiquement, tout en la tenant dans le vide. Deuxième fois qu’elle « aurait du mourir ». Finalement il ne la lâche pas et se casse. La laissant sur le rebord du toit de l’immeuble. Elle regarde le sol et hésite. On se dit « troisième fois qu’elle aurait du mourir. Donc elle ne le fera pas. Elle n’aura pas le courage ! ». Et elle saute. Eh ! Mais ! Et elle est sauvée par notre motarde favorite qui la rattrape grâce à ses pouvoirs avant qu’elle ne s’écrase au sol comme une prune trop mûre qui tombe d’un arbre. On se dit que c’est la quatrième fois qu’elle aurait du mourir. Du moins qu’on le pense. Et finalement, notre demoiselle avec son casque à oreilles répond à Ryo quand elle lui demande pourquoi elle l’a sauvée : « Parce que le monde n’est pas aussi dur que vous ne le croyez ». Voilà le vrai moment ou elle est sauvée. Après cinq sauvetages physiques. Celui qui compte. Magnifique. Et on rejoint le postulat de base : la réalité n’est pas forcément celle qu’on voit. Ryo voyait tout en noir, car elle le voulait. Sa réalité n’était pas la réalité, juste ce qu’elle pensait qu’elle était. Pas de Matrix. Ouf. Mais surtout un discours bien amené, des rebondissements sans grands éclats de musique, sans diatribes, tout en douceur et en mélancolie pour arriver à la compréhension du message originel. Via la motarde. Ce qui n’est pas anecdotique.
C’est ici qu’il faut atterrir. Et avec grâce, s’il te plait.
Autant dire que le deuxième épisode ma totalement convaincu, instaurant la preuve que le fond ne serait pas absent de cette série pourtant attrayante visuellement. Le beurre et l’argent du beurre en somme. Cela dit, la mélancolie, c’est bien, mais Durarara ne sera donc qu’une série mélancolique ? L’opening semble dire le contraire, mais ce ne serait pas la première fois qu’un opening ne correspondrait pas exactement à l’ambiance de l’anime (ça peut avoir son charme, pensez SZS). Cette réponse nous l’auront lors du troisième épisode, qui démontre que l’opening pêchu n’est pas là sans raison. On ne va pas tomber dans du surexcité non plus, mais ça va bouger. Tant au niveau actions, rencontres que révélations. Encore une fois si tu n’as pas vu cet épisode saute le paragraphe suivant l’image.

Tu veux te faire spoiler la tronche, c’est ça ? Je viens de tenter et c’est fun. Mais ça fait saigner…
Ici, ça ira vite. Quand ça bouge, il y toujours moins de choses à raconter. Mais note tout de même la rencontre avec des prétendus dollars, la démonstration de talents (de force devrais-je dire pour deux d’entre eux !) de trois personnages principaux devant un Mikado qui rencontre justement les deux personnes que Kida lui avait justement déconseillé de rencontrer. (Dont un qui se montre particulièrement intéressé par le Mikado en question) Il y a aussi le lycéen séchant le lycée qui retrouve son grand amour avec questionnement sur l’identité de cette personne puisque Anri (la déléguée) qui connait pourtant Seiji Yagiri (le lycéen qui sèche) a cru elle aussi reconnaitre cette jeune fille avec sa cicatrice autour du cou, sauf que non. Un épisode qui sera marqué par la découverte de bien des choses et par une baston, ma foi, fort sympathique.
Par le Grand Putois (ce n’est pas moi, c’est comme un dieu, mais c’est un putois) tu peux reprendre ta lecture ici.
L’anime sort ici de sa réserve, présente les intrigues et lance la machine. On s’attend désormais à des révélations de petite envergure régulièrement avec de grosses révélations vers la fin de l’anime. On s’attend à un des épisodes du même genre par la suite. Sauf que pas du tout. Le quatrième épisode prend totalement à contre pied, balançant un énorme pavé dans la marre, t’éclaboussant de sa classe et de son intelligence au passage. Tu connais le chemin… saute le paragraphe comme tu sauterais… un mouton. (A quoi tu pensais, hein ?)
Voici les reins du mouton ! Pose tes mains et saute !
Ce quatrième épisode est une nouvelle preuve de l’audace narrative et du génie de ses auteurs. Ici on ne nous explique ni plus ni moins que le plus gros mystère de la série jusque là avec la révélation de l’identité de la motarde, une duhallan, l’esprit celte (le cavalier sans tête) on la voit nue, on connait ses caractéristiques physiques, on apprend que son but est de retrouver sa tête qui contient entre autres ses souvenirs et qu’elle souffre de cette condition précaire. WHOA ! De l’audace. Encore de l’audace. Et de l’intelligence. En faisant de la Duhallan un personnage à part entière, l’intérêt pour la série augmente encore et le surnaturel normal est de nouveau ancré, et plus profondément encore.
Voilà ! Tu viens de dépasser la tête de l’animal, tu peux faire rejoindre le sol à tes pieds. (jolies chaussettes au passage)
Après quatre épisodes, la preuve est faite de l’intelligence narrative de cette série. C’est de loin son meilleur atout. Bien plus que son chara-design réussi. C’est elle qui avec la BO donne cette ambiance si particulière (car on retrouve l’intelligence de l’écriture dans celle des scènes, évidemment et des dialogues aussi) qui fait de Durarara probablement le meilleur anime de 2010. Si ce n’est pas le cas, 2010 restera dans les annales.
Mais Durarara n’a donc pas de défauts ? L’animation est faiblarde. Mais la réalisation fait que cette économie de moyen aide au style avec des mouvements rapides et assez peu amples. Et la réalisation sans même jouer sur le style est assez intéressante lors des scènes (jusqu’ici assez rare) d’action pour qu’on passe l’éponge sur le nombre visiblement peu élevé d’images différentes par secondes. Et puis l’ambiance sonore peut déplaire, de même que le rythme. Mais ce sont là des questions de gouts. Arrive alors le cinquième épisode.
J’ai eu beau me creuser la tête, je n’ai pas trouver de grands bouleversements narratifs dans le cinquième épisode. On me dira qu’après avoir commencé si fort, c’est normal de ralentir un peu. Sauf que ce cinquième épisode m’a un peu déplu. Alors Durarara aurait finalement des défauts qui me gêneraient ? Et bien ce cinquième épisode, oui. Mais c’est très relatif à ma personnalité, donc à prendre avec des pincettes. Le prochain paragraphe est interdit aux yeux innocents. Comprendre, ceux qui n’ont pas vu l’épisode ; pour celui qui aurait des doutes.
NSFIE : Not Safe For Innocent Eyes
Alors penchons nous sur cet épisode cinq qui lui même s’intéresse au cas Kida. Et première déception, on n’apprendra rien ou presque durant cet épisode. Il sera tout en lancé de pistes. C’est dommage, car j’aurais vraiment apprécié entrer plus en profondeur dans la vie de Kida comme j’avais plongé dans la vie de Selty. On peut un peu considérer ce cinquième épisode comme un premier épisode normal sur ce point qu’il ne révèle que des bribes frustrantes d’informations. La volonté de cet épisode est clairement de faire monter le suspense. Le problème vient pour moi de la méthode que je trouve un peu artificielle comparée au prémices de la série. J’ai un exemple précis qui m’a vraiment déplu : tu dois t’en souvenir aussi, Kida veut obtenir des renseignement sur les Dollars et va voir ses potes otakes et leur demande ce qu’ils savent. Et quand la discussion commence, la camera elle se casse. C’est une chose que je ne supporte pas. J’appelle ça du suspense artificiel. Le suspense doit venir du récit, pas d’artifices superfétatoires de ce type. C’est trop grossier. Trop visible. Bon, au moins ce n’est pas un personnage qui arrête sa phrase en plein milieu… (le pire des artifices accessoires que je connaisse) Il faut comprendre que mes attentes envers Durarara sont tellement élevées que le moindre petit truc me parait énorme. Il me faut tout même dire que l’épisode est bien construit, absolument pas linéaire, qu’il varie les pistes (même si certaines choses sont un peu grossières : on parle des foulards jaunes, hop des gars prennent la tête à Kida et s’en prétendent membre) et qu’il offre un regard éclairant sur la personnalité de Kida, qui est un personnage qui vaut le détour. La scène du harcèlement valait vraiment le coup d’oeil. Je trouve simplement que l’épisode se disperse trop. Justement parce que je voulais en apprendre plus sur Kida, qui à cause de son statut de guide touristique de Mikado fut le parfait personnage à suivre pour un épisode devant brasser large.
SFIE : Safe For Innocent Eyes.
Finalement ce cinquième épisode n’est pas mauvais, mais ne correspondait pas à ce que j’attendais, ce qui arrivera forcément encore. Et si le suspense superfétatoire ne s’invite pas trop, cela ne diminuera en rien la qualité de cette série, qui à travers cet épisode qui m’a pourtant moins plu, m’a cependant montré qu’elle continuait à faire les choses avec intelligence. Et puis, j’ai pu le revoir une deuxième fois sans m’ennuyer (avant de finir cet article justement, et pour attraper tous les noms que j’avais oublié…) preuve qu’il est bien mené.
Pour finir un petit résumé pour les flemmards qui se fichent de mon argumentation plus ou moins pointilleuse, NO SPOIL INSIDE :
Pourquoi Durarara c’est bien ?

« Ne me regarde pas comme ça ! Le résumé c’est tout ce qui compte ! Pourquoi se prendre la tête avec les détails ? Mais soit attentif, pour ça ! »
- Parce que c’est intelligemment écrit comme le prouve premier épisode qui fait accepter le « surnaturel normal », le second épisode et ses fausses pistes qui sont pourtant des étapes menant à la vraie révélation, le troisième épisode et la prise de rythme, l’accélération de l’intrigue et le quatrième épisode et son pavé dans la marre.
- Parce que la BO est étrange mais maitrisée. Qu’elle aide à l’entrée dans le monde de Durarara.
- Parce que le chara-design est réussi.
- Parce qu’il y a du fond psychologique. Et qu’il est habilement mis en place.
- Et enfin, parce que c’est audacieux.
En vérité, il y a tout un tas d’autres raisons ; un anime de cette qualité c’est rare. Profitons-en.
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La foire au PS (là où Putois fait sa pub et raconte sa vie) :
1) Durarara est visible gratuitement sur la page dailymotion de Dybex (vive le simulcast), un épisode tous les dimanches (le soir apparemment). Et comme je suis sympa : clique ici pour voir le premier épisode (et les autres)
2) Merci à Arca, une fois encore. Je ne veux pas savoir combien de temps il a mis pour l’ensemble. Et va lire sa BD.
3) On pensait tous que c’était mort, mais Super SpaceShip Adventures ça continue ! Le treizième voyage (un voyage = un chapitre mais ça fait thématique…) est sorti. Et le quatorzième ne devrait pas trop tarder. Je crois.
4) J’ai fait de mon mieux pour le titre… Désolé…
5) Et pour la mise en page… Là je suis vraiment désolé (car je suis très content de mon titre pourri) mais sans balises spoil… On fait au mieux pour ne spoiler la tronche du vierge effarouché en mettant en gras ce qu’il peut lire sans risque. C’est un peu moche. J’avoue. MAIS C’EST PAS MA FAUTE !!! D’abord. Edit : Pour finir, j’ai utilisé la balise « citation » pour décaler le texte. En espérant cela suffisant. Et moins moche… ^^



