Soviet Voice

[Ermite Moderne]Création du site « VoxMakers.fr » et premier épisode de « 4D – Au-delà du pixel »

Comme vous le savez,  j’ai dit à plusieurs reprises que je préparais quelques projets spéciaux à côté de la création de mes vidéos.

Deux de ces projets viennent tout juste de se concrétiser et de fusionner en un seul. En effet, une idée d’émission consacrée aux jeux étranges, bizarres et atypiques me trottait en tête depuis un moment avant qu’enfin je ne la réalise. Et c’est dans un cadre très spécial, un nouveau site web dont j’ai contribué au fondement et à la conception, que cette nouvelle émission s’inaugure.

Dorénavant, toutes mes vidéos seront diffusés sur un nouveau site réunissant divers créateurs vidéo du web francophones :

VoxMakers.fr.

Et je vous invite cordialement à consulter ce site et le mettre, si vous le voulez bien, dans vos favoris. Bien entendu, il est normal de vous renseigner avant d’adhérer à quoi que ce soit.

C’est pourquoi j’ai fait une petite vidéo de présentation et d’explication concernant le concept derrière le site et ses objectifs : http://www.voxmakers.fr/?p=64

Maintenant que vous savez tout ce qu’il y à savoir concernant le nouveau site où mes prochaines vidéos seront diffusées en exclu, je n’abandonne évidemment pas Soviet Voice. Je continuerai de vous avertir de la création de mes prochaines vidéos et joindrai un lien vers les pages où elles seront publiées. De plus, je vais continuer comme à mon habitude de prolonger l’expérience des vidéos avec mes rédactions complémentaires comme j’ai pris l’habitude de le faire.

Sans plus attendre, je vous présente « 4D – Au-delà du pixel« , une émission consacrée aux jeux vidéo les plus bizarres, orignaux et mystérieux jamais créés. Qui que vous soyez, soyez curieux car une aventure hors de la normalité vous attends !
Dans ce premier épisode, vous pouvez voir qu’il suffit juste d’un ressort en plastique pour sauver le monde des forces du mal, avec  « Somer Assault/Mesopotamia » pour la PC-Engine.

Cliquez sur la carte-titre pour voir la vidéo.

Maintenant que la vidéo est vue, passons à  l’article de complément !

(suite…)


Ermite Moderne 01 : Kung-Fu Master vs La France

Parce que le film romantique teinté de vidéo-ludisme , c’est nous les grenouilles qui l’avons fait en premier d’abord !  Qui a dit que la France est réfractaire à la culture populaire ? (dans ta gueule , Scott Pilgrim).

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=lMt6DHxwojE[/youtube]

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=hG2JINXVtwY[/youtube]

Sérieusement , si vous ne pouvez plus attendre de voir un film qui sait mettre en parallèle dilemme humain et jeux vidéo , je vous conseille vivement de regarder Ben X de Nic Balthazar , film belge contant l’histoire d’un joueur de mmorpg atteint du syndrome d’Asperger qui se fait maltraiter à l’école et qui ne trouve réconfort que dans le jeu vidéo et une relation qu’il entretient avec sa healeuse , au point que celle-ci l’inspire à prendre des initiatives et à sa battre aussi bien en vrai que sur son jeu.

Le sujet aurait put être très casse-gueule et plein de pathos , mais le film s’en tire vraiment bien, avec son personnage principal bien décrit , sa capacité à nous mettre dans la peau de ce personnage confus et constamment « agressé » dans plusieurs sens du terme (et pas qu’en comptant sur des monologues gonflants intérieurs) , une photographie éthérée et clair-obscure qui renforce l’aspect viscéral du récit et  une mise en perspective du jeu online comme possibilité de vraiment se rapprocher de ses semblables humains (comme le disait Alexandre Astier  à un moment on ne joue plus pour le jeu lui-même mais pour les autres) surtout quand ça parait plus difficile dans la vrai vie.

Rajoutons aussi  un montage et une mise en scène qui alterne entre le contemplatif et le nerveux , avec des vrais moments d’angoisses, de suspens et de mise en parallèle d’images vraies et vidéoludiques pour étayer le point de vue du héros (voir la scène de son agression par des délinquants superposée avec un combat contre des orcs), et le tout doublé d’une dénonciation du happy-slapping , du cyber-bullying et de la presse sensationnaliste (qui va vraiment très loin , mais il faut voir la fin pour comprendre)… tout ça pour dire que ce film est plus que recommandable.

Ou alors vous pouvez aussi voir le merveilleux Summer Wars , indispensable pour tout ceux qui affirment s’intéresser à la communication et aux enjeux technologiques et humains de son époque (en plus d’être juste très fun).  D’ailleurs je projète de mettre en parallèle ce film avec un autre sorti à la même période , qui aborde le même sujet et qui est d »origine française, mais qui s’avère être sou double négatif  en tout point (je me garde de dire son titre maintenant). Pour une prochaine vidéo peut-être.

En cadeau bonus , les 3 faussesaffiches de film français aux titres vidéo-ludiques qui ont servis pour la vidéo (merci milles fois encore à Nash, Kalu et le Docteur pour les avoir réalisés).

Par contre , je vais peut-être faire une autre chose qu’une critique de Percy Jackson la semaine prochaine. Il faut surtout que j’arrive à mieux maitriser mon logiciel de montage ; on sent encore que je suis pas complément à l’aise et qu’il y a desfois des défauts de son et d’enchainement des extraits. Faut aussi que j’arrive à trouver un style définitif sur ma façon de jouer ce personnage de l’Ermite…

Bah ! Rien d’irrémédiable avec beaucoup de temps libre.


Jouer à Arcanum en 2009

ac1

Voilà quelques mois, je vous expliquais comment jouer à Baldur’s Gate 1 ou 2 en haute résolution, vous épargnant une visite chez l’ophtalmo. Si, à l’époque, un oldie pouvait s’avérer difficile à installer du fait des évolution du software (mauvaises compatibilités DOS, mémoire conventionnelle, drivers ou autres conneries), de nos jours, les problèmes viennent surtout de l’explosion des résolutions : un jeu en 800×600 sur un 24 pouces, c’est soit une minuscule fenêtre, soit une bouillie de pixels en plein écran. Aujourd’hui, nous allons donc voir ce que l’on peut faire avec un Arcanum, vénérable RPG dépassé techniquement avant même sa sortie, contrairement aux Baldur’s.

Rarement un jeu souffrait d’une telle avalanche de pauvres choix graphiques. Entre une palette de couleurs tirant en permanence vers le chiasseux (marron merde, vert caca, rouge crotte, on croirait les développeurs scatophiles), des cartes désespérément plates, des décors faisant passer Fallout, pourtant plus ancien, pour une merveille, des personnages mal animés… réaction horrifiée instantanée garantie, limite Dwarf Fortress semble beau en ASCII. Y jouer de nos jours sur un écran ne serait-ce que 19 pouces, c’est perdre trois points à chaque œil par heure.

Pourtant, après mes récentes pérégrinations sur Dragon Age : Origin, lancer Arcanum choque par l’appauvrissement manifeste du RPG ces dernières années. Arcanum, c’est une tonne de dialogue, des plâtrées de quêtes, un système jour/nuit, des NPC qui ont une vie, un univers original… autant d’éléments oubliés dans Dragon Age, même si, bien sûr, tout n’est pas si noir, avec en particuliers les progrès immenses réalisés sur la narration. N’empêche, le simple fait de se promener dans un monde mêlant l’héroïc fantasy la plus banale, avec ses elfes, ses nains et ses ogres, avec une révolution industrielle est d’une grande fraicheur après le copier/coller de Bioware. On se prend à imaginer, l’œil humide, le fabuleux potentiel graphique d’un tel univers dans les mains d’un développeur doué.

Revenons à nos moutons. Pour la recette du jour, il vous faut, idéalement, un Arcanum anglais. Si vous n’avez pas la chance d’avoir une version originale, téléchargez-le. Si vous ne possédez aucune version, achetez-le. De toute manière, l’anglais d’Arcanum est sublime, subtil mélange de modernité et de tournures XIXe siècle. Il vous faut ensuite récupérer :

– Le dernier patch des développeurs 1.0.7.4
– Le dernier patch de la communauté v81229
– Le pack des townmaps mises à jour (optionnel)
– Le high quality music pack (optionnel)
– Le patch High Res

Ces fichiers sont disponibles dans l’espace téléchargement du site Terra Arcanum. XP, Vista et Seven sont supportés. L’installation est simplissime. Commencez par votre jeu, puis procédez dans l’ordre indiqué ci-dessus. Il suffit en général d’indiquer le chemin d’installation du jeu (par défaut c:/sierra/arcanum).

Pour le patch High Res, une fenêtre DOS se lance automatiquement et vous aide à configurer. Vous pouvez choisir la résolution que vous voulez du moment que votre carte graphique la supporte, et quelques autres options vous sont proposées, en particulier une permettant d’augmenter la taille des polices. Il se peut que vous deviez tâtonner un peu si ça ne marche pas du premier coup, auquel cas le highres.bat sert à relancer la configuration. Pour ma part, après quelques difficultés, j’ai obtenu un bon résultat avec une résolution de 1700*1000 (sur un écran 1080p, la résolution 1920*1024 semblait poser problème) et en lançant le jeu en fenêtré. Pour ce faire, créez un raccourci vers l’exécutable d’Arcanum et ajoutez –window. Quelques bug d’affichages peuvent apparaître dans les menu de lancement du jeu, mais la situation redevient normale une fois votre partie lancée.

Le résultat donc, sans réduction des images afin que vous voyez bien ce que ça peut donner (moche, forcément, mais protégeant vos pauvres yeux) :

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Le bar Oldies : Manhattan Dealers

En fouillant dans le grenier de mes parents, j’ai trouvé un jeu qui m’a pas mal marqué. Et comme pour l’article précédent de cette rubrique, il s’agit encore d’un jeu développé par une boite francaise, Silmarils. Auteur, entre autre de la série Ishar (que je ne connais pas trop). Et il s’agit, là encore, d’un nanar.

Son petit nom, Manhattan Dealers, il est sorti en 1988 sur Atari ST et Amiga. Ma version d’époque était, comme pour Mission, sur l’amstrad PC. J’ai fait ce test depuis la version Atari ST (ma version ne marchant plus, la faute aux disques 5″1/4, non protégé contre la poussière). Il s’agit d’un beat them all en quelque sorte.
Des l’intro, on sent déjà le niveau très qualitay: présentation du jeu par une voie digitale affligeante dans un accent français particulièrement ridicule. Admirons le ton grave lorsque le mec cite le titre du jeu, il se force a peine. L’image de l’écran titre est cependant pas trop moche pour l’époque.

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ThatGuyWithTheGlasses.com: the greatest website I have ever seen in my life! 1/2

(merci a Diaghilev pour s’être fait chier comme un rat mort a corriger les fautes)

J’aime bien lire l’Editotaku et je suis content d’écrire à Soviet Voice. C’est donc parce que j’apprécie ces deux sites que j’ai décidé de les faire chier en même temps en postant chaque moitié de mon nouvel article chez chacun d’entre eux. Parce que vos histoires de Corky et de Hans Christian Andersen,  ça fait faire à mes testicules « untan! untan! ».

Enjoy! 🙂

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That's all, folks...
Chaque amateur de film pourvu d’un peu d’humour et d’une connexion Internet sera tenté, au moins une fois dans sa vie, de réaliser une sorte de vidéo parmi trois.

Il y a le détournement, popularisé sur le net par les DivX de la Classe Américaine, la Gotohwan et Mozinor.

Il y a les remakes en version suédée, popularisés par le film « Be kind, rewind » (oui, il a un titre français littéralement traduit, mais ça rime pas donc poubelle), dont l’existence apporta une caution artistique à des créateurs de fan-films sans talent, argent et équipement mais qui ont plus de 16 ans.

Mais le genre qui est peut-être le plus facile d’accès et qui garantit une plus grande chance de toucher le spectateur avec efficacité, c’est les « films en 5 secondes », on l’on résume les grands films en montrant l’essentiel, le(s) meilleur(s) moment(s) ou bien le(s) plus risible(s).
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Le bar Oldies : Mission (Amstrad CPC)

Après la péripétie d’il y a un peu plus d’une semaine. Soviet Voice va reprendre un rythme normal.

Cette fois, on va avoir affaire à un jeu très vieux. Et pas n’importe lequel, un jeu français, qui parle le françois. Le jeu ne vous dira sans doute rien, mais je suis sur que le nom de la boite va rappeler des souvenirs aux plus vieux d’entre nous : Loriciel. Mission, sorti en 1987, fait parti de mes premiers jeux (mais pas le premier). J’y ai joué sur un Amstrad PC (disquette 5 1/4 !). A noter que le jeu est sortie sur de nombreuses plate-formes telle que l’Amiga ou l’Amstad CPC Le scénario de ce jeu au nom banal ? y en a pas, enfin, j’ai essayé de le comprendre et on peu conclure que l’on incarne un mec prisonnier d’un labyrinthe qui doit s’en échapper. En fait, après quelques recherches sur le net, il s’agit de retrouver le créateur de la bombe la plus puissante jamais construite, Malox (il a un nom de fabricant d’outillage) et de l’empêcher de vendre son arme a des puissances ennemies. On ne peut plus banal.

Déjà, l’intro avait un look marrant, tout en arrondis, avec un musique très sympathique, mais répétitive (on est en 87) qui tourne en boucle jusqu’à que vous validiez. La musique se conclue à la validation.

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Les dix RPG de ma vie

Article spoil-free!

 
A l’occasion de mon article sur Fallout 3, Etsilihin signalait dans les commentaires ce classement des meilleurs RPG de tous les temps établi par un site de jeux vidéo parmi d’autres. Sans épiloguer sur le mauvais goût profond de ce classement, j’avais gardé l’idée, à l’origine pour le quartier libre de l’ami raton. Finalement, ce dernier est plutôt bien pourvu 1, autant préserver à Soviet la primeur de ma prose.

Avant de classer, encore faut-il échantillonner, décider des titres à même de concourir dans mon petit panthéon. Le genre est en effet hétérogène, je l’évoquais il y a peu, et critiquais le grand fourre tout qu’était ce classement de gamepro. Un The Witcher et un Fallout 3 partagent déjà bien peu, alors que dire en incluant un RPG nippon type Final Fantasy. Quelle que soit la définition choisie pour ce classement, elle serait largement arbitraire, je décidais donc de conserver un maximum de titres, même très différents, du moment que le composant jeu de rôle y tient une place  de choix. Ainsi, en plus des RPG classiques, occidentaux ou japonais, action RPG, tactical RPG, MMORPG et autres Hack&Slash ont leur place ici. Une histoire, une fiche de personnage, réduire le genre à ces dénominateurs commun peut choquer, mais assure abondance pour l’article. L’unique cas posant un réel problème est Deus Ex. FPS très fortement teinté de RPG et jeu culte, je choisi de l’écarter de ma liste, me souvenant très bien l’avoir une fois terminé pour le plaisir en pur mode FPS sans vraiment me préoccuper des statistiques et compétences. Ce choix est discutable, mais nous touchons ici à la frontière du genre. L’essentiel, c’est de se choisir des règles, de les exposer et ensuite les assumer.

Cette décision quant à l’échantillon de ce que je considère comme RPG eut plusieurs conséquences. Comme je désirais limiter le classement à une dizaine de titres et vu la quantité de jeux auxquels j’ai pu jouer dans le genre, les places allaient être chères. Aussi, les jeux proches s’excluent mutuellement. Les suites par exemple, seul un Fallout, ou un Might and Magic, ou un Ultima, est susceptible d’intégrer le classement. Ce critère est arbitraire, je placerais avec plaisir les deux Fallout en tête, autant se forcer toutefois à ne garder que le meilleur et laisser plus de place pour le reste. Autre exemple, des jeux qui ne sont pas des suites mais partagent une forte parentèle dans leur gameplay, ainsi Secret of Mana et Secret of Evermore. De plus, j’ai cité les nombreux sous genres existant ci-dessus 2 : certains sont moins populaires, de niche, autant dire qu’ils ne pourront pas squatter la moitié de la liste.

Enfin, quelques lignes pour s’attarder sur les critères de choix et de classement. L’illusion de l’objectivité est à écarter, ne serait-ce parce que je n’ai pas terminé la totalité des jeux du genre. Sans verser dans les excès du classement suscité, qui place bien de mauvais jeux, l’histoire personnelle, la sensibilité et les goûts du joueur comptent forcément. A l’origine, cette liste devait s’intituler « les dix meilleurs RPG ». Seulement, en l’élaborant, je réalisais que, parfois, un jeu évidemment supérieur ne s’imposait pas face à de moindres qualités que je préférais malgré tout. Quitte à accepter qu’un ensemble de critères personnels influencent le choix, autant l’assumer, et c’est donc les « dix RPG de ma vie » que vous découvrirez après cette introduction. Ce léger changement de perspective 3 explique la concentration de jeux assez anciens : si je suis presque né une manette à la main, ai connu mes premiers émois sur 8 bits, je suis devenu un gamer sur la génération suivante, des 16 bits et ordinateurs 80486. Nous savons tous l’importance émotionnelle des premières fois (sauf Arez).

Les titres et dates sont donnés pour la version jouée (européenne ou américaine, ne parlant pas japonais).

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Rapport de mission: La Japan Touch.

Bonjour.

J’ecris cet article afin de vous parler d’une convention qui s’est passé le weekend du 22 et 23 Novembre sur Lyon/Villeurbanne.

La

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Failout 3 : prolégomènes

(article sans images. Si tu ne sais pas lire dix lignes, passe ton chemin)

 

Voilà un peu plus de dix ans, je découvrais Fallout.

Remonter dix années de vie d’un gamer conduit au moyen-âge vidéoludique. En 1997, pas d’ADSL 20M, pas de trackers blindés de torrents récupérable en quelques heures, pas de Daemon Tools couplé à des disques durs de 1 To permettant de se passer de support optique et, surtout, dans mon cas, pas un salaire tombant régulièrement en fin de mois.

Autant dire que les choix étaient limités. Le Cdrom a, pendant quelques années, sonné le glas du piratage. Du temps de la floppy, rien de très difficile, tout le monde de souvient d’un Doom, premier hit de la piraterie moderne. Le joueur en manque en ces années 90 magouillait à droite à gauche, se faisait prêter les soft, et, s’il était chanceux, avait accès à un graveur ou un accès internet illimité. Le graveur, c’était lent, c’était cher. En 1997, je possédais depuis quelques temps un graveur double vitesse, qui mettait plus de 30 minutes pour terminer une humble galette, facturée plus de 10 balles l’unité, et plantait une fois sur deux. Ouais, j’étais la star absolue du Lycée. Il fallait quand même une source de jeux originaux, l’univers du gamer ne s’étendait pas vraiment plus qu’avec le prêt. L’internet illimité permettait d’avoir accès aux premiers téléchargements. Forcément, à 6 ko/s, pas question de se prendre une image de 600mo, les premiers groupes de la scène proposaient donc des Rip, versions light des jeux, débarrassés des vidéos, musiques, voix, alors très à la mode de part l’espace offert par le CD. Myth ou Razor programmaient leur propre installer, souvent avec une horrible musique midi technoïde, pour décompiler la petite dizaine d’archives de 30mo constituant le jeu rippé. Avec quelques potes et un peu d’organisation, mutualiser le piratage devaient possible, à petite dose.

Vous l’avez compris, impossible de se payer ou même de se faire la totalité des jeux sortant. Impossible d’avoir en permanence du rab de jeu, d’enchainer vraiment. L’achat se décidait sur la qualité, la durée de vie et… la démo jouable. Chaque mois, les grands magazines proposaient un CD (pratique inventée par Gen4) blindé à ras le bord de démos, vidéos, conneries même dans le cas de Joystick (les nostalgo-culte « permis de gifler » ou « Balounga »), se battant même pour telle ou telle exclusivité : les seules fois où j’ai acheté ce torchon de PC Jeux, c’est qu’une démo exclu m’intéressait. Fallout n’était pas une de ces grandes démos de jeux attendus, mais une démo anonyme, présente un peu partout, peu mise en avant, et seule le tag « RPG » attira mon oeil.

Le RPG comme genre vidéoludique a une très longue histoire, le premier Ultima datant du début des années 80, le premier Dragon Quest du milieu de cette décennie, pour donner une vague idée chronologique. Si, de nos jours, les RPG Japonais et Occidentaux ne partagent pas grand chose, les grandes limitations techniques de l’époque ne permettaient pas un tel clivage, il s’agissait avant tout de battre un grand méchant pas beau, sauver le monde, et enchainer donjons, portes, trésors et monstres.

En 1997, le clivage était déjà très marqué, et le genre bien plus populaire sur console. Depuis FFIII, Square insistait sur la narration d’une véritable histoire, peuplée de personnages bien définis évoluant autour d’un héros aphone et spectateur. 1997, c’est l’année de sortie de FFVII, jeu qui allait définitivement lancer le RPG japonais dans l’univers merveilleux des casual gamers de la génération Playstation (en soi, pas un mauvais jeu, mais nettement inférieur à FFVI).

Sur PC, l’âge d’or du genre semblait très loin, avec la série référence des Ultima en plein essoufflement (offline) /renaissance (online), un Lands of Lore 2 raté, héritier d’une tendance Donjon-RPG (Eye of the Beholder, Dungeon Master) mais une école plus originale émergeait, basée sur la liberté, dont le héraut fut  le studio Bethesda. La série des Elder Scrolls, dont Daggerfall est le second et plus marquant opus, se basait sur un univers ouvert, immense, une grande liberté d’action au dépends de la narration de de l’histoire en général. Dans cette mouvante, on retrouvait aussi les Might and Magic. Enfin, si je devais citer un dernier vénérable jeu, Strategic Simulations avait publié DarkSun, proposant une approche mixte, de l’espace, mais aussi des quêtes, des choix, une narration.

Citer ici ce bon vieux (et méconnu) DarkSun : shattered lands, n’est pas un hasard. Quand, voilà plus de dix ans, je testais pour la première fois cette démo de Fallout, c’est ce jeu qui me vint à l’esprit très vite. Il y a de bonnes démo et de mauvaises démos. Je ne vous fait pas la blague des inconnus. La bonne démo, pas forcément d’un bon jeu, proposait un contenu épais. De part la pénurie relative de jeux évoquée plus haut, le joueur pouvait passer autant de temps sur une démo qu’il met aujourd’hui pour terminer un FPS console. Celle du premier Command and Conquer avait, par exemple, egayé plusieurs après-midi de ma vie. La démo de Fallout était une très bonne démo, nonobstant la qualité du jeu : une ville crée spécifiquement pour les besoins de la preview, avec un contenu inédit, non présent dans la release, offrant une aventure courte, mais de très nombreuses possibilités de l’achever. Plus que par des graphismes tout juste honnêtes, ce fut d’abord le système de combat au tour par tour qui me séduisit, le bon design des armes, avant, en poussant l’exploration, de découvrir la grande richesse offerte par la ville en matière de quêtes, de choix, d’alternatives pour résoudre un même problème. En quelques heures, Fallout passa d’inconnu à most wanted dans ma wishlist personnelle.

Je ne vais pas résumer Fallout 1 et 2 ici. Raconter ma vie, par exemple avouer que Fallout 1 est l’un des rares jeux que j’ai terminé d’une traite sans réelle pause (presque une journée entière de jeu), serait long. Séparer les deux expériences, l’original, sa suite, ne serait pas plus pertinent : pour moi, les deux ont toujours formé un tout global, bien que séparés de deux années. On y trouve une continuité très forte dans le graphisme, le gameplay, l’univers et même dans le scénario. Par contre, je peux évoquer rapidement ce qui fait de cette série l’une des plus puissantes de tous les temps en matière de RPG.

Fallouts, comme souvent avec les grands jeux, possèdent plusieurs lectures, différents niveaux d’intérêt, des qualités très hétérogènes. Demandez à un joueur ce qui fait la série, il vous répondra pèle mêle des tonnes d’arguments, très variés, pas très hiérarchisés, de « on peut prostituer sa femme » à « une critique très fine et cynique du progrès scientifique ». C’est ce grand écart qu’on trouve la sève de Fallout : un coté série B, popculture, violente, gore, drôle, ne se prenant jamais au sérieux, grouillant de références à des monuments cultes du cinéma (Mad Max bien sûr, ou Blade Runner, New York 1997…), doublé d’un second niveau plus profond pour le joueur qui choisit de dépasser le burlesque ou le grotesque des membres déchiquetés ou d’un tournage de porno post-apocalyptique. Fallout dépeint une des sociétés humaines les plus crédibles jamais narrée dans un jeu vidéo : le wasteland est peuplé d’ordures miteuses, d’opportunistes, de brave types luttant pour survivre quitte à oublier la morale, de faux-gentils, de faux-méchants, de putes au grand coeurs et de raiders débiles. Comme un bon Western Spaghetti, une galerie de portraits en clair-obscurs, toujours caricaturaux mais tellement justes sur l’essentiel. Ces personnages déglingués par les radiations forment des sociétés méprisables, laissant surgir tous les bas instincts collectifs des humains : entre le bled raciste de Modoc et les eugénistes de Vault City, les gang de new Reno ou les capitalistes véreux de la NRC, rien d’idéal, rien de béas : toujours la crasse qui affleure derrière un éventuel lustre.

Le joueur, lancé dans cet univers, fait office de catalyseur, de détonateur, d’arbitre. Il est libre, mais pas une liberté feinte, à la GTA, liberté de tuer n’importe qui, de finir en taule en perdant trois armes et recommencer. Le joueur est libre de choisir, et assume ensuite ses choix. Une réponse mal tournée provoque une bagarre, choisit à votre place un camp. La drogue permet d’ouvrir ses possibilités, mais provoque une sale dépendance. Votre réputation vous colle au cul, vous ouvrant et fermant les portes. Au delà de ces choix moraux, qui ne sont jamais limités à un stupide blanc/noir mais plus à un grisclair/grisfoncé, des choix de vie, dans la manière d’appréhender les problèmes, de résoudre les quêtes, par la force, la négociation, le vol ou la science. La liberté dans Fallout est limitée dés les premiers instant du jeu : la création du personnage définit véritablement ce qu’on pourra faire (même si la drogue, la chirurgie et l’XP peuvent y remédier), elle en devient que plus palpable.

Fallout a une double descendance. La première, légitime, est surtout constituée par les jeux développés par Black Isle puis Troika, avec plus ou moins de réussite : Planescape, Arcanum, Lionheart, Vampire : Bloodlines. The Witcher en est le fier défenseur actuellement. La seconde, batarde, c’est les projets de Bioware à partir de Baldur’s Gate 2, dont l’écriture et le développement fut très influencé par Fallout : Kotor, Mass Effect. Ces jeux récupèrent bien peu de Fallout, tout au plus l’idée du choix, résumé souvent à gentil/neutre/méchant, et une certaine forme d’écriture. Cela n’empèche pas Bioware de sortir de grands jeux, surtout au temps de Baldur’s, mais… différents. L’ensemble de cette descendance constitue la troisième grande voix du RPG occidental, côtoyant les deux déjà citées, le sandbox (Daggerfall, Morrowind, Oblivion, mais aussi Gothic II et III), et le donjon-monstre-trésor (désormais presque exclusivement sous forme de Hack’n’Slash, à de rares exceptions près).

Aussi, quand Bethesda annonca avoir acheté la licence Fallout, les interrogations furent nombreuses. Je les garde sous la main pour la seconde partie de cet article, abordant enfin le coeur du jeu, dans vos lecteurs de flux RSS ce weekend, si tout va bien.

Edit 14/11/08 : j’ai énormément de mal à jouer à Fallout 3. Avec à peine 6 heures au compteur, une critique ne serait pas vraiment pertinente. La suite de cet article arrivera quand j’aurai réussi à me faire violence et doubler ce temps de jeu.

Edit 25/11/08 : la suite est ici.


La minute du vieux con nostalgique

Voilà un mois ou deux, je cherchais dans les cartons stockés chez mes parents une manette de NES. Etant adepte du non-classement, j’ai du en ouvrir plusieurs avant de trouver. D’où des re-découvertes (dont un sublime adaptateur Master System/Game Gear).

L’un des cartons était rempli de boites vides. Des boites de vieux jeux PC. Du temps d’avant l’horrible domination du format unique DVD-case.

Le DVD-case, c’est le mal : illustration miniscule, très peu de place à l’intérieur, donc notices épaisses comme le casier judiciaire de Benoit XVI. Au point que Civilisation IV est vendu avec un manuel aussi épai que le boitier, et donc placé derrière, sécurisé par un carton enveloppant.

Y’a pas grand chose à dire sur ces vieilles boites. Certains acharnés du progrès diront qu’elles prenaient de la place et finissaient dans des cartons. N’empèche, c’est une part de l’histoire du JV qui est derrière nous.

Comme nos lecteurs et même rédacteurs (hein Arez) sont parfois jeunes, il s’agit plus de témoigner de ce passé mythique, avec quelques boiboites, de deux grands types :

– la boite classique, recto et verso. Autre exemple. Encore une. Bien sûr, elles pouvaient être, comme maintenant, très moches

– la boite évoluée. Pour le grand jeu. Recto, verso, et intérieur. Les américains avaient les mêmes, comme cet exemple.

Etcetcetcetcetcetc, etc, etc, etc, etc.

Le pire, c’est que ces jeux sont désormais des Oldies…


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